EMEUTES : J'ai vu des émeutiers charger du butin volé dans un fourgon qui ne pouvait rouler tellement il était rempli déclare Kris Heerasing

Gérard Peka, établi depuis 37 ans: "Je crains fort que le blâme soit jeté sur les immigrants vivant en Angleterre"

Jeudi de la semaine dernière, un trafiquant de drogue connu des services de police britannique, Mark Duggan, 29 ans, était abattu par balles policières dans le quartier de Tottenham, à Londres. Ce quartier, les Mauriciens le connaissent plus particulièrement à cause de l'équipe de football de Tottenham Hotspurs, qui y a son stade. Suivant la fusillade, c'est l'escalade. Plusieurs quartiers de Londres — et non des moindres — s'embrasent. Islington, Woolwich, Hackney, Ealing, Enfield, Croydon connaissent alors une escalade de violence gratuite. D'innombrables magasins sont attaqués par des jeunes encagoulés — des hommes, des femmes, mais aussi des enfants âgés de sept, huit ans. La violence se répandra comme une trainée de poudre, pour s'étendre à Birmingham, mais aussi à Liverpool et Manchester. Week-End a recueilli des témoignages de Mauriciens se trouvant en Angleterre, mais aussi d'un couple d'anciens policiers britanniques établis à Maurice au sujet de ces quatre jours qui auront causé plus de Rs 7 milliards de dégâts, fait plusieurs victimes et provoqué plus de 2 000 arrestations.
Kris Heerasing, 31 ans, ex-étudiant du collège Royal de Curepipe, vit à Liverpool depuis 13 ans. Depuis qu'il se trouve en Angleterre, il n'a jamais rien vécu de tel, ni jamais imaginé voir les scènes dont il a été le témoin. "Ce que j'ai vu durant les derniers jours est tout simplement révoltant. J'ai été choqué par le paroxysme de la violence, alors que Liverpool est connue pour être une ville paisible où j'ai passé les meilleures années de ma vie. C'était la copie conforme de ce qui se passait à Londres. Des jeunes de la ville se sont donné rendez-vous en utilisant le Blackberry messenger afin de se lancer dans des pillages massifs de boutiques. Tout a commencé vers 18h, quand environ 200 jeunes, tous encagoulés se sont mis à courir vers le centre-ville. Certains se sont mis à incendier des véhicules en stationnement, d'autres brisaient des vitrines de magasins, avant de les piller et d'y mettre le feu. Je pouvais voir du venin dans leur regard. Les boutiques les plus huppées, notamment les bijouteries, les magasins d'électronique, de téléphonie mobile étaient les principaux objectifs. Ils raflaient tout ce qu'ils pouvaient emporter sur leur passage. J'ai assisté à des scènes qui me faisaient penser que le pays était en guerre", raconte Kris.
"J'ai même vu des parents qui venaient récupérer leurs enfants après que ces derniers ont participé dans les pillages. Des enfants ont tenté d'emporter un téléviseur écran plat qui valait plus de Rs 30 000 et étaient incapables de soulever leur butin. J'ai aussi vu des personnes qui avaient tellement rempli une fourgonnette avec des marchandises volées que le véhicule n'était pas en mesure de rouler. Ils ont dû laisser certaines marchandises sur place avant de pouvoir s'en aller. D'autres faisaient le va-et-vient, volaient, repartaient avec la marchandise volée et revenaient pour se servir de nouveau. C'était incroyable. D'autres jeunes incendiaient des magasins dans lesquels ils ne pouvaient pas entrer. Ils étaient tellement nombreux que la police était dépassée. J'ai même demandé à un des émeutiers pourquoi il faisait cela et il m'a répondu: 'parce que nous pouvons'. Il m'a aussi expliqué que c'était une occasion à ne pas rater d'avoir plein de choses gratuitement".

