À l’approche du pèlerinage au tombeau du Père Laval, ce 8 septembre, et en marge du cinquantième anniversaire de l’indépendance de Maurice, Dis-moi, le Père Laval, un livre consacré à l’histoire de l’apôtre des pauvres, est sorti le 7 septembre. Le livre, publié par La Vie Catholique, est écrit en créole et en français par le Père Sylvio Lodoïska et illustré par l’artiste Vaco Baissac. Il est en vente à Rs 300 dans les librairies, au Centre Père-Laval et dans les écoles.

Riche de couleurs et textes adaptés dans un décor typiquement mauricien, Dis-moi le Père Laval est un ouvrage dédié au Père Laval et parle à toutes les communautés. Il raconte le pèlerinage d’une grand-mère et de ses deux petits-enfants. L’histoire commence à Petite Rivière et prend fin au tombeau du Père Laval à Ste-Croix. “Le Père Laval est un personnage qui rassemble les Mauriciens au-delà de l’aspect religieux. Tout le monde s’identifie à lui. Il a été un exemple pour l’île Maurice. Le 9 septembre, les gens viennent de partout au tombeau du Père Laval”, dit Vaco Baissac. 154 ans après sa mort, les Mauriciens lui vouent toujours une admiration. “Le Père Laval est notre ancêtre commun”, souligne le Père Sylvio Lodoïska.

Au-delà de la religion, le Père Laval est un personnage historique et connu de tous. Il a travaillé pour tous les Mauriciens. “Je me suis dit que le faire dans le cadre du cinquantième anniversaire de notre indépendance était une bonne idée. Les enfants sont peu nombreux à connaître l’histoire de notre pays. Le Père Laval en fait partie.” Or, le concepteur a voulu mettre en lumière une des figures qui a transformé et bâti Maurice. Il a eu l’idée d’écrire un livre sur le Père Laval après la publication de son premier livre, Dis-moi, Esprit Saint. Un livre dédié aux enfants pour mieux découvrir l’Esprit Saint. Pour concrétiser le projet, une discussion autour d’une table ronde s’est tenue avec l’équipe de La Vie Catholique.

Raconter l’histoire pour demain.

Pour le prêtre, faire un livre uniquement sur l’histoire de Maurice manquait de substance. “J’ai choisi le Père Laval car je suis un prêtre et je connais son histoire. Je souhaite que quelqu’un d’autre demain écrive sur un autre personnage qui a construit Maurice.” L’ancien enseignant s’est alors attaqué aux textes du livre, en créole et en français. Le livre est en double face et présente aux enfants le Père Laval, hier et aujourd’hui. “L’écriture de ce livre n’était pas compliquée car je suis à l’aise avec les deux langues.” De plus, en mémoire du Bienheureux Père Laval, le créole est utilisé car en bon missionnaire, l’apôtre des pauvres a su utiliser cette langue pour véhiculer ses messages. “Il a été écrit en créole parce que cette langue est accessible à tout le monde. Ce livre comporte un côté militant. Il faut défendre la langue créole.”

Vaco Baissac s’est beaucoup impliqué dans cet ouvrage également. Loin de se cantonner aux dessins, il s’est intéressé également à l’écriture. Il a d’ailleurs insisté pour que le livre soit écrit en créole également. “Je suis un créole avant tout. Je suis né à Maurice en 1940. J’ai parlé créole avant de parler français. Tou seki mo fer, mo pans kreol. Tout ce qui intéresse l’île Maurice, m’intéresse.”

L’ouvrage est aussi un album photo qui illustre bien l’île Maurice, ses rues, ses paysages. De Petite Rivière à Ste-Croix, la ballade se poursuit en couleurs. “Le père Sylvio Lodoïska et Danielle Babooram sont venus me voir pour me parler de leur projet de faire un livre sur le Père Laval. Ils m’ont demandé si cela m’intéresserait d’illustrer le livre. J’ai dit oui avec plaisir. Je n’ai eu que trois semaines pour travailler”, nous explique l’artiste, toujours vert après 60 ans de carrière. “Pour nous, il y avait que Vaco Baissac qui pouvait faire des dessins qui représentent Maurice”, poursuit le prêtre. Pendant trois semaines, l’artiste travaille sans relâche sur ses illustrations. Tout est un défi pour lui, tout comme est la peinture. “J’ai fait six planches de dessins. Parmi celles-ci, les auteurs ont retenu celles qu’ils voulaient pour illustrer le livre.” Les trois semaines passées à faire les dessins du livre se révéleront un plaisir. “Je vis dans la couleur. Notre lagon est turquoise, le soleil est jaune, les arbres sont verts, les fleurs sont de toutes les couleurs. Nous vivons dans un pays arc-en-ciel. Les Mauriciens se reconnaissent dans mes dessins”, dit le peintre. Les dessins colorés de l’artiste ajoutent une touche de sensibilité à l’histoire. C’est en outre un moyen efficace de toucher le cœur des enfants car dès leur jeune âge, ils s’expriment de cette façon.

“Je veux que les Mauriciens accueillent le livre non pas comme l’histoire d’un prêtre racontée par un prêtre catholique, mais comme un témoignage de deux Mauriciens qui racontent l’histoire du pays à travers un personnage qui a aidé à construire Maurice. Père Laval est Français mais a l’âme d’un Mauricien”, conclut Sylvio Lodoïska.