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Les alliances de l’opposition

Le PTr a donc tenu son congrès annuel trois ans après le dernier, en raison des renvois imposés par les confinements sanitaires. Ce congrès a été vendu comme celui du renouveau, de la relance et du point de départ de la reconquête du pouvoir. Ceux qui attendaient un Labour new-look, à défaut d’un new Labour, en ont été pour leurs frais. La salle était remplie, il y avait du rouge partout, sans plus. Dans son discours, Navin Ramgoolam a répété ce qu’il dit depuis sa cuisante défaite de 2014 : il doit redevenir Premier ministre. Même si les électeurs de deux circonscriptions différentes lui ont deux fois dit non aux dernières élections. Il doit non seulement redevenir Premier ministre, mais il le restera les cinq ans du mandat parce que, a-t-il affirmé, « après avoir remporté la guerre, il n’est pas possible d’envoyer le commandant au repos. Sa non ! » Dans l’alliance des partis de l’opposition — en gestation selon certains, pas loin d’être enterrée selon d’autres — qui va lui permettre de retourner à l’Hôtel du gouvernement, le PTr devra être la locomotive, point à la ligne. Après ce discours répétitif et néanmoins très applaudi du leader, le congrès est passé à une autre phase typiquement travailliste : l’élection de l’exécutif. Plus exactement la cooptation des nouveaux membres de l’exécutif. En effet, au PTr on ne vote pas pour choisir les nouveaux membres de l’exécutif, le congrès procède par applaudissements. Et qui plus est, cette année on n’a pas remplacé les anciens membres de l’exécutif par des nouveaux, on a juste regroupé les nouveaux avec les anciens. Du coup, l’exécutif du PTr, qui comptait 200 membres a été doublé pour passer à 400. Le PTr aura à louer une salle de mariage de plus de 400 places pour chaque réunion de son exécutif. Du temps de ses 200 membres, on disait qu’une réunion de l’exécutif rouge ressemblait à un bazar. Désormais, elle ressemblera à une foire.
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Combien d’alliances y a-t-il au sein des partis d’opposition ? Au moins deux. Pour le moment. Il y a celle de l’Entente de l’Espoir qui regroupe le MMM, le PMSD, le RM et — jusqu’à tout récemment le Reform Party de Roshi Badhain mais sans le PTr. Vous allez me demander comment on peut faire un regroupement des forces de l’opposition si le PTr — qui dit être le plus important parti de cette opposition n’en fait pas partie ? Je n’ai pas de réponse à la question. Mais j’ai par contre un autre élément d’information à proposer. Sachez que depuis quelques jours, une autre alliance des partis de l’opposition a été faite. Ou plutôt annoncée, puisqu’un des leaders participants a, par la suite, déclaré qu’il n’y avait rien de définitif. Donc, depuis quelques jours, le PTr, le MMM et le PMSD ont constitué une alliance pour les prochaines élections municipales ou générales, on ne sait pas encore. Ce qu’on sait par contre, c’est que le Rassemblement Mauricien de Nando Bodha n’a pas été partie prenante des négociations de cette alliance dont il semblerait qu’il fasse tout de même partie. De la même manière que le PTr coopte les nouveaux membres de son exécutif, cette nouvelle alliance coopte les partis sans que leurs leaders en soient informés. Mais le fait que le MMM et le PMSD lui aient fait un enfant dans le dos en concluant une alliance avec le PTr ne semble pas gêner outre mesure Nando Bodha. La preuve : il était en congrès avec le MMM et le PMSD vendredi soir, à Vacoas. Il y aurait donc deux alliances de l’opposition : la première, l’Entente de l’Espoir, sans le PTr, et l’autre — encore sans nom — avec le PTr mais sans le RM. Cette chronique vous semble un peu décousue ? Elle ressemble à l’opposition parlementaire.

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PS : On connaissait les CID torturant les prévenus pour les faire avouer. On vient de découvrir les flics agresseurs d’adolescents ayant osé chantonner Polico Crapo. Dans les deux cas, ils semblent agir en toute impunité, comme s’ils étaient protégés. Comme autrefois les marchands de la drogue invités à la garden party du Réduit disaient : « Gouvernma dan nou lame. »

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