Entre la radio et Hassen Rojoa, c’est une longue histoire d’amour. Il en est fou. Il s’y est fait un nom, devenu sa marque de fabrique. L’homme a connu pratiquement toutes les chaînes locales avant de rompre avec les ondes. Depuis son retour sur Radio One, il y a trois ans, Hassen Rojoa, à bientôt 50 ans, est un animateur dont le talent n’est pas à forger. Il le prouve tous les après-midi, fait des heureux et dérangent d’autres. L’humour qu’il délivre à sa sauce est celui du comédien qu’il est. Dans la vie, c’est autre chose. Nous allons vous dire ce que vous ignorez de l’homme que des milliers d’auditeurs trouvent sympa.
Il nous a donné rendez-vous dans un “hôtel” de Port-Louis. Nous sommes prévenus, rien de glam ! Un incontournable lotel dite où de grands plateaux de gato delwil et autres petites spécialités bien de chez nous sont exposés sur le comptoir. Bienvenue chez Pakistan ! Notre invité n’est pas encore arrivé. Au plafond, les ventilateurs tournent. Il fait chaud. On se dit que ça tombe bien, car avec sa bonne humeur et son humour, nous allons rigoler, et les palmes des ventilos nous rafraîchiront et apaiseront nos gouttes de sueurs. Nous nous préparons à entendre des tonnes d’anecdotes qui nous feront plier de rire. Hassen, c’est un amuseur; il doit en avoir quelques bonnes.
Le voilà justement, portable en main, écouteurs aux oreilles et conversation en cours. Nous nous disons que pour donner le ton, nous lui lancerons un sonore : “Salut Hassen !” Il appréciera sans doute puisque c’est ainsi qu’il demande à ses auditeurs de le saluer. Il raccroche, nous tend la main et nous dit, presque solennellement : “Bonjour !” OK ! Pour le “Salut !”, on repassera. Le visage sérieux, Hassen – non, nous avons en face de nous Hassen Rojoa, nous invite à le suivre. Nous nous installons sur la mezzanine. Plus ou moins loin des va-et-vient des clients : c’est l’heure du déjeuner, des commandes et du service bien animés. Hassen va nous parler d’Hassen Rojoa…
“Ma grand-mère habitait le quartier. J’ai passé beaucoup de temps ici. J’aime venir dans des lieux comme ça (Ndlr : lotel dite), tout comme aller chez le coiffeur, qui occupe toujours un salon figé dans le temps. C’est dans ce genre d’endroit que j’aime écouter les gens parler”, nous dit-il. Dans les lieux populaires, il s’imprègne du mauricianisme. Plus qu’une notion, plus qu’un mode de vie, le mauricianisme dont il est aussi un produit lui a permis de comprendre et de communiquer avec les auditeurs, chez lesquels il atterrit chaque après-midi.