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Tranche de vie et coup de gueule

Bien que la vie n’ait pas repris son train-train habituel avec entrain, nous reprenons bon an mal an nos habitudes, avec des dîners un peu moins restreints, des sorties, des voyages pour certains et des mariages pour d’autres. Nous tirons la poussière sur nos valises et retrouvons nos vêtements et chaussures de sortie. C’est là où je veux en venir pour commencer.
Chaussures, ô, chaussures ! Vous êtes restées des mois, voire deux années bien rangées sur des étagères, loin des pistes de danse et des planchers de défilés. À trop traîner dans des armoires, vous avez pris un coup de vieux et de moisi, et l’humidité ne vous a pas fait de bien.
J’ai remis mes talons aiguilles après trop longtemps ! Déjà, je perds l’équilibre et ma démarche est peu gracieuse. Mais cela n’est pas trop grave. Par contre, lorsque les semelles ont pris un sale coup à force de croupir et de rester inutilisées, la marche peut s’avérer une aventure. Les femmes savent très bien de quoi je parle. Quand ce n’est pas la semelle en bois, gomme ou plastique qui se désintègre au fil des pas (nous faisant du coup rapetisser de quelques centimètres pendant que nous marchons), c’est la semelle en cuir qui se décolle, nous obligeant à bien soulever les pieds (tels les jacanas), suffisamment haut pour les déposer, ensuite, plus devant avec grande attention. Autre choix : faire glisser les pieds au plus près du sol pour que la semelle ne fasse pas obstacle pendant la marche. Démarche comique assurée ! C’est ce qui m’est arrivé il y a quelques jours. Si mes semelles prenaient le sol de plain-pied, j’aurais évidemment perdu l’équilibre et je risquais, à coup sûr, de me prendre le sol en plein visage. Fous rires assurés et embarras garanti !
Ludovic s’est moqué de moi pendant ces 2 heures passées au mariage et Natasha a eu la honte de sa vie. « Ayo ! Je fais comme si je ne te connais pas moi ! » Comme je les comprends ! De l’élégance au ridicule, il n’y a finalement qu’un… pas.
En contrepartie, la situation a permis une chose fort sympathique : pour me tenir bien en équilibre et éviter que je ne m’étale, mon époux a fait office de gentleman cavalier, en me tenant délicatement la main (pour être honnête, c’était plutôt un soutien bien ferme) dès que j’étais debout. Pas très élégant tout cela vous me direz, mais ce sont les choses de la vie. Cela aussi fait partie des dommages collatéraux du Covid-19.
Quittons cette petite tranche de vie amusante pour une réflexion moins drôle !
La prise de conscience nécessaire des dégâts que nous causons à la nature est bien enclenchée. Cette dernière nous rend d’ailleurs bien les désagréments que nous lui avons fait subir de génération en génération. De nombreuses ONG et associations ont vu le jour et des mouvements légitimes expriment leur colère. Ce combat est important, primordial et vital.
Il y a une autre lutte qui est de plus en plus entendue et qui prend de l’ampleur : celle de la protection des animaux. La MSAW a pris une décision essentielle qui est celle de stériliser les chiens en masse et des gens bienveillants se battent pour que les chiens ne soient plus maltraités. D’autre part, ces derniers jours, nous avons eu le bonheur de voir un flamant rose se promener à l’est de l’île et avons vu une vidéo d’un singe se baladant à Floréal. Tous deux ont eu la cote sur les réseaux sociaux. La dernière vidéo était accompagnée de nombreux commentaires condamnant les hommes et leurs constructions (qui sont partout !) au détriment donc de ces primates et de leurs habitats. Jusque-là, tout va bien !
Mais cela interpelle de voir des personnes se battre avec autant de force et de conviction pour aider les animaux en détresse, alors que dans le monde, de plus en plus de… monde, lutte pour une autre cause qui est, elle, malheureuse à mon avis : le droit d’éliminer la vie humaine lorsque l’état d’un patient est confirmé sans issue ou considéré comme d’une souffrance insupportable (physique et/ou psychologique). Elles militent pour l’euthanasie et crient au droit au suicide assisté. Elles pensent sincèrement qu’aider à la mort est empreint de compassion et est plus digne, pour le patient, que de le laisser vivre et de permettre à la vie de reprendre le dernier souffle naturellement. Refuser l’acharnement thérapeutique est une chose, l’euthanasie en est une autre. Il y a d’ailleurs un film diffusé ces derniers temps sur Canal+, Tout s’est bien passé, qui prône cet acte d’une manière qui se veut plein de miséricorde mais qui, au final, est d’un froid glacial et désarmant. La fin du film est violente alors qu’elle se veut douce. On entend une des actrices dire à l’autre : “Tout s’est bien passé !” NON, ce n’est pas le cas ! Participer à tuer quelqu’un ne peut être une fin que nous pouvons qualifier de : “Bien passé”.
Militer pour l’avortement, c’est plus ou moins la même chose. Cette fois-ci, c’est à la faveur du respect des droits de la femme et de son droit à la liberté de faire ce qu’elle veut de son corps ! Ce qui est, en soi, tout à fait juste. Mais qu’en est-il de ce petit cœur qui bat et qui n’a naturellement que le ventre de la femme comme moyen pour grandir et venir dans ce monde. N’a-t-il pas de droit lui ? Son petit corps vulnérable et sa voix qui ne peut être encore entendue ne doivent-ils pas être respectés eux ?
Il est bien triste de se substituer au dernier souffle naturel. Nous souhaitons peut-être être des dieux ? Qu’à cela ne tienne, à chacun sa voie ! Mais ce qui choque, c’est que certaines causes n’indignent plus. Permettre qu’un cœur ne batte plus par intervention intentionnelle humaine ne scandalise plus comme avant. La décision reste certainement difficile et traumatisante, et nous ne sommes pas là pour juger ceux qui prennent cette douloureuse décision. Ils ont certainement des raisons que je ne connais et ne comprends pas.
Mais pour ne plus tourner autour du pot, ce que je voudrais exprimer et ce qui me révolte, c’est qu’une même personne peut vouer un amour et une protection inconditionnels pour la cause des animaux et être en même temps pour l’euthanasie et l’avortement. Certes, le monde animalier ne me touche pas plus que cela, vous l’aurez compris. Par contre, la vie humaine n’a pas de prix et rien ne peut y être comparé.
D’accord pour être tolérant sur tout plein de points, mais de là à être incohérent, il y a bien plus qu’un pas ! Entre les deux, ne perdons pas l’équilibre de la vie.
La vie à tout prix pour les uns, enlever la vie qui a du prix pour les autres ? Il y a là une incohérence qu’il nous faudra quand même apprendre à tolérer, mais de loin. Pas question de l’accepter comme une obligation sociétale ! Ai-je le droit de le dire sans être étiquetée d’intolérante et de rétrograde ?

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