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Paradoxe

Il n’y a plus de limite. Que l’on prenne de petites mesures au quotidien, l’obligation faite aux policiers de ramener chacun Rs 10 000 tous les jours ou que ce soit les grandes décisions qui nous assomment, comme la dernière augmentation massive des tarifs d’autobus et même du tram qui est alimenté par l’électricité, on dirait qu’ils font exprès. Et qu’ils cherchent vraiment à pousser le peuple à la révolte.

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On savait que la police travaillait sur les quotas et qu’elle a pour mission de remplir les caisses vidées de Renganaden Padayachy. Il n’y a qu’à voir avec quel appétit et entrain les policiers de Curepipe mettent des sabots de Denver sur les voitures des mamies qui se rendent à l’église Ste Thérèse et même un 25 décembre pour comprendre l’impitoyable logique mercantile des autorités. De l’argent pris de tous, riches ou pauvres, pour financer leurs extravagances.

Bien sûr qu’il faut dresser des contraventions, sinon ce serait l’anarchie et le chaos. Que des chauffards soient, par exemple, verbalisés pour leur conduite dangereuse, on peut comprendre, mais utiliser la santé publique, traquer des asthmatiques juste parce qu’ils n’ont pas couvert correctement leur nez, pour se faire des sous est quand même scandaleux.

Qui sont les victimes de cet arbitraire policier ? Les ministres qui n’ont pas besoin d’emprunter la voie publique pour travailler, payer leurs factures, se rendre à la banque ou aller faire leurs courses, les grands patrons qui restent dans leurs confortables bureaux climatisés et qui ont des chauffeurs pour les déposer juste devant la porte d’entrée des lieux qu’ils vont visiter ? Non. Ce sont les ti-dimounn qui doivent sortir de chez eux tôt le matin, aller chercher de quoi nourrir leur famille et qui, après une journée bridée sous un masque, sont obligés parfois de l’enlever pour respirer un peu. Ou s’ils doivent manger le pain ou le dholl puri qu’ils ont acheté au coin de la rue.

Le masque n’ayant plus aucune utilité, est-ce qu’il n’est pas maintenu justement et contre toute logique, même de santé publique, comme une source de revenus pour l’État ? Pourquoi le masque ? Pour pouvoir justifier le renvoi des municipales ? Le système de santé public à Maurice serait à ce point médiocre qu’il ne pourrait gérer une fin de pandémie ? Er alors même que l’on se targue d’avoir réalisé un taux de vaccination élevé !

On peut comprendre la frustration de ces nombreux Mauriciens qui regardent le foot anglais et qui sont ébaubis devant ces stades bondés, accueillant parfois jusqu’à 70 000 personnes, cillées les unes aux autres, hommes, femmes et enfants de tous âges, vociférant en faveur de leur équipe sans porter le moindre masque. Partout dans le monde, le masque n’est plus obligatoire dans les lieux publics et ceux qui désirent continuer à le porter le font si cela contribue à les rassurer. Pourquoi Maurice devrait-elle faire exception ?

Le paradoxe mauricien, version MSM, ne s’arrête pas là. Avec ce gouvernent, il est partout et presque devenu systémique. Et des fois, il peut s’avérer burlesque. En constatant que le ministère des Finances avait précipitamment enregistré une compagnie du nom de Côte d’Or International Racecourse and Entertainment Complex Ltd pour concurrencer le Mauritius Turf Club en pleine controverse entre la Gambling Regulatory Authority, on n’a pu qu’esquisser un sourire si ce n’est un ricanement sous cape.

C’est ce même ministère des Finances qui a récemment décidé de rechercher un Transaction Advisor pour mettre en route la vente des Casinos de Maurice qui, comme le soulignait avec une certaine justesse sir Anerood Jugnauth, sont les seuls au monde à enregistrer des pertes. Voilà un gouvernent qui ne peut pas gérer ses casinos qui va désormais piloter l’organisation de courses de chevaux ! Plus ridicule que ça, tu meurs !
Lorsque ce n’est pas ridicule, c’est toujours autrement plus grave. Oui, il y a des avocats qui en font un peu trop et qui cherchent à tout politiser et à se donner en spectacle. À se faire remarquer un maximum pour espérer, pour certains, obtenir une investiture ici ou là aux prochaines élections. Ceux-là n’ont rien à voir avec ces gentlemen qui exerçaient jadis leur profession avec élégance, respect, discrétion et surtout respect scrupuleux des règles de la déontologie. Mais ce n’est pas parce qu’il y a quelques voyous en toge qu’il faille tomber dans tous les excès.

Était-ce indispensable et raisonnable de détenir pendant une nuit un avocat qui a publié un post Facebook sur un policier recherché et qui aurait molesté son client ? La démarche n’était peut-être pas très appropriée, mais en quoi garder en cellule quelqu’un toute une nuit a permis de faire avancer l’enquête, s’il y en a eu et si elle s’impose vraiment en fin de compte ? Après les images d’un président du conseil de l’ordre des avocats à terre parce qu’il voulait que la police respecte l’ordre d’un juge, tout cela devient extrêmement nuisible à l’image de la République. Et lorsque l’affaire s’internationalise, cela s’avère encore plus dommageable. Et c’est très salutaire que le DPP ait décidé de diligenter une enquête de la magistrature sur cette affaire Uricek.

Comment, par ailleurs, qualifier la convocation des militants de Rezistans ek Alternativ pour une manifestation qui date de cinq ans ? Ils n’avaient fait qu’orchestrer un joli concert de casseroles pour dénoncer le « deal papa-piti » qui avait permis, en janvier 2017, à Pravind Jugnauth de s’asseoir dans le fauteuil de Premier ministre sans avoir au préalable obtenu une légitimité populaire. Pourquoi cette enquête et maintenant ?

Tout cela correspond en fait à une campagne bien organisée pour intimider tous les gêneurs de la place. Et tout cela se résulte en dégringolades. On y est abonné. Après la chute au classement de la corruption, c’est cette fois à celui de la liberté de la presse. Gageons que cela ne fait ni chaud ni froid à ceux qui sont obsédés par l’étouffement des voix dissidentes. En bons autocrates !

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