Dans le sillage de la publication du rapport PRB, les trois principales fédérations du secteur public – nommément la FCSOU, la SEF et la FPSOU – ont réuni la presse ce matin pour commenter davantage le rapport. Selon les présidents de ces fédérations, à chaque PRB, « l’écart se creuse davantage entre petits et hauts cadres ». Ils ont ainsi déploré que la majorité des décisions aient été prises sans passer par une tripartite. Par ailleurs, ils se disent d’avis que « le PRB n’est pas une instance indépendante, mais qu’il est guidé par la fonction publique ». Pour eux, le ratio de 1:7 n’est que « pure démagogie » car, selon leurs calculs, « ce chiffre peut aller jusqu’à 1:25 » en tenant en compte les avantages dont jouissent les hauts cadres. De plus, le “medical scheme” « n’est pas destiné aux petits employés ».
 « La réaction générale concernant le rapport est que c’est un mauvais départ », selon Narendranath Gopee, président de la FCSOU. Il a établi une comparaison avec le secteur privé qui , dit-il, dispose d’une “collective bargaining”. « Nous, notre employeur, c’est l’État, et nous ne pouvons négocier avec l’État. » Il a dit regretter que la « majorité des décisions ne soient pas passées par une tripartite, mais ont été concoctées par le PRB et le management », ajoutant : « Plusieurs des points que nous avions recommandés n’ont pas été retenus. Je pense que le PRB avait le devoir de convoquer les trois fédérations pour nous faire savoir lesquelles de nos recommandations allaient être acceptées et celles qui ne le seraient pas. » Narendranath Gopee estime ainsi que « le PRB n’est pas une instance indépendante ». Il questionne : « Vendredi matin, le rapport faisait le va-et-vient entre le ministère de la Fonction publique et l’imprimerie. Combien de choses a-t-on changé ? » Et de déplorer aussi « l’absence d’un langage simple », comme recommandé par les syndicats. « Les recommandations sont encore floues, ce qui peut mener à diverses interprétations. » Pour Narendranath Gopee, il existe une grande différence entre ce rapport et le rapport Manraj. « Au moins, lui avait essayé d’introduire un degré de flexibilité au niveau des structures. » S’agissant des “schemes of service”, là aussi, le syndicaliste évoque un « flou ». Il développe : « Le rapport dit que s’il y a des changements mineurs, on peut faire des recrutements. C’est seulement pour les changements majeurs qu’on doit attendre. Mais qu’est-ce qui est mineur et qu’est-ce qui est majeur ? »
De son côté, Radakrishna Sadien, de la State Employees Federation, estime que « le gouvernement utilise le rapport PRB comme paravent pour son propre agenda ». Il poursuit : « A chaque PRB, l’écart entre les petits et les hauts cadres se creuse. Alors que l’increment du petit employé est passé de Rs 250 à Rs 205, celui du haut cadre, lui, a augmenté ! Les allocations du haut cadre ont dépassé le salaire du petit employé ! » Evoquant ensuite le “medical scheme”, il est d’avis que ce dernier s’adresse « davantage aux hauts cadres qu’aux petits employés ». Il continue : « Il faut que, dans le rapport, que l’on indique aussi la somme quotidienne du fonctionnaire quand il part en mission à l’étranger. Toutes ces erreurs doivent être revues en trois mois. »
Rashid Imrith, président de la FPSOU, a pour sa part pris l’exemple du salaire d’un secrétaire permanent, qui est passé de Rs 114 000 à Rs 122 000. « Si le ratio est de 1:7, comme on le dit, si on divise Rs 122 000 par 7, le laboureur devrait toucher Rs 17 000. Or, il commence à Rs 7 800 pour finir avec Rs 17 000. Selon le rapport, un laboureur peut se lancer dans le métier jusqu’à l’âge de 48 ans. S’il commence avec Rs 7 800, il doit donc travailler jusqu’à 85 ans pour, enfin, percevoir Rs 17 000. À ce moment seulement, le ratio sera de 1:7. En réalité, le ratio est de 1:16 ! ». Il a pris l’exemple des enseignants, policiers et infirmiers, qui touchent une moyenne de Rs 20 000. « Leur ‘increment’ était de Rs 600 chaque année. Maintenant, il est passé à Rs 475. Ce système entraîne un appauvrissement de la classe des travailleurs. »
Rashid Imrith regrette de plus que « rien n’ait été mentionné dans le rapport dans le cadre de la réalisation de la Vision 2030 du Premier ministre ». Concernant l’annonce de la révision de la publication du rapport PRB, qui aura lieu tous les 5 ans au lieu de chaque 3 ans, il estime que cette formule comporte des désavantages. « Si une personne prend sa retraite après la publication du rapport, son “lump sum” sera basé sur son ancien salaire. » Et de dénoncer « la possibilité pour les ministères de recruter des personnes (…) passer outre la PSC est un très mauvais exemple ».
Les syndicalistes déplorent aussi que les employés ayant été condamnés par la justice « ne reçoivent plus de pension, alors qu’ils y ont contribué », ajoutant que « ces personnes perdent non seulement leur travail mais aussi leur pension, et ce alors qu’elles n’ont pas de certificat de moralité ». Les trois fédérations comptent bientôt obtenir un rendez-vous avec le ministre Alain Wong.