Rien ne va plus dans l’empire du soleil orange ! Le PM, qui a accédé au poste suprême des décisions du pays via un « deal » de transmission « papa/piti », parviendra-t-il à se dépêtrer de tous ces scandales qui minent le régime Lepep ? Quel bilan présentera Pravind Jugnauth aux prochaines législatives où il sera vraisemblablement candidat à sa propre succession, et qu’il briguera officiellement, pour la première fois, le poste de PM ? Que présentera-t-il comme réalisation et programme, sur lequel s’appuiera le peuple pour l’élire ? Le projet Metro Express qui ravage flore et faune, prétextant un certain progrès au détriment de l’équilibre écologique ? L’accaparement de nos plages par certaines grosses fortunes ou pour faire plaisir à des investisseurs étrangers ? Les « nouveaux Mauriciens » qui auront « acquis » la citoyenneté moyennant un million de dollars américains ? La multitude de frasques des nombreux élus, certains ministres, d’autres nominés politiques, et parmi, certains qui ont dû démissionner, et d’autres sommés de le faire ? L’empire du soleil orange semble voguer, de plus en plus, vers une avenue avec aucune, sinon une très étroite, issue de secours…

Le gouvernement Lepep avait, pourtant, démarré en fanfare, dans un souffle populaire de sanctionner le précédent gouvernement Ramgoolam et ses excès : doit-on rappeler les épisodes de « Mme Cotomili », entre autres ? Ce gouvernement Lepep s’est retrouvé, plutôt rapidement, sans l’un de ses deux alliés, et patauge tantôt par des décisions plutôt mal réfléchies, tantôt par un manque de vision politique durable. Passons sur certaines des récentes mesures budgétaires de Pravind Jugnauth qui s’apparentent davantage à de l’esbroufe …

Le vacuum ressenti par l’ensemble de la population mauricienne depuis 2015, soit, une année après l’installation du régime Lepep au pouvoir, semble, au final, se transformer en gouffre; qui va tout avaler si rien n’est fait pour renverser la vapeur. Sur ce plan, quelques initiatives citoyennes méritent d’être saluées, en ceci qu’elles suscitent la réflexion, favorisent la discussion, le partage des idées et l’ouverture du dialogue. C’est déjà un début. On ne cessera de le répéter, les prises de position de Rezistans ek Alternativ et de Lalit, en parallèle, apportent également leur pierre à l’édifice.

Car plus que jamais, l’urgence est de construire notre île Maurice de demain, celle que nous léguerons à nos gosses. Un lendemain bâti sur des fondations solides, ancré dans nos réalités et spécificités. Où chacun trouve sa place dans le respect et non dans le déni et la contestation, comme certains événements sociaux récents l’ont connoté.
D’ailleurs, les dysfonctionnements institutionnels sont légion. Et donnent à réfléchir sur la pauvreté de nos relations humaines, d’une part. Mais surtout de cette mentalité qui semble indécrottable à de plus en plus de nos compatriotes : humilier, dénigrer, rabaisser, insulter… Le “character assassination” est devenu un passe-temps populaire ! Surtout avec l’avènement des réseaux sociaux. Où tout ou presque est permis…

Sur ce plan, la nouvelle sortie, cette semaine, de l’ASP Hector Tuyau pour mettre les points sur les i, tant concernant les barons de la drogue et leurs nervis, que ses propres collègues qui auront également peint une cible sur son front, mérite toute l’attention requise. Et, bien évidemment, des mesures appropriées pour permettre à ce haut gradé de la police, son équipe, mais aussi tous ces autres officiers qui privilégient le sens du devoir, de poursuivre leurs missions et contribuer à redresser la situation de “law and order” dans le pays. Surtout quand on sait qu’il règne actuellement un climat des plus malsains au sein de la force policière, avec non seulement de nombreux clans érigés les uns contre les autres où certains éléments n’en font qu’à leur tête, comme tel est le cas depuis de longues années; mais avec quelques épisodes les plus fantasques, comme la balade du détenu Kusraj Lutchigadoo censé être incarcéré et qui part fêter son anniversaire, et ces lettres anonymes tantôt dirigées vers l’actuel CP Mario Nobin ou vers d’autres hauts gradés (qui auraient les mains sales car rémunérés par des marchands de la mort), l’on se demande jusqu’où s’étend la pourriture !

Tout cela renforce ce sentiment perçu par nombre de Mauriciens de vivre dans cette “fake empire” du soleil orange où les choses vont, malheureusement, en empirant…