Un an déjà jour pour jour que l’empire du Chairman Emeritus de BAI, Dawood Ajum Rawat, évalué à Rs 35 milliards, s’est écroulé quand le gouverneur de la Banque de Maurice, Ramesh Basant Roi, a entériné la décision de révoquer la Banking Licence de Bramer Banking Corporation Ltd. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts, avec des changements, pour dire le moins, intrigants de part et d’autre. Toutefois, l’équation inéluctable demeure de trouver des fonds nécessaires pour le remboursement du capital investi par les 16 341 détenteurs de police d’assurance du Super Cash Back Gold, le Ponzi-Like Scheme, terme utilisé par les consultants de nTan Corporate Advisory Pte Ltd recrutés par cette même Banque de Maurice à coups d’au moins une centaine de millions de roupies. L’échéance du 30 juin prochain se précisant pour l’émission de Zero-Coupon Debentures avec une première tranche de 20%, le Special Administrator de BAI Co. (Mtius) Ltd and Related Entities, Yacoob Ramtoola, est engagé dans un contre-la-montre infernal pour constituer la cagnotte en vue de permettre au ministre des Services financiers, Roshi Bhadain, de tenir la promesse « in trying to do better than to alleviate the suffering of the victims of the BAI fraud ».
L’objectif de Rs 8 milliards est présenté comme une des étapes envisagées dans les mois à venir, mais force est de constater que des obstacles, et non des moindres, devront être surmontés avant que le coup ne soit jouable. Intervenant suite à une interpellation du député du MMM Adil Ameer Meea, le ministre des Services financiers a tenu à rassurer que « we are doing our best, so we will repay those people. At least, they will get their money back and, of course, this can alleviate their suffering ». Mais pour en arriver là, différentes étapes du scenario de recouvrement, excluant jusqu’ici les quelque Rs 525 millions du Financial Footprint de Dawood Rawat dans le secteur des médias, avec Rs 360 millions englouties par la folie Yukondale Ltd et Rs 88 millions versées au titre d’un half-baked deal, ont été échafaudées.
 Dans l’immédiat, la décision a été prise en vue d’ouvrir le capital de National Insurance Company Ltd à hauteur de 25%, soit des recettes de Rs 1,5 milliard au cas où cette transaction est conclue dans les meilleurs délais. Deux entités, soit la SICOM et State Bank of Mauritius Ltd, ont été ciblées, alors que l’option d’inclure le National Pension Fund (NPF) dans ces négociations aurait été abandonnée. La SICOM se serait vu offrir une participation de 10%, la State Bank 15%. La SICOM devra faire face à une contrainte, à savoir le respect des règlements de la Financial Services Commission (FSC) de ne pas dépasser le plafond de 5% de ses avoirs investis dans une autre société d’assurance.
 “SICOM will invest, we have made an offer to SBM Holdings as well and we are hoping for a very positive answer on that”, devait déclarer le ministre des Services financiers à l’Assemblée nationale et le leader de l’opposition, Paul Bérenger, soutenant avec force que tout choix de placements stratégiques doit relever de la seule décision des boards respectifs.
 Rectifiant sa déclaration au sujet de l’obligation de SICOM d’investir dans le NIC, Roshi Bhadain devait poursuivre que “I don’t see any reason as to why they should not invest. Let me tell you why. Because, NIC has got 140 000 life insurance policies in Mauritius, which is twice 70 000 which SICOM has. Because NIC has been selling more insurance policies over the last six months and the whole company is now operating with profits in a way which is conducive to attracting investment into it and I don’t see any reason as to why they should not do so.”
Apollo Bramwell
 Un autre volet délicat de l’opération de recouvrement des fonds du groupe BAI porte sur la reprise de la clinique Apollo Bramwell, présentée comme “The Jewel in the Dawood Rawat’s Crown”. Depuis le week-end dernier, des négociations extrêmement serrées se sont déroulées entre la partie mauricienne et les promoteurs d’Omega Ark International plc de Grande-Bretagne, qui bénéficie du statut de Preferred Bidder. La première offre officielle de Rs 1,8 milliard (58 millions de dollars américains) avait été jugée insuffisante par National Insurance Company Ltd et National HealthCare Ltd. La question du déploiement du personnel de la clinique attendait également d’être réglée. L’objectif déclaré est de pouvoir étoffer l’offre à $ 60 millions (Rs 2,1 milliards). En fin de semaine écoulée, des indications étaient que ce deal relevait d’une possibilité.
 La conclusion de cette vente de la clinique de Dawood Rawat à Rs 2,1 milliards à Omega Ark International plc devrait se faire en complément avec l’ouverture du capital de la National Insurance Company. Au cas contraire, les autorités mauriciennes pourront avoir recours au Plan B, soit celui de vendre le business de la clinique soit à un groupe mauricien soit à des intérêts sud-africains, avec toute la valeur du complexe de la clinique faisant toujours partie des livres de comptes de la National Insurance Company.
 Par contre, la vente de 23% des actions du groupe BAI dans le conglomérat kenyan BRITAM, avec des revenus de l’ordre de Rs 2,6 milliards prévus, est considérée comme étant le moins « risky » dans la conjoncture. Les actionnaires kenyans exerçant leur pre-emptive right, écartant du même coup l’offre formulée par le groupe sud-africain MMI, un Memorandum of Understanding a été signé avec BRITAM pour le rachat des actions de BAI, dont un premier paiement fin mars et le reste prévu le 30 avril.
 Concernant les Toxic Loans de la défunte Bramer Banking Corporation Ltd, d’une valeur de Rs 5 milliards, dont Rs 4 milliards attribuées à Dawood Rawat et à son clan, la clé demeure la levée de l’injonction intérimaire, accordée depuis le vendredi 4 mars, par le juge Gérard Angoh, siégeant en référé, suite à une initiative de Laina Rawat-Burns. À ce jour, le statu quo est de mise avec l’injonction toujours en vigueur contre le Special Administrator de BAI Co (Mtius) Ltd and Related Entities au sujet du transfert des avoirs de Bramer Banking Corporation Ltd (In Receivership) à National Property Fund Ltd.
 En ayant recours à une demande d’injonction, Laina Rawat-Burns se bat pour préserver le Variation Order du Freezing Order de ses avoirs en date du 18 avril 2015 obtenu de la Cour suprême en vue de pouvoir effectuer des retraits mensuels de Rs 100 000 pour subvenir à ses besoins de mère de famille. Cette démarche vise à protéger également 42 comptes bancaires pour un montant de Rs 39 402 500 au nom des proches de Dawood Ajum Rawat.
 À ce jour, très peu d’indications ont transpiré de cette injonction intérimaire vu que les échanges entre conseils légaux des différentes parties se déroulent en référé. Au cas où un accord, tenant en ligne de compte les desiderata de Laina Rawat-Burns, intervienne dans les semaines, la National Property Fund Ltd pourra compter sur des rentrées de fonds immédiates de l’ordre de Rs 600 millions, alimentant la cagnotte du remboursement du Super Cash Back Gold.