Le procès intenté en Cour intermédiaire à Christophe Jérôme Legrand, alias souris, Patrick Steeve Prinslet Serret, alias Polocco, et Sada Curpen pour complot dans le meurtre de Denis Fine s’est poursuivi hier. Lors de la séance, la femme et le frère de Polocco sont venus témoigner, tous deux affirmant que Polocco n’a « rien à voir avec cette affaire ». L’accusé, pour sa part, soutient n’avoir pas tué Denis Fine. Le procès reprendra le 24 mai.
Lors de la séance d’hier dans le cadre du procès intenté aux trois présumés complices pour le meurtre de Denis Fine, Patrick Steeve Prinslet Serret, aussi connu sous le sobriquet de Polocco, s’est exprimé dans le box des accusés. Il devait déclarer que la nuit  du meurtre, il était rentré chez lui après une soirée arrosée et n’avait plus quitté son domicile. Sa femme, venue témoigner en cour, a confirmé les dires de son mari. Après avoir déclaré qu’avant l’arrestation de Polocco, tous deux vivaient sous le même toit avec leurs deux enfants et des membres de la famille de son mari, à Sainte-Croix, elle a soutenu que Polocco se trouvait avec elle le soir du drame, comme c’était le cas tous les soirs. « Zame line kit mwa aswar depi nou marie. Li sorti dan la zourne mai kan li rentre aswar, li pa resorti », a-t-elle soutenu. Cependant, Me Mohana Naidoo, qui représente la poursuite, devait confronter l’épouse de Polocco aux dépositions qu’elle avait consignée à la police. Cette dernière y avait déclaré à propos de Polocco : « Ena kou li vini aswar tar, li dormi, apre li leve bonher. Mo pa kone kot li alle. » L’épouse de Polocco devait répondre que son mari rentrait vers 20 h et ne ressortait pas. « Oui, mo kontan mo mari et mo la pou soutenir li », a-t- elle répondu à une question de la poursuite, qui lui demandait « si elle ferait tout pour que son mari soit tiré d’affaire ». Le frère de Polocco, maçon de son état, a quant à lui soutenu que son frère n’a « rien à voir avec ce meurtre ». Confronté au fait qu’il n’est qu’un témoin de complaisance dans ce procès, le témoin a dit avoir décidé de témoigner du fait de sa conviction que son frère est innocent. Par ailleurs, Sada Curpen, autre accusé dans cette affaire, est venu soutenir dans le box des accusés que la police « a arrêté la mauvaise personne » car « il n’a rien à voir dans ce meurtre ». Lors de la prochaine séance, les avocats de la poursuite et de la défense soumettront leurs plaidoiries.
Pour rappel, les trois accusés ont plaidé non-coupable d’une accusation de “conspiracy to do harm to another person”. Polocco est accusé d’avoir abattu Denis Fine, un Mauricien établi en France, d’une balle en pleine tête dans la nuit du 3 janvier 2010. La victime se trouvait sous la véranda de sa maison à Résidence Maison-Blanche, Pamplemousses, où elle donnait une fête. Selon des témoignages entendus en cour, dont celui de Catherine Castor, la maîtresse de Polocco, c’est Sada Curpen qui aurait demandé à Polocco de se charger du meurtre. Catherine Castor avait affirmé avoir entendu une conversation téléphonique alors qu’elle vivait avec Polocco, dans laquelle Sada Curpen lui donnait des directives pour « éliminer quelqu’un rentrant au pays ».
Dans ce procès, le ministère public est représenté par Me Mohana Naidoo. Me Neelkanth Dulloo représente, lui, les intérêts de Christophe Legrand alors que Polocco a retenu les services de Me Rama Valayden. Me Raouf Gulbul représente Sada Curpen.