Le cybercrime est une nouvelle forme de criminalité au cours duquel un individu porte prejudice à autrui en utilisant un système informatique. Ce phénomène a connu une nette hausse au cours de ces dernières années en raison des nombreux développements informatiques. Ainsi, deux lois, l’Information and Communication Technologies Act (ICTA) et le Computer Misuse and Cybercrime Act (CMCA) réagissent à ce fléau, confie le personnel de la Cyber Crime Unit du Central Criminal Investigation Department (CCID). Les cas les plus souvent recensés impliquent le harcèlement sur Internet – la dernière arrestation remontant à cette semaine, le skimming, qui consiste à cloner des données bancaires, et le phishing, qui est l’escroquerie en ligne.
D’après une source de la Cyber Crime Unit, le harcèlement sur Internet est la forme de cybercriminalité la plus fréquente, le public ayant facilement accès aux réseaux sociaux tels que Facebook et Youtube. Le plus souvent, ce sont les mineurs de 14-15 ans qui en sont les victimes. Ainsi, la dernière arrestation survenue dans ce contexte a eu lieu cette semaine. En effet, un peintre de 37 ans habitant Fond du Sac a été appréhendé pour avoir partagé sur Facebook des photos dénudées d’une adolescente de 14 ans domiciliée dans sa localité, à l’insu de cette dernière. Il a été placé en detention, la police ayant objecté à sa remise en liberté vu qu’il ne s’agissait pas là de la première fois qu’il commettait un tel délit. Il s’avère qu’en octobre dernier, il avait été appréhendé pour les mêmes raisons mais avait obtenu la liberté sous caution. Dirigée par l’ACP Heman Jangee, cette enquête était supervisée par l’ASP Tritrudeo Dawoodarry.
Le harcèlement sur Internet, indique une source de la Cyber Crime Unit, peut prendre des tournures encore plus dramatiques, surtout dans les cas de sextortion. Le sextortion, pour info, fait partie de la vaste catégorie d’exploitation sexuelle au cours de laquelle la menace de publication d’images ou d’informations compromettantes et l’abus de pouvoir sont les moyens de soudoyer un individu. Ce fléau existe chez tous les groupes sociaux et survient, le plus souvent, des suites de relations extraconjugales, après une séparation ou une rupture. Les individus concernés font ainsi usage de photos intimes de leurs victimes pour se venger ou pour faire du chantage. En 2013, un cas de sextortion avait failli coûter la vie à une adolescente alors âgée de 15 ans. Un habitant d’Eau-Coulée de 23 ans avait poussé la jeune fille à commettre une tentative de suicide après l’avoir fait chanter sur Facebook. Il l’avait menacé de publier des photos intimes d’elle sur Internet si elle refusait de lui remettre de l’argent. N’arrivant plus à supporter une telle pression, l’adolescente avait tenté de se donner la mort en s’immolant. Brûlée au 3e degré, elle s’était retrouvée à la clinique dans un état critique. L’individu impliqué était par la suite passé aux aveux et avait été emprisonné. Actuellement, plus de 800 cas relevant du sextortion sont toujours sous enquête.
Le skimming, par ailleurs, est une toute autre forme de cybercriminalité. Cette pratique implique l’installation d’une puce minuscule à des ATM pour le clonage de données de cartes bancaires afin qu’elles puissant être utilisées au détriment de son détenteur. Jusqu’à présent, les cas recensés à Maurice impliquent tous des étrangers. L’une des dernières tentatives de skimming à Maurice remonte à juillet 2015 lorsque trois ressortissants chinois avaient placé des skimming devices sur deux ATM au QG de la MCB à Port-Louis. Ils avaient ainsi placé des card readers et des spy cameras sur les écrans des guichets automatiques afin de pouvoir récupérer les codes pin pour effectuer des transactions mais avaient été interceptés avant d’avoir pu finaliser leur coup. Et les 1500 utilisateurs de cartes bancaires concernées n’avaient fort heureusement subi aucun préjudice sur leur compte. En décembre 2015, un autre cas de card skimming avait été détecté dans un guichet de la SBM. Cette banque avait, toutefois, agi rapidement et entrepris des mesures proactives afin de rehausser son niveau de sécurité.
Le phishing, d’autre part, concerne l’escroquerie en ligne effectuée par des hackers et des usurpateurs d’identité. Ces derniers ont recours à des spams ou à de faux sites internet afin de soutirer des informations confidentielles ou inciter des individus à dévoiler des données personnelles telles que leur numéro de cartes bancaires ou de cartes de credit ou des mots de passe. D’après la Cyber Crime Unit, généralement des suppliers faisant importer des marchandises de l’étranger en sont les victimes. Les phishers procèdent en interceptant des courriers électroniques destinés à des exportateurs étrangers, les poussant ainsi à effectuer leurs transactions bancaires sur d’autres comptes. Malheureusement, bien souvent, l’argent perdu au cours de ces transactions frauduleuses n’est pas récupéré, le cas n’étant détecté que bien trop tard.