Le groupe d’experts en matière de commerce international du Commonwealth s’est réuni ces derniers jours à New Delhi pour étudier, entre autres, les voies et moyens de redynamiser les échanges globaux. Assad Bhuglah, directeur de la division de commerce extérieur au ministère des Affaires étrangères, a été invité en sa capacité personnelle à cette réunion.
Assad Bhuglah fait partie d’une trentaine d’experts de plusieurs pays (développés, en développement, moins développées et petits États insulaires) du Commonwealth participant à cette réunion axée sur les possibilités de redynamiser les échanges globaux et le multilatéralisme. Le commerce mondial a connu un certain ralentissement ces dernières années et il est estimé que sans un véritable changement de situation, la faiblesse des échanges se poursuivra en 2016-2017 avec des répercussions sur la croissance économique globale.
Lors de la réunion, les experts ont noté que la croissance économique mondiale a tourné autour de 3,5 % alors que le taux de progression des échanges n’a été que de 2,5 %. Cette situation découle, entre autres, du ralentissement économique en Chine, aux États-Unis et dans la zone euro. Les pays les moins développés ainsi que les États insulaires en développement ont été les plus affectés.
Les experts sont d’avis que la faiblesse de la demande et le ralentissement des échanges sont devenus sources d’inquiétude pour les pays en développement qui considèrent les échanges internationaux comme un véhicule important pour leur progrès socio-économique. Les quelques progrès enregistrés au niveau des discussions concernant la politique de libéralisation commerciale menées sous l’égide de l’Organisation mondiale du commerce n’ont pas été d’une grande aide. On fait ressortir que les négociations du Doha Round n’ont pas été conclues après leur démarrage il y a 14 ans. De plus, les pays en développement sont d’avis que le Nairobi Package n’a pas produit les résultats escomptés jusqu’ici.
Parmi les autres facteurs qui ont influé négativement sur la situation actuelle au niveau du commerce international, mention est faite des mesures protectionnistes, de l’imposition de nouvelles barrières commerciales, les effets du changement climatiques sur la production, les conflits au Moyen Orient et l’exode d’une population productive ainsi que les changements technologiques. Bien que considérant que les changements technologiques sont importants pour demeurer compétitif, les experts affirment que ces changements ont été si rapides que les méthodes de production, les caractéristiques des biens de consommation et les types de machineries utilisées sont devenus obsolètes. Il est difficile aujourd’hui, ajoutent-ils, de planifier une stratégie industrielle sur une période dix ans.
Les experts sont d’opinion que le secteur des services pourrait agir comme moteur de la croissance des échanges commerciaux mondiaux. À condition, toutefois, que les grands pays influents jouent le jeu en enlevant les barrières au mouvement des personnes et des capitaux, à l’investissement et en facilitant le transfert de technologie. Ils pensent qu’il faut donner un coup de pouce au Système de Commerce Multilatéral en aidant les pays en développement et les petites économiques à augmenter leurs capacités de production et en créant de meilleures conditions d’accès dans les pays riches.
Par ailleurs, les experts ont plaidé pour une participation plus poussée des petites économies dans la Chaîne des Valeurs Globales. Des pays comme Maurice font face à des défis mais ont aussi des opportunités quand il s’agit d’intégrer la Chaîne des Valeurs Globales. Une intégration à certains stades de production peut aider ces pays à mitiger les manques en termes d’économies d’échelle.