La dernière édition des conclusions des Article IV Consultations, qui a été adoptée par le board du Fonds monétaire international (FMI) « without any formal discussions » le 17 novembre dernier, diagnostique huit zones d’ombre au sein de l’économie. Ce rapport, qui a fait l’objet d’un Statement de la part du Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, à l’Assemblée nationale, propose une série de Policy Recommendations, dont une « tighted fiscal stance ». Sur un point général, le constat de la mission d’Amadou Sy, dressé en août dernier, est que pour la présente année, le taux de croissance sera de 3,9 % avec des prévisions de 4 % pour le moyen terme, évitant de fixer précisément un quantum pour 2018.

Passant en revue l’évolution de l’économie, le communiqué du FMI, émis à cette occasion, note que « however, the vibrant Global Business Sector faces pressure from international anti-tax avoidance initiatives. Fiscal space is diminued, fiscal risks are increasing, and there are signs of building inflationary pressures ». Le rapport du FMI met en garde contre une série de risques, notamment : le ralentissement des exportations manufacturières ; des signes de pressions inflationnistes, qui se font sentir ; les répercussions du vieillissement de la population avec le besoin de réformes de la pension se faisant de plus en plus sentir ; une debt sustainability outlook, qui devient de plus en plus vulnérable à des macro-fiscal risks ; une détérioration des comptes courants de la balance des paiements ; les excès de liquidités dans le circuit bancaire, avec le FMI relevant que « excess liquidity in the banking system remain high. Accommodative fiscal and monetary policies have contributed to a weakening external position and the overvaluation of the real exchange rate has increased » ; des pressions de plus en plus intenses sur le Global Business Sector venant des promoteurs internationaux d’Anti-Tax Avoidance Initiatives ; et une érosion de la cost competitiveness.

Au chapitre de l’endettement, la mission Amadou Sy commente les derniers amendements au chapitre de la debt management dans le cadre de la présentation du dernier budget en préconisant des « further revenue mobilisation efforts to build fiscal space ». « While staff supports the revises debt anchor, indications are that under current policies, the debt target would be missed. A tighter fiscal stance would then be required for Mauritius to meet its goals of improving infrastructure and promoting inclusive growth while preserving debt sustainability », peut-on lire à la page 59 du document.

Le FMI concède que l’Exchange Rate Support Scheme, mis en place par le gouvernement en vue de doper les exportations, est de nature temporaire et « non discriminatory in nature ». La mission Amadou Sy ajoute que « the Scheme does harm the interests of other members, and is expected to have a minimum impact on the country’s fiscal and external accounts ». Toutefois, elle recommande le maintien de la multiple currency practice tout en encourageant le gouvernement à s’engager dans un processus de phasing-out de ce Scheme.

Dans son Statement à l’Assemblée nationale sur l’état de l’économie sous les yeux du FMI, Pravind Jugnauth mentionne les Policy recommandations, dont : a tighter fiscal stance ; des « further revenue mobilisation efforts » des améliorations dans la gestion des investissements publics ; la stérilisation de l’excès de liquidités dans le secteur bancaire ; des broader structural reforms dans le domaine du marché du travail, de l’éducation supérieure, de l’innovation, de la gouvernance et des anti-corruption policies ; et une simplification du wage-setting mechanism en vue d’améliorer la compétitivité.

En résumé, le FMI note que « attaining the next level of economic development will require Mauritius to overcome the variety of policy challenges » en recommandant « a bold, coordinated, strategic vision, guided by strong and independent institutions, is necessary to guide the economic transition »… La mission ajoute que « early signs are promising, with both the pending formation of the National Economic Development Board and the drafting of the Financial Sector Blueprint, important welcome steps towards harmonising the policy direction and implementation across sectors ».