L’enquête judiciaire instituée par le Directeur des poursuites publiques (DPP) pour faire la lumière sur les circonstances entourant la mort d’Iqbal Toofany touche à sa fin. Le magistrat Daniel Dangeot n’a qu’à soumettre ses findings suite aux différents témoignages ayant composé l’enquête judiciaire. Hier, lors de la dernière séance, il a affirmé avoir toutes les preuves requises pour pouvoir donner ses conclusions. Celles-ci seront énoncées ultérieurement.
Les travaux dans l’enquête judiciaire instituée en Cour de Bambous pour faire la lumière sur le décès d’Iqbal Toofany, survenu dans la matinée du 2 mars alors qu’il était sous la responsabilité de la CID de Rivière Noire, ont pris fin hier. Le Chef Inspecteur Roshan Kokil, du Central Criminal Investigation Department (CCID), a apporté davantage de précisions hier sur la manière dont l’enquête policière se poursuit. Il a affirmé qu’il reste encore à confirmer les éléments à charge qui incriminent les cinq policiers suspectés d’avoir battu à mort Iqbal Toofany dans la nuit du 1er au 2 mars, après qu’il a été arrêté à Rivière Noire par des membres de l’Emergency Response Unit (ERS) lors d’un contrôle de routine.
Lors de son interrogatoire par le magistrat Daniel Dangeot, le CI Kokil a affirmé qu’il y a bien eu un acte de « foul play ». Il a souligné que selon les entries du diary book du poste de police de Rivière-Noire, Iqbal Toofany était en bonne santé et ne portait aucune trace de blessures avant qu’il ne soit pris en charge par les membres de la CID. Iqbal Toofany a rendu l’âme à l’hôpital Victoria dans la matinée du 2 mars et le CI Kokil indique qu’il portait plusieurs blessures sur le corps « qui restent à être expliquées ».
« I believe that I have enough elements and I don’t think it’s proper for the purpose of the judicial enquiry to have other witnesses to talk on the circumstances surrounding the death of the deceased », a déclaré le magistrat Dangeot après avoir écouté le témoignage du CI Kokil. Le magistrat a ajouté qu’il peut se fier aux témoignages du Dr Sudesh Kumar Gungadin et à celle du CI Kokil pour donner ses conclusions. Il a relevé qu’au vu des témoignages, la cour a reçu des indications claires sur le trajet effectué par les membres de la CID en présence d’Iqbal Toofany ce soir-là ; « as from now we know as to where the deceased was stopped and up to when he was brought to the hospital ». Le magistrat a ainsi annoncé qu’il réserve ses conclusions.
Après la séance, dans l’enceinte du tribunal, les proches d’Iqbal Toofany, notamment ses deux filles et son père, ainsi que des membres du comité de soutien, ont montré leur satisfaction sur la manière dont l’enquête judiciaire s’est déroulée, rappelant que la thèse de foul play a été établie. Ils soulignent toutefois que leur lutte ne fait que commencer. « Nous n’avons remporté qu’une bataille », affirme Elaiya Toofany, une des filles du défunt.