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Marcel Siem, Golfeur professionnel et ambassadeur du Heritage Golf Club : Le golf ne devrait pas être coûteux pour les enfants

Marcel Siem, golfeur professionnel et ambassadeur du Heritage Golf Club, actuellement à Maurice, nous parle dans l’interview qui suit, de son parcours, ses ambitions, son amour pour la petite balle blanche, mais aussi et surtout, de la démocratisation du golf dans l’île. Avec une sincérité propre, le joueur de 41 ans, nous plonge dans l’univers de son sport favori, de ses plus beaux souvenirs, de ses idoles, et de l’intérêt des golfeurs pros, pour le « Heritage Golf Club » de Bel Ombre.

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Mais l’accent devrait, selon lui, mettre mis sur les enfants, et ce, depuis leur plus tendre enfance, pour les familiariser avec la discipline, pour qu’ils franchissent les paliers à vitesse grand V. Sans oublier la discipline, la forme physique et la nutrition, aujourd’hui très importantes pour devenir golfeur de haut niveau. Considéré par beaucoup comme un sport dit, « de loisir », notre interlocuteur avoue que sa discipline a beaucoup évolué, lors de la dernière décennie.

Marcel Siem, vous êtes un golfeur de renom. Racontez-nous votre parcours et votre expérience du haut niveau.
Je viens d’Allemagne et je suis ambassadeur du Heritage Golf Club. J’ai commencé à jouer au golf à l’âge de trois ans. Je suis cinq fois champion d’Europe et j’ai remporté la Coupe du monde par équipes, avec Bernard Langer, pour l’Allemagne. Je suis ambassadeur du Heritage Golf Club depuis 2018 et j’en suis très fier. J’aime Maurice, j’aime les gens ici, donc je suis très heureux d’être de retour, après la pause de Covid.

Quel est votre plus beau souvenir sur les greens ?
Mon meilleur souvenir est assez récent. Il remonte à l’année dernière, en France. J’ai gagné mon cinquième tournoi et ma petite fille était avec moi. J’ai toujours rêvé de soulever le trophée quand mon enfant, Victoria, serait avec moi. C’était vraiment sympa, comme elle était en vacances scolaires.

Et votre meilleur souvenir au Heritage Gold Club ?
C’est un très beau parcours et la dernière fois que j’y ai joué, c’était vraiment bien que des membres qui me connaissaient soient venus. Quelques amis à moi qui vivent à Maurice, étaient également présents. C’était très agréable de voir le soutien et c’était une bonne sensation de finir le 18e trou, en faisant des ‘high-fives’ à mes nouveaux amis, à Maurice.

Enfant, vous destiniez-vous à une carrière dans le monde de la petite balle blanche ? Ou est-ce le hasard qui a fait, si bien les choses ?
Mes parents ont géré pendant 19 ans le restaurant de plusieurs parcours de golf à Cologne et à Munich. J’ai donc grandi dans un club house. Le terrain de golf a été mon jardin d’enfants, mon arrière-cour et mon terrain de jeu.

Je jouais 36 trous par jour, parfois seul, parfois en compagnie d’autres personnes. À 16 ans, je savais que je voulais devenir professionnel. Je l’ai fait en 2000, et mon premier succès à un tournoi professionnel remonte à 2004, àl’âge de 24 ans.

Qui est le golfeur qui vous a toujours inspiré et pourquoi ?
Avant que Tiger Woods ne monte sur scène, cela a toujours été Greg Norman, aussi connu comme « The Shark », et Bernard Langer aussi. Bernard a toujours été quelqu’un que j’admire. Quand ma carrière était à un bon niveau, je l’admirais vraiment et je voulais marcher dans ses pas. Quand j’étais gamin, je trouvais Greg Norman génial, grâce à son attitude. Il était fort et séduisant. Il a été très gentil avec moi, quand je l’ai rencontré la première fois. Je pense que c’est très important quand on est petit et qu’on rencontre quelqu’un. Il se transforme en idole pour vous. Et puis, Tiger Woods est arrivé. Je l’aime toujours. Il est le plus cool à regarder à la télévision. Ses swings sont incroyables et son attitude est géniale.

Au sein de la génération montante, qui vous a le plus impressionné sur les circuits ?

J’ai beaucoup d’estime pour les jumeaux danois, Rasmus et Nicolai Højgaard. Ils sont vraiment impressionnants. Ils travaillent très durs et ils ont tous les deux, déjà gagné.

En dehors du golf, avez-vous d’autres centres d’intérêt ? Selon vous, auriez-vous pu faire carrière dans une autre discipline sportive ?
J’étais aussi très bon pongiste. J‘ai joué en troisième division allemande, quand j’avais 16 ans. C’est pour dire à quel point c’était un sport qui m’intéressait vraiment. Puis mon père m’a dit « Il faut choisir entre le tennis de table ou le golf ». J’ai choisi le golf. J’aime aussi le billard, la pêche et les courses automobiles.

