Miselaine Duval a longtemps rêvé de réaliser un long-métrage. C’est désormais chose faite avec Panik, le tout premier film des Komiko, qui sera en salle à partir du 1er novembre. Hier au MCiné Trianon, la directrice de la troupe Komiko a laissé échapper avec émotion : « Passer sur grand écran est le rêve de tout comédien. » Le film a été sélectionné pour le 8e Festival de film de Dorat 2017, en France.
Dans les rôles clés de Panik, le premier long-métrage de la troupe Komiko, on retrouve Miselaine Duval, Alexandre Martin et Cindy Pierre, alors que Nicolas Fay est à la réalisation. « En France, ce film aurait coûté six millions avec des acteurs de la trempe de Georges Clooney et autres », concède le réalisateur. « Mais à Maurice, cela nous a coûté 140 000 euros, soit cinq millions ». Panik a été sélectionné au 8e Festival de film de Dorat 2017 en France. Pour Miselaine Duval, ce long-métrage est « un défi à la fois humain, artistique et surtout financier ». Elle n’a eu de cesse de remercier les différents sponsors qui ont cru dans ce projet et dans la troupe Komiko, dont le succès repose en majeure partie sur le théâtre populaire.
La trame de Panik s’articule autour de l’infidélité, et d’un homme, Michel (Alexandre Martin), qui arrive difficilement à se partager entre sa maîtresse et sa femme. Sa double vie est couplée de mensonges, de trahisons et de quiproquos. C’est l’histoire d’un être en quête perpétuelle de bonheur, mais c’est la « panique » qu’il finit par trouver. Et ce, le jour où les deux femmes de sa vie, toutes deux enceintes de lui, se retrouvent dans la même salle de maternité.
Cette aventure cinématographique, Miselaine Duval l’a voulu depuis plusieurs années. Un rêve « longtemps désiré », comme elle le relate. « Panik vient confirmer notre désir en tant qu’acteur à Maurice d’aller plus loin dans notre carrière. C’est légitime que Komiko touche le grand écran, c’est même essentiel. » L’une des forces de Panik est que Nicolas Fay a choisi de le porter à l’écran en gardant cette identité créole. Il y aura des sous-titres en anglais et français, mais les comédiens s’exprimeront dans leur langue maternelle. « Nous jouons dans ce film en kreol, la langue de tous les Mauriciens », affirme Miselaine Duval. « Nous avions déjà imaginé ce moment il y a 22 ans et nous sommes présents au rendez-vous aujourd’hui. »
La directrice de la troupe Komiko se dit d’autant plus fière que Panik sera présent au 8e Festival de film de Dorat, en France. « C’est par pur hasard que le directeur du festival se trouvait dans la salle en France à assister à une de nos projections-tests », indique Miselaine Duval. « Il a choisi “Panik” en langue créole comme film d’ouverture de ce festival. L’accent et la langue ne sont pas des barrières au talent. Cette sélection vient récompenser notre travail. Nous voyons ici une présence mondiale sur un sujet international qui peut toucher tout le monde ». À Nicolas Fay de relever : « C’est parce que les Komiko ont cette force de rendre heureux ce qui est malheureux que “Panik” doit exister. »
Pour rappel, le Komiko Comedy ArtClub établira ses quartiers le 30 novembre à Bagatelle. Cette ouverture coïncidera avec le 8e Festival du Rire.