And, what if the PM who has kept claiming worldwide having made his country covid safe and covid free is now losing the plot! Le postulat n’est pas aussi spécieux qu’il en a l’air, parce que le gouvernement donne de plus en plus l’impression d’avoir perdu le contrôle et de collectionner les couacs.

On peut aussi voir dans l’irritabilité du Premier ministre, comme on a pu le vérifier mardi dernier à l’Assemblée nationale, une autre expression de cette même impatience devant une situation qui l’échappe. Il était, en effet, d’une grande nervosité, s’en prenant tour à tour au leader de l’opposition et à Franco Quirin, qualifié de «bouffon», sans être sanctionné pour son brillantissime Speaker.

Il a même osé contester la raison d’être et le bien-fondé des manifestations des Agaléens qui ont peur de voir débarquer le virus chez eux. Alors même qu’ils ne s’attendaient pas, en plus, à découvrir, hier, un bateau, non annoncé, dans leurs eaux.

C’est vrai que les mauvaises nouvelles s’accumulent que le coup de force de la semaine dernière contre les 3B, les privant de leur droit de siéger au Parlement de manière indéfinie, s’est retourné autant contre Soroojdev Phokeer que contre le gouvernement et que le pays placé sur toutes les listes infâmes du monde, il y a de quoi perdre son sang-froid.

Dans la lutte contre la pandémie, on aurait normalement dû faire mieux que l’année dernière, avec une meilleure compréhension de la maladie et de son traitement. On s’est tellement gargarisé d’avoir maîtrisé le virus qu’il a réussi à revenir sur notre territoire quand bien même nos frontières étaient fermées.

«Kot mone foté?» La question n’est plus d’actualité parce que la réponse, brutale et implacable, est déjà tombée le 5 mars, si ce n’est depuis janvier avec le patient testé positif revenu d’un traitement en Inde, même si, pour rassurer, le ministre de la Santé a déclaré que la souche ou le variant détecté chez ce malade décédé n’est pas le même qui circule ces jours-ci. Mais encore…

Depuis la résurgence de la pandémie, il n’y a eu que des décisions contradictoires. Tout le monde a accepté qu’il fallait vivre avec le virus en observant tous les gestes de protection, en maintenant un maximum d’activités économiques tout en venant en aide à ceux qui sont durablement affectés dans leur gagne-pain.

Mais ce fameux WAP a enregistré un nombre incalculable de ratés. A hier, pas moins de 530 000 permis d’accès au travail avaient été délivrés. Et s’il y a des auto-entrepreneurs et autres travailleurs indépendants qui ont reçu le document sans même en faire la demande, des députés et des membres du barreau se voient, eux, privés de l’indispensable sésame.

L’opposition a besoin de réunir ses avocats pour contester la restriction de mouvement de ses membres et pour préparer le cas à loger en Cour Suprême contre la suspension de trois de ses députés. Or, selon le décret premierministériel, les députés ne pourront se voir qu’à partir de 6 heures le 19 avril et, ce jusqu’à 18 heures le 21 avril pendant que des protégés politiques déambulent à leur guise.

Comment voulez-vous que Maurice ne soit pas considérée comme une autocratie qui est l’antichambre de la dictature? Avec 22 cas, Highlands obtient rapidement le statut de zone rouge, et c’est logique, l’exemple de Canot montrant l’efficacité d’un enclavement total d’une localité.

Mais comment expliquer que Quatre-Bornes et ses 21 cas soit lui toujours classé vert et même pas jaunes comme les régions qui abritent des grandes surfaces? Eh bien, la raison est bien simple. C’est parce que Larsen&Toubro doit absolument poursuivre les travaux sur le chantier du Metro Express à Quatre-Bornes, même si ceux qui y travaillent ne respectent pas toujours le protocole sanitaire.

Ajoutée à toutes ces bizarreries inexpliquées et illogiques, l’admission de taille du Premier ministre, mardi dernier, indiquant que le comité de haut niveau sur la pandémie ne rédige pas de procès-verbaux de ces réunions.

Or, c’est à ces réunions que sont décidées des mesures fondamentales pour les libertés, les restrictions de mouvement et d’autres mesures importantes comme la fermeture des frontières.

Pas de procès-verbaux et comme ça personne ne saura, en dehors de la coterie rapprochée, qui sont ceux qui ont comploté avec Pack & Blister pour nous dépouiller d’un demi-milliard de roupies. Même si les mails échangés entre le conseiller très spécial Zouberr Joomaye avec le fournisseur d’occasion de produits médicaux sont en eux-mèmes très éloquents.

Comme il n’y a pas de procès-verbaux, personne et même pas le directeur de l’audit, à qui l’on refuse des documents, ne saura qui a suggéré qu’on achète quoi auprès de quelle bijouterie ou quelle quincaillerie et si les Bo-Digital et autres Neeteeselec ont obtenu des ministres qui y siègent les bons filons pour pouvoir obtenir de juteux contrats trois jours après avoir enregistré leur compagnie en plein confinement. Tout en bénéficiant d’un super WAP probablement !

Comme si tout cela n’était pas assez angoissant pour la population, la ministre de l’Education vient provoquer les parents d’enfants participant aux examens en parlant d’un «petit incident» après la surveillante testée positive à l’école Philippe Rivalland ?

Et lorsqu’on termine avec le point de presse quotidien, la boucle est définitivement bouclée. Image et son pas toujours bien synchronisés, image du fonctionnaire poseur de question statique pendant que sa voix est, elle, très audible au point où la caméra doit se promener ailleurs, on est carrément dans l’amateurisme.

Losing the plot? Le Premier ministre n’a qu’à s’en prendre à lui-même. Lorsqu’il ne rappelle pas à l’ordre sa ministre de l’éducation qui déconne et qu’il ne renvoie pas son conseiller Zouberr Joomaye qui ose donner des leçons de bonnes manières à une animatrice radio et à des dentistes qui auraient omis de présenter leurs condoléances à la famille «d’un dentiste décédé l’année dernière de la Covid», alors que cette information est fausse, ils courent tous derrière le titre de petit incident de l’histoire!