Après six mois d’opération, l’Equal Opportunities Commission (EOC) a préparé un rapport intérimaire à être soumis au président de la République, au Premier ministre et au leader de l’opposition. Il en ressort que, sur plus de 300 cas enregistrés, la caste et l’origine ethnique sont les statuts qui enregistrent le plus grand nombre de plaintes, suivis de l’opinion politique. Vu l’ampleur que prend le combat contre la discrimination, l’EOC propose qu’une Journée de l’égalité des chances soit observée chaque 27 septembre.
« Même si nous n’avons pas le duty de soumettre un rapport chaque année, nous allons le faire car de grandes attentes reposent sur la commission. Et pour ne pas laisser les gens dans l’attente, nous présenterons un rapport intérimaire chaque six mois. » C’est ainsi que Brian Glover, président de l’EOC, explique sa démarche de présenter un premier bilan de son travail. C’est une manière, dit-il, de faire preuve de transparence.
Même si au départ la majorité des plaintes enregistrées concernait le castéisme dans la fonction publique, il y a eu par la suite, un équilibre avec le secteur privé, alors que les plaintes concernant l’origine ethnique sont montées en flèche. « Sur plus de 300 cas enregistrés, 25 % concernent l’origine ethnique et la caste, alors que l’opinion publique a enregistré 16,3 %. L’âge, le handicap et le genre suivent en troisième position, alors qu’aucune plainte n’a été enregistrée sur la croyance religieuse, la couleur de la peau et la race. »
Dans l’ensemble, 43 % des plaintes ont été rejetées, car elles ne tombaient pas sous l’Equal Opportunities Act (EOA) « même s’il a pu y avoir une injustice quelque part ». 10 à 12 % des cas ont dépassé le délai prescrit par la loi pour porter plainte, alors qu’il y a eu 5 % de retrait. Après investigation, l’EOC a conclu qu’il n’y avait pas de discrimination dans 10 % des cas. « À ce jour, nous avons réussi quatre conciliations, soit 12 %. Les contrats ont déjà été signés. Deux autres sont en cours de finalisation. » À Rodrigues, six plaintes concernant l’opinion politique ont été enregistrées.
Ces statistiques seront communiquées au président de la République Kailash Purryag, au Premier ministre Navin Ramgoolam et au leader de l’opposition Paul Bérenger. « Nous sommes ouverts aux propositions de ces trois personnalités. »
Par ailleurs, Brian Glover ajoute qu’il est probable qu’un premier cas soit bientôt référé à l’Equal Opportunities Tribunal. « Selon la loi, il nous faut un délai de 40 jours, avant d’aller vers le tribunal. »
Dans le souci de continuer la sensibilisation, l’EOC prévoit de célébrer la Journée de l’égalité des chances chaque 27 septembre. Une proposition en ce sens a été faite aux autorités concernées. La commission prévoit d’organiser une série d’activités, touchant principalement les jeunes dès janvier 2013 et culminant avec une conférence réunissant des stakeholders locaux et internationaux. « Je considère que j’assume une responsabilité sociale. Il n’est pas possible que nos lois restent dans le domaine de la mythologie, elles doivent devenir des réalités sociales. » Ce but sera atteint, dit-il, quand le mindset des gens sera imprimé de la notion de l’égalité des chances.
La date du 27 septembre coïncide avec l’anniversaire de la mort d’Anjalay Coopen. « Nous voulons prendre ce symbole car on retrouve chez Anjalay Coopen, plusieurs grounds de discrimination comme prévus par la loi, soit la race, le gender, le background social, la situation familiale puisqu’elle était enceinte. »
Qui plus est, ajoute Brian Glover, le symbole de la femme est très important car « il y a énormément d’abus contre les femmes même si beaucoup a été fait pour promouvoir leur statut. » Le président de l’EOC dit vouloir commencer une sensibilisation afin que les femmes aient un traitement équilibré dans toutes les sphères de la société. Et de préciser : « Une Anjalay Coopen d’hier peut être une Charlotte ou une Shenaz d’aujourd’hui. »