ACCIDENT À POMPONETTE : J’ai perdu mon bras droit, a déclaré le père

Un accident fatal, survenu très tôt dans la matinée du lundi 11 septembre à Pomponette, a coûté la vie à Louis Jonathan Brunet, plus connu sous le nom de Yan, âgé de 21 ans. Le conducteur, lui, a été grièvement blessé et est admis à l’hôpital. Une atmosphère lourde pèse à la rue Plaine-des-Galets à Chemin-Grenier. Léonard Brunet, père de la victime, n’arrive toujours à croire que son fils s’en est allé. Il nous témoigne sa douleur…
Léonard Brunet est un père anéanti. Il dit avoir perdu son « bras droit ». « Je suis père de cinq enfants. Mon aînée est mariée et attend son premier enfant. Yan était le deuxième de la famille et travaillait pour me soutenir financièrement. Il a toujours été un bon garçon. Il aimait s’amuser et se passionnait pour le football ».
Cet employé chez IBP relate que la mère de ses enfants les a abandonnés alors que Yan avait 14 ans. Depuis, c’est lui qui s’est occupé d’eux. « Je les ai élevés avec beaucoup d’amour et je me suis assuré qu’ils ne manquent de rien. Aujourd’hui, l’un d’eux s’en est allé », nous confie-t-il d’une voix nouée.
Ancien élève au collège Keats à Chemin-Grenier, Yan s’est lancé sur le marché du travail à l’âge de 17 ans, pour soutenir son père financièrement. « Il a pratiqué le métier de maçon pendant un certain temps avant de décrocher un emploi à La Vallée des 23 Couleurs », explique son père.
Léonard Brunet relate que son fils est rentré du travail vers 18 h 30 le dimanche 10 septembre. « Il m’a demandé de lui prêter une paire de chaussettes. Ensuite, il est allé se doucher. Quand il est sorti, il m’a informé qu’il se rendait à une fête d’anniversaire à Surinam et qu’il n’allait pas tarder. Mais, mon fils n’est jamais revenu », indique notre interlocuteur.
« Je me suis réveillé le lendemain matin et j’ai réalisé que Yan n’était toujours pas rentré. Pourtant, il devait se rendre au boulot ce lundi 11 septembre. Au même moment, un ami est venu me voir et m’a demandé si je savais où était Yan. Ensuite, il voulait avoir des informations sur les vêtements que Yan portait et s’il avait un tatouage au cou. Il a sorti par la suite son téléphone et a appelé quelqu’un. Peu après, des policiers sont venus à la maison et m’ont informé de l’accident de mon fils ».
Ce père désemparé dit avoir appris que son fils était dans une voiture de la marque Nissan March conduite par un de ses amis. « Je ne sais pas à qui la voiture appartient et comment l’accident s’est produit. Je ne sais même pas avec qui il était ».
Léonard Brunet avance que Yan « était mon bras droit ». « Maintenant, il m’a laissé un handicap. Rien ne sera plus pareil. Je n’arrive pas à trouver les mots pour exprimer ce que je ressens en ce moment ».
L’absence de Yan Brunet se fait également sentir sur son lieu de travail. Le temps s’est arrêté à La Vallée des 23 Couleurs, en ce lundi 11 septembre. Une nouvelle qui n’a pas été facile à digérer pour les membres de son équipe et tous ceux qui l’ont côtoyé. « Yan travaillait à La Vallée des 23 Couleurs depuis un an. Il a fait ses débuts dans le département de maintenance. Il a ensuite exercé comme “Quad guide” et enfin, il a rejoint l’équipe s’occupant des tyroliennes. C’était l’un des meilleurs éléments à LVDC. Il était passionné par son métier. Nous n’avons jamais eu de reproches à son égard », explique Haydar Codarbux, son chef d’équipe.
Selon ce dernier, il apportait la joie de vivre parmi ses collègues. « C’est ce qui va nous manquer le plus. Il était toujours jovial. Nous avons perdu un membre de notre famille. Nous allons garder un bon souvenir de Yan, qui était tout le temps souriant. Il venait toujours en aide à ses camarades qui avaient des problèmes », ajoute Haydar Codarbux.
Pour Ashfaaq Polin, un des directeurs de LVDC, Yan était un employé modèle. « Son départ subit a laissé un vide à LVDC. Nous ne l’oublierons jamais », dit-il.
Les funérailles de Yan Brunet devaient avoir lieu aujourd’hui, mardi 12 septembre, à 10 heures.