Une équipe de spécialistes de la National Parks and Conservation Society (NPCS), sous l’égide du ministère de l’Agro-Industrie et de la Mauritian Wildlife Foundation (MWF), et en collaboration avec les membres du Durell Wildlife Conservation Trust (DWCT) du Royaume-Uni, ont procédé au cours du weekend à la capture d’une centaine de boas sauvages de l’Île Ronde (Cassea Dussiemerii) en vue de les réintroduire sur le Coin de Mire. Cette transportation délicate relève du projet des autorités d’assurer la survie à long terme de ces espèces, avec une deuxième population de Cassea Dussiemerii sur une seconde île. D’autant que c’est après plus de 150 ans, soit depuis 1860, que ces boas sauvages retrouvent leur habitat naturel, le Coin de Mire. Un exercice rendu possible après l’éradication des rats de cet îlot situé au large des côtes nord du pays.
L’exercice entamé depuis vendredi dernier par les spécialistes de la NPCS, la MWF et la DWCT fait partie d’un projet de conservation des reptiles enclenché depuis 2006, visant à restaurer la communauté des reptiles sur les îlots autour de Maurice. Ainsi, afin de garantir le succès de survie d’une nouvelle population de boas sauvages sur le Coin de Mire, les spécialistes de l’environnement ont procédé à la capture d’au moins une centaine de ces serpents de l’Île Ronde, tout en s’assurant qu’il y ait une diversité génétique parmi ceux-ci. Une fois capturés, ces boas ont été logés dans des « specially-designed holdings units », toujours sur l’Île Ronde, en vue de faire l’objet d’autres analyses. Cela dans le but de déterminer les risques potentiels de maladie avant l’exercice de transfert au Coin de Mire. L’exercice consistant à les libérer sera strictement supervisée, avec l’utilisation de « night vision equipment ». En raison des mesures de quarantaine prises, la traversée entre les deux îlots pour le transfert des serpents sera effectuée uniquement par un des spécialistes, le Dr Cole, avec l’assistance des membres de la NCG. Cet exercice marque une étape importante dans la protection des espèces en voie d’extinction, et constitue une première dans la région des Mascareignes en ce qu’il s’agit du déplacement de serpents d’une île à une autre.
Rappelons que le boa de l’Île Ronde, connu comme le Keel Scaled Boa, est une espèce en voie de disparition. Il fut l’une des victimes, vers 1860, de l’invasion des rats, entre autres, sur l’îlot. Il est le seul membre survivant de la famille des Bolyeriade – une variété de serpents unique à Maurice – et le seul vertébré de la planète à avoir deux articulations dans la mâchoire, l’une pour ouvrir et fermer la gueule, et l’autre permettant à sa mâchoire se rabattre. La survie de ce serpent est donc importante non seulement en termes de biodiversité régionale, mais aussi en raison de son importance sur le plan scientifique.