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Stop FM

Le gouvernement va s’octroyer une licence dès mardi, celle de Stop FM. Avec les amendements aussi dangereux que suspects que propose le Premier ministre à l’Independent Broadcasting Bill, le MSM aura, en effet, le pouvoir de mettre à l’arrêt les fréquences FM qui ne sont pas des copies conformes de sa MBC.

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Et on parle bien de projet MSM parce que tout dans les faits confirme qu’il s’agit bien d’un projet très personnel de Pravind Jugnauth et de son parti. Il n’y a qu’à regarder de près le déroulement des débats, vendredi, à l’Assemblée nationale pour s’en convaincre.
Le profil des intervenants, tous du MSM, dont quelques-uns burlesques à souhaite, et qui n’avaient rien à dire de sensé si ce n’est de lire le script qu’on leur avait écrit. On se serait cru durant la longue nuit du vendredi 26 novembre, au dixième étage de ce qui est considéré comme le bâtiment de la honte de la rue Edith Cavell.

On n’a ainsi pas pu bénéficier des lumières d’un Alan Ganoo, en mission, ou d’une Tania Diolle, astreint à un auto-isolement qui tombe à pic, ni celles de Kavy Ramano sur ce texte si contesté. Rien, non plus, des orateurs pourtant généralement très volubiles, enfin, lorsqu’ils ne sont pas au gouvernement, sur le thème de la défense de la liberté d’expression et d’opinion, comme Ivan Collendavelloo et Steve Obeegadoo.

Le confort, quand bien même éphémère, d’un maroquin valant bien tous les renoncements et toutes les trahisons. Mais on sait aussi que le silence, la dérobade et la lâcheté sont rarement pardonnables au regard de l’Histoire.

Et comme pour bien montrer que c’est un projet qui porte définitivement le sceau du parti du soleil et, pour confirmer aussi le caractère anti démocratique du gouvernement, ce sont deux bons petits soldats du sérail qui vont défendre en dernier le texte de leur patron, Kavi Doolub qui se posera sans doute, autant que Subashnee Luchmun-Roy, en grand connaisseur de la presse, parce qu’il a animé quelques chroniques hippiques certains vendredis en soirée.

Et le tout dernier ne sera nul autre que Bobby Hureeram, qui nous gratifiera, comme d’habitude, de son analyse très éclairée de l’univers des médias et ce sera ensuite au Premier ministre de conclure en revenant longuement sur ce que Navin Ramgoolam a dit ou fait ou ce qu’un autre adversaire aurait murmuré dans un couloir.
Pravind Jugnauth oubliera que, parmi les grands démocrates de son parti, connu pour être très ouvert et extrêmement tolérant, il s’est trouvé un certain Shawkatally Soodhun pour lancer des pierres sur les vitres de Radio One juste parce que lui et son parti n’étaient pas d’accord avec le chiffre de la foule du rassemblement du MSM du 1er mai 2009 brandi par l’express… de Raj Meetarbhan. Les deux médias partageant alors les mêmes locaux de la rue Brown-Séquard à Port-Louis.

Oui, ce n’est pas très démocratique de faire parler tous les orateurs de l’opposition, plus nombreux que ceux du MSM, ce qui est en lui-même très éloquent, pendant toute une nuit, et garder trois intervenants de la majorité pour la conclusion des débats quatre jours plus tard.

Mais que l’opposition se rassure. Pour lui donner la réplique, il faut que le PM aille se préparer quatre jours durant et mobiliser son armée de conseillers grassement payés des fonds publics pour qu’il puisse trouver des arguments pour répondre à ceux du camp adverse.

La démocratie et le MSM, ça fait deux. On le sait et on l’a vu depuis que la police est aux ordres, depuis que l’Electoral Supervisory Commission a été polluée par des nominations politiques, que toutes les institutions ont été transformées en succursales du Sun Trust et que la MBC s’est arrogée le rôle de gardien des vertus de la presse en organisant des débats bidon sur un Press Council avec des participants qui sont à la recherche d’un semblant d’existence médiatique.

Si certains Mauriciens ne sont pas encore convaincus que l’Etat c’est le MSM, une nouvelle preuve est venue, hier, confirmer cet étrange mélange des genres, parti /gouvernement. Si les membres du MSM trouvent normal de tenir des conférences de presse politiques au Bâtiment du Trésor, siège du bureau du PM et Leader du MSM, ils trouvent tout aussi acceptable que l’on annonce une importante «policy decision» concernant les fonctionnaires au Sun Trust.

Et ce n’est pas Vikram Hurdoyal, le ministre de l’Administration publique, qui a annoncé les nouveaux créneaux horaires qui s’appliqueront aux fonctionnaires à partir de demain, mais Bobby Hureeram qui, entre deux tirades politiciennes, a expliqué qu’il y aura un genre de rotation pour les employés du public, certains qui travailleront entre 8h30 et 14h30, et d’autres entre 10h30 et 16h30.

Dans les débats sur les amendements à l’IBA Act, on a entendu tout et son contraire des bancs de la majorité, mais il ne s’est pas trouvé un seul intervenant pour venir expliquer pourquoi il était si urgent de voter ce texte qui vise à museler les radios et leurs auditeurs pendant que le pays enregistrait 122 morts en une semaine et que la population, qui a des préoccupations plus immédiates, vit dans la peur. Personne n’a rien eu à dire sur cet ordre de priorités qui défie toute logique.

En terme de priorités, ce gouvernement n’est, de toute façon, pas à une aberration près. Pendant que les Mauriciens vivent dans l’angoisse d’être contaminés en empruntant le transport en commun, qu’ils soient vaccinés ou pas, qu’ils ont le sentiment que le pays n’est pas équipé pour faire vraiment face à la pandémie et ses interminables variants, la grande préoccupation du ministre des Sports est de faire voter un Recreation Council Bill.
Oui, pendant que les activités en plein air sont limitées, que les bancs qui se trouvent dans des lieux publics et sur les plages sont condamnés et interdits aux passants, la priorité pour le gouvernement MSM et acolytes est la récréation. Et ils vont s’étonner que les Mauriciens s’emparent des micros tendus par les radios privées pour crier leur révolte!

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