L’ONG Cruelty Free International, basée en Grande-Bretagne, a écrit au Premier ministre sir Anerood Jugnauth pour lui exprimer sa contrariété face au nombre grandissant de singes qui sont exportés de Maurice à des fins de recherche biomédicale dans des laboratoires étrangers.
Une « déception profonde ». Ce sont les mots utilisés par l’ONG Cruelty Free International, basée en Grande-Bretagne, pour qualifier l’exportation de singe de Maurice à des fins de recherche biomédicale. Dans une lettre adressée au Premier ministre sir Anerood Jugnauth, Michelle Thew, Chief Executive de l’ONG, dit avoir espéré du progrès avec l’installation d’un nouveau gouvernement. « Cependant, malgré les rencontres prometteuses avec des membres du gouvernement, rien n’a été fait pour mettre fin aux souffrances de la population de singes. C’est décevant », déclare-t-elle.
En 2015, 7 762 singes ont été exportés vers les États-Unis, le Canada et l’Europe. Le plus grand nombre, soit 3 994, a été exporté vers des laboratoires américains et 1 371 vers des laboratoires britanniques.
Dans cette lettre, Cruelty Free International fait ressortir que « Maurice est l’un des plus grands fournisseurs de singes à des fins de recherche biomédicale dans le monde ». Selon elle, des dizaines de milliers de ces animaux, dont une bonne partie auraient été capturés dans les forêts, sont détenus dans des fermes à travers l’île. « Ces animaux passent leur vie derrière des barreaux, sur du béton, et leurs petits sont exportés dans de petites cages en bois », cite-t-on dans la lettre.
Selon Cruelty Free International, « venir dire que ces singes jouent un rôle important dans la recherche d’un médicament contre des maladies humaines n’est pas vrai ». Car, « environ 95 % des nouveaux médicaments qui entrent dans les essais cliniques humains échouent malgré que les résultats des tests sur des animaux apparaissent comme étant efficaces et sans risques. Il n’y a pas lieu d’être optimiste quant à la recherche d’un traitement contre le virus zika basé sur des expérimentations sur des singes », soutient-elle.
Cruelty Free International estime qu’il y a des alternatives à l’utilisation de singes dans la recherche biomédicale. Parmi, la technique de « microdosing » qui, selon cette ONG, peut être utilisée sans risques sur des volontaires humains pour étudier comment de très petites doses de nouveaux médicaments agissent dans le corps humain.
En conclusion, l’ONG s’interroge sur la raison qui pousse Maurice à autoriser ce « commerce cruel qui ternit sa réputation d’île paradisiaque ».