FESTIVAL ÎLE COURTS : Les courts métrages mauriciens se professionnalisent

Cette année, Île Courts en sera à sa huitième édition. En sept ans, ce rendez-vous incontournable des cinéphiles a grandi et a permis d’aider au développement de la cinématographie locale. À son actif, la production de 30 courts métrages et la formation de nombreuses personnes dans l’écriture, le jeu d’acteurs, la technique, la réalisation, ainsi que la mise en lumière de nombreux talents.
Il y a huit ans, le Festival Île Courts prenait naissance, avec comme objectif principal d’encourager la création mauricienne en matière de cinématographie. La première édition du festival a accueilli quelque 200 spectateurs. Ce nombre allait grossir au fil des éditions pour atteindre environ 5,000 spectateurs en 2014. Au total, ce sont 14,921 spectateurs qui ont assisté aux projections de ce festival. “Cette croissance a été progressive. Chaque année, on a accueilli plus de spectateurs que l’année d’avant en moyenne. C’est un gros bilan, le festival progresse, il évolue”, soutient Elise Mignot, directrice de projet.

Tremplin.
Le Festival Île Courts a surtout été un bon tremplin pour beaucoup de réalisateurs mauriciens, mais également dans d’autres sphères de la cinématographie, comme pour les acteurs et les techniciens. En concordance avec sa mission de créer un cinéma mauricien, le Festival Île Courts a encouragé la création de courts métrages. À travers ses ateliers, il a donné les outils et surtout motivé des réalisateurs à fabriquer des courts métrages. En sept ans, trente films ont été produits. “Parmi les 30 courts métrages produits à travers le Festival Île Courts, nous pouvons citer Made in Mauritius de David Constantin, L’ours, le renard et la belette de Stéphane Bellerose ou encore La leçon d’anglais de Sophie Robert, qui est le court-métrage mauricien qui a le plus tourné en festival”, précise Elise Mignot.
L’étape de la création terminée, un autre défi se présente alors pour les réalisateurs : celui de montrer le film. Dans ce domaine, Île Courts a permis que les courts métrages soient vus à Maurice et à l’étranger. D’abord, en présentant ceux-ci lors de l’édition suivante, leur offrant ainsi une meilleure visibilité.

Une structure pour travailler.
L’édition 2015 ne faillira pas à la tradition : trois courts métrages issus des ateliers de production de l’année dernière seront projetés. Il s’agit de Phone connection de Sophie Robert, Boutik de Damien Dittberner et Rod zegwi dan pikan d’Azim Moollan. Ces trois films seront disponibles à la vente dans un coffret DVD lors du festival et en librairie à Rs 300. “À titre d’exemple, le festival Île Courts collabore avec le festival de Clermont Ferrand. Des représentants de ce festival français viennent à Maurice et peuvent ainsi voir nos créations, qui ont alors une chance d’être projetés là-bas”, soutient Jon Rabaud. Ce dernier avait sorti son deuxième long métrage, La Rencontre, lors de l’édition de 2013.
Désormais membre de Porteurs d’images, qui est derrière Île Courts, Jon Rabaud transmettra ce qu’il a acquis avec le festival pour cette présente édition. “Île Courts m’a donné une structure pour travailler. À titre comparatif, pour mon premier court métrage intitulé Cold Blooded, c’était totalement différent. On tournait comme on pouvait. Avec Île Courts, nous avons une bonne structure, allant de la logistique au matériel. Nous avons des producteurs qui nous aident à trouver l’équipe, de même qu’un encadrement en termes d’écriture. De plus, le festival met les gens en réseau. Avant Île Courts, je ne connaissais pas beaucoup de monde dans le domaine.”

Ateliers.
D’autres ateliers permettent la formation de personnes dans différents domaines liés de près ou de loin au cinéma. “À travers les ateliers, nous avons formé 109 professionnels dans l’écriture, la technique, la réalisation et le jeu d’acteurs. Ce sont des formations intensives en petits groupes qui permettent de développer pas mal de compétences. Notre but est de faire en sorte que les gens se spécialisent le maximum dans un domaine précis de la cinématographie, que ce soit comme réalisateur ou comme scénariste, par exemple. Il faut maintenant qu’on puisse aller vers l’émergence d’auteurs. Nous accompagnons des gens qui vont devenir des réalisateurs professionnels”, confie Elise Mignot.
Depuis l’année dernière, le Festival Île Courts bénéficie du soutien financier d’ACP Cultures+ pour trois années, à hauteur de 300,000 euros. Ce qui permet, entre autres, de rémunérer l’équipe, qui apportait jusqu’ici son soutien bénévolement. “Ce soutien représente 80% de notre budget sur trois ans. Cela nous a permis d’avoir des bureaux et de rémunérer nos effectifs. Si notre candidature a été retenue parmi plus de 27 projets, c’est que le travail que nous faisons doit être intéressant. D’autre part, il existe désormais une chaîne sur une plate-forme singapourienne, qui rend le festival visible pour un public du sud-est asiatique”, souligne Elise Mignot.

70 films à l’affiche
Pour cette huitième édition, qui se tiendra du 6 au 10 octobre, plus de 70 films venus de plusieurs régions du globe seront projetés dans divers endroits. À commencer par l’Université de Maurice, où les organisateurs ont établi leur quartier général. L’ouverture du festival est prévue au cinéma Star de Bagatelle, le mardi 6 octobre. MCiné à Trianon projettera le long métrage de David Constantin, Lonbraz Kann, le samedi 10 octobre. Le même jour, l’IFM accueillera des jeunes de 6 à 9 ans pour la projection de dix courts métrages, avec la collaboration du Festival du Court Métrage de Clermont Ferrand. Le jeudi 8 et le vendredi 9 octobre, les 10 à 14 ans seront conviés à des projections à l’IFM, avec la collaboration du Festival du Court Métrage de Clermont Ferrand. Toutes les projections sont gratuites, celles qui ont lieu au cinéma ou à l’IFM nécessitant une réservation.
Des séances en plein air sont également prévues. Le mercredi 7 octobre, une séance sera organisée à 20h dans la cour de l’église de Chemin Grenier. Le jeudi 8 octobre, une projection est prévue dans la cour du Plaza à Rose-Hill. Le vendredi 9 octobre, la séance se tiendra sur la plage de Tamarin, avec le thème Clermont fait son show, alors que la dernière projection aura lieu à 20h au Caudan Waterfront, Port-Louis. Toutes ces projections en plein air seront précédées d’une première partie musicale, assurée par Bois Marron, Lespri Ravann ou Sébastien Margéot. Renseignements : 465-3826.