La Federation of Pleasure Craft Operators dénonce la décision « unilatérale » prise par le ministère du Tourisme de changer les points d’embarcation pour les excursions en mer. Ils affirment que les nouveaux points sont éloignés des hôtels où se logent leurs clients et ne répondent pas aux normes de sécurité. Ils invitent à des consultations et une étude approfondie sur cette nouvelle mesure.

Depuis janvier de cette année, les nouveaux points d’embarcation sont entrés en vigueur. Ainsi, ceux qui doivent entamer des procédures pour tout changement à leur embarcation se voient contraints de se plier aux nouvelles règles. Les autres ne sont pas encore concernés, pour le moment. Toujours est-il, précise Karl Lamarque, secrétaire de la fédération, « cela va venir à un moment ou un autre. De même, cela décourage les plaisanciers à procéder à tout changement de bateau ou de moteur, avec les risques que cela implique ». Ce dernier indique que le travail des plaisanciers est très affecté par cette démarche du ministère du Tourisme et de la Tourism Authority. « Comment demander à un touriste de marcher des kilomètres pour aller prendre le bateau? Qui plus est, les points d’embarcations désignés se trouvent dans des endroits rocheux et houleux, sans même une jetée où les clients peuvent marcher.

Que se passera-t-il si jamais un client tombe et se blesse? Qui en assumera la responsabilité? », se demande-t-il. Il cite l’exemple d’un plaisancier de la région du Morne, qui pendant trente ans, a embarqué des clients près de l’hôtel Le Paradis. « Aujourd’hui, on lui demande d’aller 2 km plus loin. Il devra donc demander à ses clients de marcher sur deux kilomètres pour embarquer. Vont-ils accepter?” » Les plaisanciers disent déjà souffrir avec la réduction du nombre de passagers autorisés. Cette nouvelle mesure est un coup dur pour eux, selon Karl Lamarque.

En revanche, il se demande pourquoi les autorités n’agissent pas envers les boathouses basés dans les hôtels. « Ces boathouses n’ont pas le droit de vendre des excursions, mais ils le font sans être inquiétés. Mais à nous, on vient nous imposer toutes sortes de règlements. » La fédération demande l’ouverture des consultations. Car leur avis n’a pas été pris en considération avant d’appliquer cette mesure. « Nous avons également soumis une liste de propositions pour la sécurité en mer, dont un marquage (zoning) plus approprié, en prenant en considération la nature du lagon. Les décisions ne peuvent être prises dans un bureau. Il faut en discuter avec ceux qui sont sur la mer et qui ont déjà une expérience de la réalité. »

De son côté, Prem Beerbul, président de la fédération, est d’avis qu’un point d’embarcation ne peut se limiter à « trois bouées jaunes » comme tel est le cas actuellement. « Si on veut vraiment professionnaliser le secteur, il faut y apporter tous les aménagements, dont une jetée, des chaises pour les clients en attente et des toilettes. » Il déplore également l’absence de communication appropriée en période de mauvais temps. « Pour le dernier cyclone qui nous a visités, il y a eu une alerte de classe 2 à 16h, soit après que tous les travailleurs ont plié bagage. Nous avons eu beaucoup de difficultés à mettre nos embarcations à l’abri. »