Mâchoire brisée
Ces personnes ne craignent ni la police, ni d'être arrêtées, affirme notre interlocuteur. "J'ai demandé à cet émeutier s'il n'avait pas peur et il m'a répondu qu'il n'aurait qu'un Anti Social Behaviour Order (ABSO) ou serait condamné à faire des travaux communautaires. C'est pour dire à quel point certains se moquent royalement de la loi. Pour ma part, j'ai été vraiment écœuré de voir des entreprises familiales, appartenant à des personnes qui ont sué pendant toute leur vie, partir en fumée en l'espace de quelques minutes. Il y a même un étudiant de Malaisie qui s'est fait voler alors qu'il avait eu la mâchoire brisée. Clairement, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans notre société", ajoute Kris.
"Etre le témoin de crimes d'incendie et de pillage massif carrément devant la porte de ma maison est une chose que je n'aurais jamais imaginé. J'ai cru que je vivais dans un pays en guerre. Cela me rendait malade de voir des gens, notamment des enfants, qui saccageaient toute la ville en lançant des briques, pillant des magasins, incendiant des boutiques et qui attaquaient des innocents. Que ce soit à Liverpool, à Londres, à Birmingham et à Manchester, la police a été dépassée par les événements", a-t-il fait ressortir à Week-End. Kris affirme que parmi les gang leaders se trouvaient des parents qui donnaient des instructions à des enfants âgés de 7 et de 8 ans pour qu'ils aillent piller des boutiques. Notre interlocuteur fait ressortir que la police aurait dû être autorisée à utiliser des canons à eau, des bombes lacrymogènes et des balles en plastic dès le premier jours des incidents à Tottenham afin de décourager toute possibilité de propagation des incidents. "England, once considered a peaceful country to live, was on the brink of meltdown during those riots and the police was overwhelmed by the sheerful of those yobs (NDLR: émeutiers)", estime Kris.
Pour lui, les événements survenus en Angleterre sont la conséquence de plusieurs échecs. Un de ces échecs, analyse Kris Heerasing, tient dans les treize années de régime de Tony Blair et de Gordon Brown, qui n'auraient pas été assez sévères envers des émeutiers dans le passé. Et bien entendu, une trop grande tolérance de certains parents envers leurs enfants. "The sickness all starts on welfare addicted estates, where parents allow kids to run wild. These kids learn nothing at school these days about discipline or respect", dit-il. Kris est d'avis que l'échec du système éducatif anglais, de même qu'une culture de l'assistanat trop développée chez certains Anglais ont aussi contribué aux troubles. Il pointe aussi du doigt un trop grand respect de la police britannique aux lois très strictes existant en Angleterre au sujet des droits de l'Homme. "La police est terrifiée quand il s'agit d'utiliser la force, de peur d'être poursuivie. Cela aussi a contribué dans l'ampleur des incidents", est-il d'avis.

Aucune considération
Kris fait aussi ressortir que de nombreux enfants impliqués dans les émeutes ont des adolescents pour parents. "Comment des parents respectables auraient-ils pu laisser leurs gamins dans les rues pendant les émeutes. Ces parents, qui sont eux-mêmes des adolescents, sont souvent sans emploi et vivent de l'argent provenant des caisses de l'état. Comment ces émeutiers pensent-ils qu'il est juste de détruire leur propre ville, leur propre quartier? Ce qui s'est passé prouve que les émeutiers n'ont aucune considération, ni pour leur ville, ni pour leur quartier, encore moins pour leur pays. Cela dit, les récentes coupures de certaines prestations sociales par l'état n'aident pas, non plus, la cause de ces jeunes parents". Pour Kris, en clair, l'exclusion ne devrait pas être identifiée comme étant la raison principale des incidents. "The riots were not sparked by social exclusion but a chance to grab stuff for free". Contrairement aux émeutes de 1981, ceux-ci n'ont rien à voir avec des opprimés qui protestent contre leur sort.
Kris, qui compte beaucoup d'amis parmi la communauté mauricienne en Angleterre, est d'avis que le sentiment de dégoût est "unanime" chez nos compatriotes. "Dans le climat actuel, nous sentons qu'il n'est plus indiqué de sortir le soir. La crainte et l'insécurité sont très présentes parmi nous. On a peur d'attirer l'attention de ces émeutiers, par craintes pour nos vies. Nous souhaitons que la situation s'améliore très vite et que la police utilisera des mesures plus drastiques à l'avenir", dit-il.

Marginalisés
Gérard Peka, qui, pour sa part, vit en Angleterre depuis 37 ans, rejoint l'opinion de Kris sur de nombreux points, notamment en ce qu'il s'agit des problèmes existants dans les grandes villes anglaises. Gérard, qui se trouvait déjà en Angleterre lors des incidents de 1981, dit constater qu'à chaque fois, Londres et les grandes agglomérations urbaines ont été les plus touchés par les émeutes. Pour Gérard, nombre de jeunes en Angleterre n'ont pas de réelle possibilité de trouver de l'emploi et passent leur temps à ne rien faire. "Ces enfants sont marginalisés de la société Britannique et nombreux d'entre eux se sentent exclus de tout. Leur réponse à cela est de se joindre aux gangs, car ils y trouvent un sens d'appartenance. Mais ceci n'explique pas tout", dit-il.
Comme Kris, Gérard estime que les récentes mesures d'austérité du gouvernent ont fait beaucoup de victimes collatérales, notamment au sein de la classe laborieuse et les démunis. "Cela devenait de plus en plus évident qu'il y aurait eu une sorte de révolte. Et il a fallu peu de choses pour déclencher une telle révolte. L'Angleterre est un pays riche et ceux qui vivent convenablement peuvent se payer pratiquement tout ce qu'ils désirent. Par contre, ceux qui ne peuvent s'offrir une vie de luxe sont frustrés. Cette frustration s'accumule et certains commencent une carrière dans le vol à la tire et les agressions. What we saw in London, Birmingham, Bristol and Manchester was a disaster waiting to happen", estime Gérard.
Ce dernier craint que le blâme soit jeté sur les immigrants qui vivent en Angleterre. "Ce serait très dommage car beaucoup d'immigrants travaillent très dur et contribuent énormément à l'économie du pays. J'ai personnellement peur que mon fils ne trouve pas du travail après ses études à cause de cela". Du point de vue des Mauriciens vivant en Angleterre, Gérard se dit outré par les émeutes : "La majorité des Mauriciens qui vivent ici se sont très bien intégrés à la société et travaillent d'arrache-pied. Nous avons de très bonnes valeurs morales qui nous ont été inculqués dès notre plus jeune âge à Maurice et nous transmettons ces mêmes valeurs à nos enfants."

