Cette année est la montée en puissance de l’Association mauricienne de Badminton (AMB) qui s’offre la première place dans notre classement du Hit Parade des Fédérations. C’est d’ailleurs la première fois dans l’histoire de ce classement que le badminton est sur le fauteuil de leader de notre hebdomadaire. 2015 restera comme une année à graver d’une pierre blanche pour cette fédération qui a su trouver la bonne formule. Si les badistes ont été fidèles à leur réputation en sortant le grand jeu dans les différentes compétitions au programme du calendrier, autant dire que la fédération a réussi à tirer le bon numéro, avec l’arrivée du Directeur Technique National, l’Indonésien Annas Jauhari, atout majeur de ce succès. En effet, le badminton, qui a terminé au pied du podium l’année dernière avec 4.5 pts, décroche cette fois-ci la timbale avec 3 points de plus. Récompense méritée pour une discipline qui retrouve enfin ses lettres de noblesse.
De l’ombre à la lumière
Il faut dire que l’exercice n’a pas été de tout repos pour l’AMB. En 1999, la fédération occupait la 6e place au classement du Hit Parade avant de terminer 5e l’année suivante. En 2001 et 2002, ce fut la traversée du désert avec de mauvaises places (12e et 13e respectivement) avant de prendre la 7e en 2003 et une piteuse 16e place en 2004. Ces mauvaises positions  se sont succédé durant les années qui ont suivi, jusqu’à être exclue en 2007 et 2008. 2009, 2010, 2011 et 2012 ne resteront pas gravé dans les mémoires et ce n’est qu’en 2013 que les choses se décanteront avec une belle 3e place (premier podium de la fédération). En proie, lors des années précédentes, à beaucoup de conflits internes, il semblerait que depuis 3 ou 4 ans, le problème est résolu et que tout le monde travaille pour le bien-être de la discipline. La situation a beaucoup évolué et ce, dans le bon sens du terme. Une fédération bien dirigée apporte certainement de bons résultats. La preuve cette année où tout aura souri à l’AMB qui connaît une belle ascension vers les sommets.
Kate Foo Kune, l’assurance tout risque
Les trois critères qui sont pris en considération dans l’élaboration de ce classement sont : les résultats, le calendrier et la gestion de la fédération. Il va sans dire qu’en terme de résultats, l’AMB a sorti le grand jeu. Kate Foo Kune, véritable assurance tout risque, a fait gagner beaucoup de précieux points à sa fédération. Comment passer sous silence ses trois médailles d’or obtenues aux Jeux des Îles de l’Océan Indien à La Réunion, ou encore les deux titres de championnes d’Afrique obtenus en simple dames et en équipe mixte au Congo-Brazzaville. La reine d’Afrique s’est aussi distinguée en remportant  la victoire l’année dernière aux Internationaux de Zambie et a participé à de nombreux tournoi à l’étranger dans sa quête d’une qualification olympique. Elle est d’ailleurs bien placée pour se rendre à Rio (Brésil) l’année prochaine. C’est sans surprise que Week-End lui a décerné le titre de meilleure sportive de l’année lors de la semaine écoulée. Athlète confirmée, elle a fait honneur au quadricolore national en réalisant des performances de haute volée.
JIOI/ Jeux d’Afrique : Un total de 11 médailles récoltées
Julien Paul a, lui, été l’une des révélations de 2015, puisqu’il a  confirmé cette saison son ascension au plus haut niveau en remportant notamment trois médailles d’or aux JIOI: en simple hommes, double hommes et dans la compétition par équipes. Il a également obtenu l’argent en double mixte aux côtés de Kate Foo Kune. Julien Paul est l’avenir de cette discipline. Autant dire que Maurice a réalisé un carton plein aux JIOI avec 7 médailles d’or. Une véritable razzia. Aux 11es Jeux d’Afrique, cela fait 15 ans que la sélection n’avait pas remporté le plus précieux métal dans la compétition par équipes. Elle a rectifiée le tir en s’adjugeant l’or. Nos compatriotes ont aussi remporté l’argent en double dames et le bronze en simple dames. Pas moins de 11 médailles récoltées lors de ces deux compétitions, l’AMB tient le bon bout. Comment passer sous silence également les performances des jeunes pousses au mois d’avril dernier, eux qui s’étaient distingués aux Championnats d’Afrique -15 ans en Égypte en remportant 2 breloques en or (double hommes et par équipes) et 3 d’argent. Cela faisait 15 ans que nos locaux n’étaient pas montés sur la plus haute marche du podium dans la compétition par équipes. En terme de résultats, nous avons été servis, que ce soit au niveau local, régional ou continental.
