La formation en Life Skills Management, lancée par Caritas en 2007 à l’intention des personnes en situation de pauvreté, s’est révélée un véritable succès, à entendre certains témoignages émouvants de bénéficiaires et les propos élogieux des partenaires dans la mise en route de ce projet. Ce programme, que le vicaire général Jean-Maurice Labour qualifie de « L’Université Caritas », a touché plus de 2 600 personnes sans emploi ainsi que des employés en entreprise. En grande demande, il est le résultat d’un partenariat entre le gouvernement, des entreprises privées et des Ong. 
Le passage directement à la vie professionnelle après une formation préprofessionnelle ne suffit pas à de nombreux jeunes en situation vulnérable, comme ont pu le constater les travailleurs sociaux. « Ceux qui offrent ces formations préprofessionnelles visent l’excellence professionnelle chez les participants à leurs cours. Or, il y a un maillon qui manque dans cette formation pour que ces jeunes réussissent plus tard. Il y a une attitude humaine à développer et ce programme de “Life skills management” vient y remédier », expliquent les formateurs. 
Il ne s’agit pas d’un programme d’alphabétisation (un autre volet du travail de Caritas). La formation en “Life Skill Management” porte sur les aspects suivants : la connaissance de soi et l’estime de soi?; la communication personnelle et interpersonnelle?; les bonnes pratiques au travail et comment rendre son métier épanouissant?; le travail en groupe?; la discipline?; les valeurs humaines?; comment gérer un budget personnel et un budget familial. 
Ce programme cible principalement les jeunes en dehors du cadre scolaire, venant souvent de milieux pauvres. Les participants de tout groupe d’âge sont repérés par les travailleurs de terrain de Caritas dans différentes régions et sont dirigés vers cette formation. Le programme vise le développement de l’individu dans plusieurs domaines de la vie, en leur procurant les outils nécessaires. Les bénéficiaires peuvent ainsi prendre conscience de leurs aptitudes et les développer pour en faire des atouts. L’empowerment demeure donc le principal objectif. Lors de la célébration des dix ans, des bénéficiaires ont témoigné de l’impact positif qu’ont eu les cours de “Life Skill Management” sur leur vie personnelle et professionnelle. Des entreprises portent un intérêt particulier à ce cours et demandent à Caritas de le dispenser à leurs employés. Le bilan au bout de dix ans est positif. 
Caritas avait convoqué ses invités à l’Auditorium Octave Wiehe, à Réduit, le week-end dernier pour marquer cet anniversaire. « Le “Life skills management Programme” s’est révélé un outil efficace contre la pauvreté », a affirmé le père Labour, qui est aussi le représentant de l’évêque au conseil d’administration de Caritas. « Une initiative fort louable de Caritas », a observé la ministre de l’Education, Leela Devi Dookun, lors de la célébration de ce 10e anniversaire. « Le Life Skills Management vient compléter les actions entreprises par le gouvernement pour rendre les jeunes employables. Le plus important est de pouvoir travailler avec l’autre, de démontrer la capacité de travailler en groupe et de coopérer. Cette formation donnée par Caritas tend dans cette direction », a ajouté Leela Devi Dookun
Une des grandes forces de ce projet, explique le père Labour au Mauricien, est l’implication des travailleurs de terrain dans la conception du programme. « Ces travailleurs, à la base, connaissent les forces et les fragilités des personnes en situation de pauvreté. Leur proximité et leurs connaissances de toutes formes de pauvreté ont généré ce programme de “Life Skills”. Avec l’aide des professionnels, nous avons développé avec ces travailleurs de terrain des compétences pour trouver des solutions adaptées à chaque situation », a expliqué Jean-Maurice Labour. 
« La connaissance vient souvent d’en haut pour descendre à la base. Mais ce sont les gens de la base qui ont généré le “Life Skills Management” et cela a marché ! » dit avec un brin de fierté le vicaire général, qui utilise les termes « Liniversite Caritas » et « Liniversite lari » pour désigner ce programme de formation. « La complexité des pauvretés requiert un professionnalisme et une imagination créative dans notre approche. Voilà une autre leçon que je retiens au bout de ces dix ans », ajoute le vicaire général. 
Cette formation mise en route en 2007 est l’aboutissement des discussions entre le diocèse de Port-Louis, le gouvernement et le secteur privé, et a également vu la participation du cardinal Maurice Piat. « Partenariat signifie la reconnaissance des compétences de chaque partenaire et articulation de ces compétences. Nous sommes heureux du partenariat mis en place pour ce projet de “life skills”, car chaque partenaire a reconnu son rôle et ses responsabilités spécifiques », nous a déclaré le vicaire général.