 

Eric et Katerina Roberts, ex-policiers vivant à Maurice: "L'œuvre d'un petit groupe de criminels"
Eric et Kate Roberts sont un couple de journaliste et photographe "freelance" anglais qui vit à Maurice depuis quelques années déjà. En tant que Britanniques, ils ont, bien entendu, suivi de très près les émeutes survenus dans leur pays d'origine. Le couple Roberts, d'ex membres de la Criminal Investigation Division (CID) en Angleterre, est d'avis que les émeutes sont l'œuvre de quelques criminels.
Cela fait déjà huit années depuis que le couple Roberts vit à Maurice. Eric Roberts, est un ancien detective de la CID en Angleterre, a été à l'affut de toute information, que ce soit à la télé, ou auprès de sa famille et de ses amis en Angleterre. Pour lui, ce qui s'est passé est l'action d'un petit groupe de criminels. "I'm a Londoner. I've been born and worked there for many years. My roots are still there. I have been a member of the Police Force, I understand the situation very cleary. There are 7 million of people in London and what's happening is a very bad action by a small group of criminal elements", dit-il.
Comptant 25 années de service comme detective au sein du CID à Londres, et son épouse, Katerina, 13 années, le couple Roberts se dit confiant que la police londonienne a l'expertise necessaire pour mettre un terme à ces émeutes qui ont secoué l'Angleterre. "I am confident that the Police will be able to contain and prosecute these people. Police officers around the world can take good example of the London Police on the way they will deal with this problem", dit Eric Roberts.
Concernant les allégations de brutalité policière qui auraient été commis lors de la mort du trafiquant Mark Duggan, Eric Roberts estime qu'à travers le monde, les policiers sont parfois obligés de faire usage de la force. "If the criminals are using guns and weapons, the police officers have to protect themselves too", dit-il. Toutefois, soutient-il, les émeutiers ont agi pour leur gain personnel : "It is ridiculous to believe that the riots, started by a crew of people had set off all the disturbances that aroused in several parts of England. These are an excuse for their personal gains."
Il est cependant un fait que depuis 1998, pas moins de 333 personnes sont décédées en détention policière en Angleterre. En dépit des enquêtes serrées menées par la Independent Police Complaints Commission (IPCC), aucun policier n'a été poursuivi relativement à ces affaires.

Commentaires

Je dois dire que Brianoc a parfaitement raison. Ca fait un peu honte de voir un Mauricien essayer de salir la reputation de toute une ville (qu'il pretend aimer) juste pour avoir ses 15 minutes de gloire dans un journal.

Etant aussi de Liverpool, je confirme que tout ce qu'il dit n'est que pure fabrication. Il parait toutefois qu'il a pris des bribes de la presse televisee en Grande Bretage et tisse son 'reportage'.

J'espere que Le Mauricien verifiera desormais la credibilite de ses sources a l'avenir parce que c'est un quotidien que j'apprecie beaucoup et qui me garde en contact avec mon pays natal.

The first part of this article is completely misleading.The riots Kris has described about Liverpool is not what happened there. The city centre was not really affected (apart from two shops with broken widows). The damage happened in 2-3 roads in and around Toxteth area with mostly cars and wheely bins set on fire and many small shops damaged.

Also, the way Kris has 'seen' things or 'talked' to rioters is another big lie. What the hell were you doing on the streets if you were not one of them? Anyway, all that you have reported have been in the newspapers and on TV.. I doubt very much you've experienced it in real on the streets. I guess this is your way to aspire to some fame in Mauritius by appearing in a major newspaper.

I sooooooo agree with you Brianoc!!!

I agree with Brianoc. The Liverpool city centre was not really affected. All the damage happened in the dodgy areas of the city.

Second that!

S.

Truly said Brianoc !!
The whole bloody testimony is grossly misleading !!!
What a load of rubbish !!