Maurice possède de beaux parcours de golf un peu partout dans l’île. Vous qui côtoyez du beau monde, que disent les golfeurs des parcours Mauriciens ?
Tout le monde est toujours enthousiaste, quand il s’agit de Maurice et de la nature que vous avez. Pour moi, le Heritage Golf Club est le meilleur parcours de golf, sur lequel j’ai joué jusqu’à présent sur l’île. C’est très exigeant ; ce n’est pas facile surtout quand c’est venteux. Il y a tellement de terrains de golf sur lesquels vous pouvez jouer et passer un bon moment. Tout le monde vient à Maurice avec un sentiment de vacances, incroyable.
Une idée pour mieux positionner Maurice sur la carte du golf mondial.

Les tournois aident toujours à populariser une destination. De nos jours, tout tourne autour des réseaux sociaux qui pourraient être des gros influenceurs. En Allemagne plus particulièrement, Maurice n’est pas très visible. Des campagnes publicitaires et l’utilisation des réseaux sociaux seraient des pistes à explorer. De plus, je pense que les gens doivent vivre l’expérience en personne. Il ne suffit pas de leur dire que Maurice est une grande destination golfique. Ils doivent venir sur place. Et je suis certain qu’ils reviendront.

Vous êtes ambassadeur du Heritage Golf Club ! Déjà, affectionnez-vous ce parcours ? Quelle est sa particularité ?
C’est très important quand je m’entraîne et me prépare pour la saison que je joue sur un golf qui est dur et exigeant où je dois me concentrer et bien jouer. C’est la particularité ici. Ce n’est pas le cas de nombreux parcours de golf à travers le monde. Ce n’est pas très intéressant pour moi. Je joue une fois et le lendemain, je m’ennuie. Au Heritage Golf Club, je ne me lasse pas et la direction du vent, change. J’adore le parcours du Heritage Golf Club : les fairways sont très durs et c’est long, alors j’adore ça. Les installations, le putting green, toutes ces choses, sont incroyables.

Que pensez-vous du golf mauricien et quelle analyse faites-vous du niveau des golfeurs locaux ?
Je pense que le niveau s’améliore. Chaque tournoi que Maurice accueille y contribue. C’est important pour le développement des enfants de pouvoir nous regarder jouer, de pouvoir copier ce que nous faisons. C’est un long processus. Même en Allemagne, le golf a pris du temps à se développer. Donc, vous devez ramener les enfants, vers le golf. C’est ce que Maurice doit promouvoir.

Qu’est-ce qui doit être mis en œuvre, pour permettre aux golfeurs mauriciens, de progresser et franchir des paliers ?
Comme mentionné plus haut, l’accent devrait être, selon moi, sur l’initiation des enfants. Le golf ne devrait pas être coûteux pour eux, ils ne devraient pas avoir besoin d’abonnements. Leurs écoles devraient simplement leur permettre de venir sur les parcours, après les heures de classe. Je pense que c’est aussi un très bon environnement pour les enfants ; vous êtes en plein air. Le golf est aussi bénéfique pour la coordination des yeux. Je pense que les autorités devraient y songer sérieusement. Et qui sait, un ou deux professionnels pourraient émerger.

Le golf était jadis perçu comme un sport de « détente », d’où les différents débats pour savoir, si on pouvait le qualifier de discipline sportive. Force est de constater que les golfeurs de haut niveau sont de plus en plus physiquement affûtés. Votre avis sur la question ?
Si quelqu’un veut faire du golf de haut niveau, il ou elle doit faire attention à sa nutrition et travailler sa forme physique. Je vais à la gym tous les jours, parfois deux fois par jour. Donc, le golf a évolué au cours de ces 10 dernières années.

La nouvelle génération est en très bonne forme physique aujourd’hui. Si vous souhaitez concourir, vous devez aller en salle pour travailler votre physique. Prenez Bernard Langer : à 63 ans, il tient une belle forme physique ! La seule raison pour laquelle il bat encore des joueurs plus jeunes que lui, c’est parce qu’il est toujours en forme.

Que vous êtes-vous fixé comme objectif pour cette nouvelle saison et que peut-on vous souhaitez ?
Eh bien, j’espère que tout le monde reste en bonne santé et que cette pandémie prenne fin bientôt. Personnellement, je suis le 200e mondial, en ce moment. L’année dernière a été une très bonne année pour moi et je veux montrer que je peux faire encore mieux. J’ai encore des choses à prouver. Gagner un tournoi de golf cette année sur le European Tour est un objectif important et je me rapproche du Top 100 mondial. Dans trois ans, je veux être dans le Top 50.

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