Le Commonwealth Secretariat a convoqué pour les 23 et 24 octobre 2017 à Cape Town la réunion inaugurale du réseau des négociateurs du commerce africain, dont le lancement a eu lieu à Maurice en juillet dernier.
L’African Trade Negociators Network (ATNN) regroupe des spécialistes en matière de négociations commerciales que ce soit au niveau multilatéral ou régional. Il a pour objectif de réunir les expériences et expertises des uns et des autres pour évoquer les enjeux stratégiques du commerce pour le continent africain et les actions prioritaires à adopter pour que les négociateurs des pays concernés puissent faire entendre leurs voix dans les instances internationales et aussi pour faire avancer les discussions concernant la mise en place, entre autres, de l’accord de libre-échange continental. Rappelons que Maurice vient de signer l’accord portant sur la création d’une zone de libre-échange tripartite réunissant les pays membres du COMESA, de la SADC et de l’East African Community. À ce jour, 21 des 27 pays concernés ont signé le document cadre. Il faut un minimum de 14 pays pour ratifier l’accord avant que celui-ci n’entre en vigueur.
Dans les milieux du Commonwealth Secretariat, on indique que nombre de pays africains sont engagés dans une série de négociations commerciales globales, régionales et bilatérales. Ces dernières années, on a noté que plusieurs pays ont amélioré leurs capacités de négociation, notamment à travers leur participation aux discussions au sein de l’Organisation Mondiale du Commerce et avec l’Union européenne dans le cadre de l’accord de partenariat économique. Mais, souligne-t-on, il y a encore beaucoup de défis à relever, d’où la création d’un réseau (ATNN) pour réunir les spécialistes des questions commerciales qui agiront comme un « think tank » à l’occasion des prochaines négociations commerciales.
La rencontre de cette semaine à Cape Town servira de préparation avant la tenue de la 11e conférence ministérielle de l’OMC prévue en décembre 2017 à Buenos Aires. Elle permettra aux participants de discuter des voies et moyens pour les pays africains pour bien assimiler les principaux objectifs de développement en vue de la prochaine phase des négociations commerciales multilatérales. Les spécialistes vont aussi se pencher sur la création d’une plateforme pour aider les pays africains à mieux appréhender les sujets d’intérêt dans le cadre des relations commerciales futures Royaume Uni-Afrique suite au Brexit et également les questions d’intégration commerciale avec l’entrée en opération de la zone de libre-échange continentale.
Des experts en matière de négociations commerciales relèvent que bon nombre de pays d’Afrique subsaharienne bénéficient d’un accès hors taxe pour leurs produits entrant au Royaume Uni que ce soit sous l’accord « Everything But Arms » pour les pays les moins développés ou sous les différents Accords de Partenariat économique. S’il n’y a pas de traitement équivalent sous un accord post-Brexit, les produits de ces pays africains seront frappés de droits de douane élevés et auront à déjouer une concurrence accrue de la part de fournisseurs plus efficients.
Assad Bhuglah, ancien directeur de politique commerciale au ministère des Affaires étrangères et du Commerce international, a été choisi pour animer une des sessions de travail de la réunion de Cape Town et axée sur le thème « Advancing Developmental Integration in Africa : Prospects for the Continental FTA ». Cette session aidera les participants à explorer les opportunités pour l’accroissement des échanges commerciaux intrarégionaux en particulier concernant les produits alimentaires, les produits manufacturiers de base et les services.