Annas Jauhari, la pièce manquante du puzzle
Sur ce dossier également, l’AMB a marqué des points. Nous avions, avec raison, pointé du doigt dans le passé le départ précipité des différents DTN qui n’arrivaient pas à tenir un an en poste. Il y a eu Nantha Kumar Tarbadas, Tony Wahyudi pour ne citer qu’eux. Le Malaisien Raymond Stevon a, quant à lui, repoussé les avances de l’AMB au mois d’avril. Et le choix s’est finalement porté sur Annas Jauhari (30 ans). Une vraie réussite car il a apporté beaucoup de cohésion au sein de la sélection, depuis sa prise en charge au mois de mai. Et les résultats ne se sont clairement pas fait attendre.Annas n’a pas hésité à prendre en charge les badistes en camp d’entraînement en Indonésie avant les JIOI. Et nous connaissons tous le dénouement avec la floppée de médailles d’or qui ont suivi. Chapeau à l’AMB qui a enfin su trouver le bon numéro, faisant preuve notamment de beaucoup de lucidité et de savoir-faire sur ce dossier.
Un calendrier rempli et respecté
Il faut aussi faire ressortir que le calendrier très chargé a été respecté à la lettre. En effet, hormis les évènements majeurs cités plus haut, l’AMB a organisé trois Championnats juniors et seniors, les Internationaux de Maurice ainsi que des tournois vétérans et un interclub. Que dire de plus, l’AMB s’en sort avec un 10 sur 10 pour le calendrier. Les badistes ont beaucoup de compétitions à se mettre sous la dent, ce qui permet ainsi de progresser encore plus. Que dire des jeunes qui ne cessent de monter, eux qui seront amenés à défendre les couleurs du quadricolore national dans les années à venir. Le talent est là. Il faut maintenant poursuivre sur cette belle dynamique avec une aussi belle pépinière de talents.
Une bonne formation
En parlant de pépinière de talent; Que dire de la formation! Les badistes qui forment l’ossature de la sélection nationale sont, pour la plupart, issus de différentes régions de l’île. Il faut savoir qu’il y a à Maurice plusieurs écoles de badminton et de grands noms à savoir Julien Paul et Aatish Lubah sont d’ailleurs des purs produits du centre de formation. Chez les plus jeunes, nous retrouvons les Alexandre Bongout et autres Kabir Teeluck qui passeront certainement à l’échelon supérieur dans pas longtemps. La relève est là et force est de constater que la formation a connu un ‘boost’ cette année et c’est de bon augure pour la suite. La jeune génération est au bord de l’éclosion avec, chez les filles, Aurélie Allet, Kobita Dookee et les soeurs Rassoolkhan, Anjum et Raeesah. Petit clin d’oeil également à Sahir Edoo, toujours fidèle à son poste et qui effectue un travail colossal pour mettre les jeunes dans les meilleures conditions. Le badminton mauricien est en nette progression grâce au dévouement de ses membres qui travaillent pour le bien-être de la discipline.
The Winning Team
Raj Gaya : Il est l’homme à tout faire de cette fédération. Aucune information et aucune décision n’est prise sans sa consultation ou encore même son approbation. Vice-président de l’Association mauricienne de badminton, il demeure un très bon communicateur qui travaille pour le bien-être de ses badistes, quitte à prendre des décisions qui ne feront pas toujours plaisir à certains mais dans le but uniquement de servir la cause. Dans la foulée de cette Winning Team, on retrouve Bashir Mungroo le président. Un peu discret et toujours au diapason, il fait le boulot en étant un président à l’écoute qui cherche les fonds et les moyens pour réussir les projets de la fédération. Puis vient le secrétaire Rajen Pultoo, très efficace. Il s’occupe de la paperasse et du secteur administratif. Tout comme Jonathan Li Ying, trésorier, qui s’occupe des finances de la fédération d’une main de maître. Et bien évidemment comment passer sous silence le travail du Directeur Technique National (DTN), Annas Jauhari. Depuis son arrivée au mois de mai, il a porté les badistes vers le succès en offrant à la sélection nationale sept médailles d’or (sans-faute) et une belle performance aux 11es Jeux d’Afrique au Congo-Brazzaville.