Guillaume Gaboriaud, deuxième au classement général, veut jouer les premiers rôles sur le Tour. C’est armé de son ambition que le coureur s’est accroché, alors qu’il parle de Christopher Lagane, un de ses plus farouches adversaires jusqu’à sa crevaison hier, comme de son ami. Le coureur de poche n’en est pas à son premier Tour de Maurice et entend bien marquer les esprits.
Pas de chance. Deux jours de course, et à chaque fois si proche de la victoire. « Cela se joue à pas grand-chose », dit le coureur. Battu de trois secondes lors du prologue mardi, c’est une arrivée mal indiquée qui lui coûte la victoire hier à Mon Choisy. « J’espère que les prochaines arrivées seront mieux fléchées », philosophe-t-il.
Pas question toutefois de faire dans le mélodrame ou de pousser des coups de gueule à faire pâlir les plus grands ténors. C’est surtout avec le sourire que le coureur de l’Occitane affronte ces faits de course. « Je ne voulais pas attaquer Christopher (ndlr : Lagane), alors qu’il avait eu une crevaison. C’est mon ami. J’ai compris que les Sud-Africains voulaient l’écarter au maximum », explique-t-il.
Pourtant, après ce qu’il avait démontré l’année dernière, il sait qu’il peut aller chercher encore plus. Il avait remporté deux étapes et terminé quatrième du général. Cette année, il revient avec l’ambition de faire mieux. Mais cette fois, avec la pression du leadership de l’équipe FFSC-KFC sur les épaules. « On m’a dit que je serai le leader. C’est vrai que ça me met un peu de pression, mais j’essaie de prendre tout ça positivement. »
S’il a bien coché les étapes sur son plan de la semaine, il y en a une qu’il redoute particulièrement : le contre-la-montre vendredi matin à Plaisance. « Ce sera relativement plat. Je pense que je pourrai y laisser du temps. » Il lui reste désormais quatre étapes, à compter de vendredi matin, pour tenter d’écrire son nom sur la liste des vainqueurs. « Je sais que les étapes sont piégeuses. Mais je vais faire de mon mieux pour m’accrocher et tenter de remporter au moins une victoire d’étape. »
Et s’il devait dresser sa liste de coureurs à surveiller ? En tête du hit-parade : OIivier Lecourt, le maillot jaune. « On court l’un contre l’autre en France. On se connaît bien. » Mais encore ? « Je pense que les Sud-Africains tenteront aussi de faire quelque chose », estime Gaboriaud. Reste à savoir quoi.