Il est “son héros et son inspiration”, elle est “sa princesse et sa raison de vivre”. Entre Elvis Quenette et sa fille Mégane, c’est l’amour et la complicité au quotidien. Ce maître de cérémonie aguerri a aussi été maître de son destin. Depuis ses débuts en tant qu’agent de sécurité, il a parcouru un long chemin. À 54 ans, c’est un personnage attachant qu’on ne présente plus dans le milieu de l’animation et de l’événementiel.
Porté et encadré par l’exemple de ce père dont la carrière est une belle leçon de vie, Mégane, 25 ans, s’est construite et a trouvé peu à peu sa voie. Ensemble, ce duo chic et choc a développé la compagnie Wazade Ltd, où ils avancent dans la même direction.

Qui aime bien châtie bien… Pour le père et la fille, tous les prétextes sont bons pour se taquiner, se lancer des défis, rire l’un de l’autre, mais aussi pouffer de rire ensemble. Quand on côtoie la paire, l’intensité des liens qui existe entre les deux se ressent très vite.
Après un bref passage sur la plage publique d’Albion, nous nous dirigeons vers les quartiers de Wazade Ltd, une pièce aménagée au premier étage de la maison des Quenette. “Effectivement, nous sommes très complices. Dans ma relation avec Mégane, j’ai été plus un ami qu’un père. Je lui ai toujours laissé son indépendance, sans lui mettre de barrière pour qu’elle découvre et explore son monde, mais sans jamais se départir de valeurs et de principes clés”, avance le CEO et Events Director de Wazade Ltd. “Papa voulait avant tout me responsabiliser. J’ai appris de mes erreurs. Je suis souvent tombée, mais il était toujours là pour me soutenir. C’est de là qui nous vient ce lien si spécial”, ajoute Mégane.

Se battre.

Une petite indiscrétion sur le profil Facebook de Monsieur donne le ton sur les valeurs qui animent ce dernier et qu’il a transmises presque naturellement à sa fille. Dans sa bio fraîchement renouvelée, nous pouvons lire ceci : “Enfance difficile, adulte et fier de mon parcours malgré des coups dans le dos. Ma devise : SE BATTRE.” Il n’en fallait pas plus pour nous tendre la perche. Et s’il accepte de s’appesantir sur sa personne et ce parcours si difficile, ce n’est pas pour se flatter ou faire des jaloux, “mais uniquement pour montrer qu’en partant de rien, tout le monde peut réussir. Il faut simplement avoir la volonté, l’audace et le courage de se lancer”.

Son enfance et son adolescence n’ont pas été un long fleuve tranquille. “J’ai perdu très tôt mes parents. Avec mes trois sœurs, nous sommes allés vivre chez ma grand-mère. À la mort de cette dernière, comme il fallait bien nous placer quelque part, nous avons été séparés. Chaque sœur est allée vivre chez une tante et j’ai été casé chez un oncle.” Alors qu’Elvis Quenette s’épanche sur ce début de vie très compliquée, Mégane observe non sans fierté son père. “D’autres enfants ont connu des anniversaires heureux. L’ambiance de Noël et des fêtes de fin d’année festives, nous ne savions pas ce que c’était, car nous n’avions pas les moyens”, ajoute-t-il.

À force de se créer des opportunités au lieu de dormir sur ses lauriers, même sans “une bonne éducation”, Elvis Quenette façonne son propre destin. “Je me suis battu pour me faire ma place dans la société. J’ai grandi dans un monde de défis où il fallait toujours se surpasser pour réussir.” Un parcours exemplaire. “Presque personne ne me croit quand je dis que j’ai commencé ma carrière professionnelle en tant qu’agent de sécurité et que j’ai travaillé quatre ans dans le gardiennage.”

Détermination à toute épreuve.

La suite, nous la connaissons. Il intègre Mauritius Telecom (ex-Overseas Telecommunications Services) en tant que tour opérateur, et gravit les échelons en apprenant sur le tas. Pendant 33 ans, il a évolué au sein de cette compagnie, tout en tombant parallèlement dans l’animation, se révélant un maître de cérémonie hors pair et professionnel. Il a également travaillé comme journaliste sportif à la MBC, avant de devenir animateur sur la première radio privée de Maurice, où il assure tous les dimanches les émissions Tubes Inoubliables et Génération 80. “Tout n’a pas été rose. Beaucoup de gens ont voulu me mettre des bâtons dans les roues et m’ont donné des coups dans le dos. Mais ma détermination a été plus forte”.

Mégane a grandi en observant ce père se battre pour ses convictions et se révéler un personnage incontournable dans le paysage. “Papa a toujours été un exemple, que ce soit dans son parcours ou à la maison. Il ne peut jamais rester en place, il doit toujours trouver des choses à faire”, dit-elle, taquine. Plus sérieusement, elle affirme : “Mon père, c’est mon héros, ma fierté. Quand il se lance dans des projets, il est remarquable dans sa gestion du stress.”

