Un vent frais soufflera sur la septième édition du Rodrigues International Kitesurfing Festival (RIKF) qui aura pour marraine la Polonaise Helena Brochocka. Comptant parmi l’une des meilleures mondiales, cette rider voyage à travers le monde pour jouir des plus grands spots, vivant intensément entre ciel et mer. Avide d’être à Rodrigues pour le festival, du 27 juin au 1er juillet, elle nous décrit les grandes sensations que lui procurent le kitesurf et ses “crazy rides”. 

Des cheveux marron rebelles pour faire ressortir un sourire frais. Helena Brochocka est une fille du vent. C’est lui qui la conduit à travers le monde, où la kitesurfeuse s’en va planer sur les mers et dans les airs tel un papillon porté par des ailes colorées. Sur son blog, elle raconte ses rencontres avec l’océan à Maurice, au Brésil, en Mer Rouge, au Panama, à Cape Town, en Turquie, en Grèce, au Portugal, etc. Autant de spots visités ces dernières années. Ses aventures sur ces eaux sont racontées et commentées sur son blog. Sur des photos et des vidéos, on la voit glisser sur la mer et s’élancer dans le ciel pour réaliser les figures les plus improbables. Des images à couper le souffle et qui font rêver face à une nature sauvage et indomptée où le bleu du ciel et le turquoise de la mer accentuent le blanc des vagues baignées de soleil.

Prochain spot : Mourouk.
Sa prochaine étape sera Rodrigues, la grande baie de Mourouk. Elle y sera du 27 juin au 1er juillet en tant que marraine du Rodrigues International Kitesurfing Festival (RIKF). Une septième édition qui consolide les assises de cet événement devenu l’un des grands rendez-vous des kitesurfeurs du monde et qui a placé Rodrigues dans le calendrier de plusieurs grands professionnels internationaux. Helena Brochocka succède à Nicolas Hulot, Pauline Valesa, championne du monde, et d’autres personnalités qui se sont associées à ce festival qui accueille des équipes de journalistes venant du monde. Une occasion pour Rodrigues d’exposer ses atouts et l’authenticité de la culture puisque le RIKF s’accompagne aussi d’une partie dédiée à la musique, à la fête et à la cuisine, selon les traditions de l’île.
Contactée par Scope, Helena Brochocka se dit reconnaissante de l’opportunité qui lui a été offerte par l’organisation. Elle découvrira enfin Rodrigues et ses spots, dont elle a si souvent entendu parler. “Cela a toujours été dans mes intentions de soutenir les initiatives des communautés parce qu’elles sont essentielles à la pérennité et à l’avancement de notre discipline. J’aime voir comment le kitesurf gagne en popularité au niveau mondial. Tout cela grâce aux efforts des communautés locales, dont des événements tels le RIKF. Je suis vraiment heureuse d’être associée à ce projet.” Helena Brochocka profitera de son séjour pour encourager le plus grand nombre à s’intéresser au kitesurf. “Cela peut vraiment changer des vies, et j’ai vu tellement d’exemples de personnes qui ont trouvé leurs voies à travers le kitesurf. Cela a aussi été le cas pour moi.”

Une femme sur l’eau.
Par son parcours et son palmarès, la kitesurfeur démontre aussi aux sceptiques que cette discipline est aussi faite pour les femmes. Elle espère que son exemple personnel inspirera d’autres femmes à s’intéresser à ce sport, qui reste encore largement méconnu. “Ces dernières années, un grand nombre de femmes a rejoint la communauté. Plusieurs d’entre elles brillent dans le domaine. Mais, sur les spots, nous sommes toujours en minorité, et j’espère que tout cela finira par changer. Je veux montrer aux filles que nous n’avons pas besoin d’être aussi forts et balaises que les hommes pour parvenir à faire des figures similaires à celles des mecs. Le kiteboarding est une discipline ouverte à tout le monde. C’est le message fondamental que je veux faire passer.”

À Rodrigues, elle s’attend à ce que le public présent s’amuse le plus possible, tout en se donnant le temps de mieux comprendre cette discipline portée dans l’île par une communauté de riders très active. Pour résumer l’affaire, Helena Brochocka précise sans détour : “It’s about joy and freedom.”

De la montagne à la mer.
Femme de la mer engloutie par l’intensité du grand bleu, Helena Brochocka a pourtant grandi dans les montagnes polonaises, loin des océans et des lacs. Enfant, elle passe le plus clair de son temps sur les pentes à skier. Au bout de quelques années, elle est suffisamment performante pour s’élancer dans des compétitions qui lui permettent de grimper sur le podium. Elle prend goût à la compétition et à la pratique du sport au niveau professionnel. “Ma vie a changé complètement lorsque mon père m’a inscrite pour des sessions de kiteboarding en 2008. Je suis tombée amoureuse de cette discipline à laquelle je consacrais tout mon temps libre afin de m’améliorer et pour apprendre des figures.”
Deux ans plus tard, elle se classe cinquième au championnat d’Europe et se qualifie pour la compétition mondiale en compagnie de quelques-uns des meilleurs riders du monde. De concours en concours, elle fait progresser sa renommée et se situe désormais parmi les dix meilleurs mondiaux.

Dix ans après ses premières envolées, Helena Brochocka n’est pas redescendue. “Le kiteboarding m’a appris tellement de choses. Ce n’est pas un sport où la progression est constante. Nous passons systématiquement par des hauts et des bas. Cela m’a enseigné la persévérance. Pour atteindre ses objectifs, il faut travailler dur. Chacun avance à son rythme. Dans mon cas, les choses se sont faites lentement. Parfois, j’ai l’impression de me crasher une centaine de fois plus que les autres pour réussir une figure. C’est frustrant, mais la satisfaction de la réussite est grande.”

Ses voiles l’ont conduite dans différents pays où elle a appris à connaître les autres personnes de la communauté. “Kiteboarding brought me to far more places than I have ever expected to visit, and these past years have truly been a crazy ride.”

La vie sur les spots.
Ces voyages, elle ne les aurait jamais effectués si elle s’était arrêtée au ski. En sus de la mer, elle s’intéresse aussi beaucoup aux cultures et aux populations des pays qu’elle visite. “C’est magnifique de voir que nous avons tous un langage commun à travers le sport. Sur la plage, les distinctions de nationalité, de religion, de statut social, de genre et d’âge n’existent plus. Nous portons tous le même type de short, nous chevauchant les mêmes vagues et nous jouons au même jeu.”

Sur les spots, ce sont les “bonnes vibrations qui font les bonnes sessions”. Helena Brochocka le précise : “J’aime voir les autres sourire et s’amuser dans l’eau. Si la vibe est bonne, nous passerons de bons moments, même si les conditions ne sont pas optimales. Mais, définitivement, un vent soutenu et une mer plate aident grandement.”
Sur son blog, Helena Brochocka confie avoir aimé se balader sur les eaux mauriciennes. Interrogée par Scope, elle précise : “Maurice a été l’un des endroits les plus cool que j’ai visités durant la dernière saison. Le pays a tellement à offrir. De belles vagues et aussi de grands spots. It’s also breathtakingly beautiful, and had some of the best views I have seen in my life. Je compte très certainement revenir.”