Le compte à rebours a commencé pour Sharone Clair et Lorenza Berry. En quête de consécration mondiale en boxe française-savate, les deux tireuses mauriciennes mettront le cap sur la France ce soir. Ce sera au gymnase des Quatre Chênes à Amiens qu’elles seront face à leur destin samedi soir. La première nommée, engagée chez les -75 kg, sera opposée à la Croate Nives Radic. De son côté, Lorenza Berry (+75 kg) défiera la Tunisienne Wided Younsi.
Après bien des péripéties et des périodes d’incertitude et de doute, les deux représentantes mauriciennes tenteront de relever unce redoutable défi. Et ce, afin de rejoindre au palmarès Mario Bienvenu et Géraldo Thomasoo, champions du monde au cours de la dernière décennie.
Si le ministère de la Jeunesse et des Sports s’est montré des plus timides quant à l’aide apportée au déplacement des deux tireuses, ces dernières ont heureusement pu compter sur le support de bons samaritains, notamment les députés Guito Lepoigneur et Patrice Armance, Airports of Mauritius Ltd et les contacts établis en Italie par Sheila Sheik-Bajeet, PRO de la Fédération mauricienne de boxe française-savate, à savoir Leyline sri Gorizia, Fabio de Marinis et Iario Ornezzano.
Patrice Armance fait ressortir que son collègue et lui n’ont pu rester insensible au cri du coeur des dirigeants de la fédération. « Malgré le manque de moyens, ces dirigeants ont à coeur l’avancement de leur discipline. Nous avons donc remué ciel et terre pour que ce déplacement soit rendu possible ». Reste qu’à ce matin, le déplacement de l’entraîneur national, Kersley Visanjoue, était encore en suspens.
Malgré toutes ces contraintes, Sharone Clair et Lorenza Berry veulent garder la tête bien sur les épaules afin d’aborder cette échéance d’envergure dans les meilleures dispositions. « Certes, il existe une certaine appréhension. Toutefois, je veux faire le vide autour de moi afin de mettre toutes les chances de mon côté pour le titre », soutient la première nommée. « C’est déjà une satisfaction de disputer une finale mondiale. Désormais, il s’agira de viser encore plus haut, tout en prenant en considération que les efforts fournis aux séances d’entraînement porteront leurs fruits », avance de son côté Lorenza Berry.
Pour rappel, les deux tireuses n’avaient pas trouvé d’adversaires lors de la phase qualificative tenue à La Roche sur Yon (France) en juin dernier. Toutefois, toujours par manque de moyens, le projet de croiser le fer avec des sparring-partners de La Réunion n’a pu se concrétiser. « Ces stages nous auraient été des plus profitables. Mais nous ne nous sommes jamais découragés et les deux tireuses se sont montrées régulières au cours des cinq à six séances d’entraînement tenues par semaine. Nous essayons donc de voir que du positif », affirme Kersley Visanjoue.
La course vers la consécration est donc lancée.