Mégane a suivi son père dans son esprit d’initiative. “J’essaye de suivre, mais d’évoluer en me basant sur mes propres expériences.” Le domaine de son père, c’est l’organisation d’événements et l’animation. “De mon côté, je m’épanouis beaucoup plus dans le design et l’advertising.” Après ses études en Graphic Design au Charles Telfair Institute, Mégane Quenette s’est enrichie professionnellement en travaillant au sein de diverses entreprises. Elle a appris les bases du métier : la production, l’installation, la vente… “Au-delà du graphic design, j’aime bien ce qui suit derrière l’ordinateur. C’est un peu le petit coup d’œil qui habille le monde : un logo 3D sur un immeuble, le sticker sur la vitre… Tout cela ajoute à l’attraction.”

Mon père, ce héros.

Forte de ses expériences, la jeune femme fonde Wazade Ltd en 2013, avec un groupe d’amis de l’université. L’entreprise s’est diversifiée vers l’événementiel avec l’entrée en action de son père. Aujourd’hui, c’est un one-stop-shop pour l’organisation d’événements, le graphic design, la conception et le développement de sites web, le branding. Tout comme la carrière d’Elvis Quenette est un Wow effect en lui-même, le duo père-fille cultive les mêmes valeurs au sein de la compagnie. “Nous essayons de créer des concepts innovants, comme avec les trois dernières éditions des après-midi dansants que nous avons organisés, concept qui revient le dimanche 8 avril”, confie Elvis Quenette (voir hors-texte).

Mégane apporte son esprit d’innovation et son grain de folie créative à la compagnie, alors que son paternel met en avant son enthousiasme et son expertise. Au début, il a fallu s’ajuster et cohabiter dans le milieu professionnel. Lorsque chacun a pu trouver sa place, cela est passé comme une lettre à la poste. “Nous sommes complémentaires. Même si c’est chacun son domaine, nous sommes toujours dans le partage. Il me faut mon papa à côté de moi; sans lui, je ne peux pas”, avoue Mégane, sous le regard admirateur de son père. Ce dernier affirme : “Mégane est mon tout, c’est mon bras droit.” Ce qui fait la force de ce duo, c’est que père et fille ont développé un esprit d’équipe qui carbure à l’amour, l’affection et la confiance.

Ma fille, ma bataille.

Au décès de son épouse, alors que sa fille était encore adolescente, Elvis Quenette a dû assumer le rôle des deux parents. “Être en même temps père et mère a été très compliqué au début. Mégane a grandi et, à son tour, elle comble le vide laissé par sa mère, en assurant un peu son rôle. Nous avons appris à vivre ainsi, et c’est aussi ce qui fait notre force.” S’il est hors de question d’acheter une moto, rien n’empêche la jeune fille de laisser parler ses envies, “comme repeindre ma voiture moitié en noir et moitié en blanc”. Chacun respecte l’univers de l’autre. Mégane comprend aussi le besoin de son père de s’isoler de temps en temps pour mieux se ressourcer. S’il se livre naturellement sur sa vie et son parcours, le père de famille avoue pourtant “ne pas être aussi loquace d’habitude. Je m’exprime quand il le faut : à la radio, quand je dois assurer le rôle de MC lors d’un événement…”

Les Quenette partagent bien des passions. En tant que véritable animal lovers, les deux sont sous le charme de leurs trois filles à quatre pattes. Père et fille sont souvent dans le même délire. Leur prochain défi, c’est de jouer aux échecs. Ils aiment aussi voyager et découvrir le monde ensemble, “quitte à se perdre” et vivre des mésaventures très intéressantes. Après la France, l’Angleterre, l’Australie et Rodrigues, “notre rêve, c’est de découvrir le Canada, mais toujours ensemble”.


Après-midi dansant Quasimodo, le 8 avril

Avec son concept nostalgie très plébiscité, l’après-midi dansant d’Elvis Quenette revient ce dimanche de Quasimodo. De 15h à 22h, les amateurs des générations 60 à 80 ont rendez-vous à la salle des fêtes du Plaza à Rose-Hill. En live, l’orchestre The Evergreen, composé de Karl Brasse, Gérard Ravat, Rico Edouard, Rony Appadoo, Didier Jeewooth, Alain Perdrau, Mike et Priscilla Orger, Robert Duvergé et David Grenade. Aux platines : DJ Mike Pasnin.

L’animation sera assurée par Elvis Quenette. Des cadeaux sont prévus pour tous. BYO. Le tarif est à Rs 500. Les places sont limitées.