Ce témoin de la défense, médecin légiste de l’Afrique du Sud, estime que les blessures que portait la victime auraient pu avoir été causées après sa mort et écarte la thèse qu’elle avait été étranglée
Le procès intenté à Peter Wayne Roberts pour le meurtre de sa petite amie Lee Ann Palmarozza se poursuit devant les Assises. L’accusation ayant clos le dossier ce matin, la défense a commencé à présenter ses arguments. Le Pr Gert Saayman, médecin légiste d’Afrique du Sud, a été le premier témoin à déposer. Il avait été sollicité pour une interprétation d’expert du rapport d’autopsie de la victime ainsi que des résultats des analyses toxicologiques et forensic. Dans ses observations, le Pr Saayman écarte la thèse que la jaune femme avait été étranglée et soutient que des blessures peuvent aussi être causées après la mort.
Le Pr Saayman est le responsable du Clinical Department de l’Université de Pretoria et le chief pathologist du Département de Santé sud-africaine. Il est le médecin légiste qui avait réalisé l’autopsie de Reeva Steenkamp, la petite amie d’Oscar Pistorius, l’ex-champion paralympique sud-africain reconnu coupable du meurtre de cette dernière. Le Pr Saayman a indiqué que dans le cas d’un corps qui a été réfrigéré avant l’autopsie, un médecin doit être très vigilant dans ses observations. « Refrigeration changes the body and the normal process of post-mortem », a soutenu le témoin. Ce dernier a fait ressortir que si avant l’autopsie, le cadavre est manipulé par d’autres personnes, il peut y avoir des blessures. Appelé par l’avocat de la défense Me Gavin Glover à commenter le rapport du Chief Police Medical Officer, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, qui avait pratiqué l’autopsie de Lee Ann Palmarozza, le Pr Saayman a soutenu que la cause du décès – asphyxie due à la noyade – ne peut être associée à une strangulation. « It is an explicit cause of death. Stanguation should be explicitly accounted for. It is two different mechanism of death », a-t-il souligné. Poursuivant son récit de ses observations, l’expert sud-africain a longuement expliqué que des blessures peuvent aussi être causées après la mort. S’attardant sur le schéma des blessures ainsi que le fait que plusieurs exercices de réanimation avaient été effectués sur le corps de Lee Ann Palmarozza, le médecin légiste n’écarte pas la possibilité que ces exercices auraient pu avoir causé plusieurs blessures internes à la victime. « By causing compression of chest during CPR, we cause active circulation of blood. There would be such bruises associated », a expliqué le Pr Saayman. Son interrogatoire s’est poursuivi dans l’après-midi.
Au début de l’audience, le juge Benjamin Marie Joseph a accédé à une motion de la défense contestant la production d’un rapport réalisé par un Forensic Technologist du FSL, Rishi Sohun. Avec l’aide d’un mannequin, ce dernier avait simulé la présence d’un corps dans la piscine de l’hôtel pour voir si avec les lumières présentes, il était possible pour quelqu’un de voir ce qu’il y avait dans l’eau. Me Glover avait objecté à ce rapport. Le juge a tranché en faveur de la défense, concluant que le rapport « est un reconstruction exercice rather than a scientific analysis ». Le juge a aussi évoqué le respect des droits de l’accusé pour un procès équitable.