Suite à l’interview d’Anil Currimjee dans la dernière édition de Week-End, deux groupements d’opposants au projet d’hôtel du groupe familial, le FCL de Georges Ah Yan et l’AKNL, ont souhaité faire valoir leur droit de réponse puisqu’ils estiment avoir été mis en cause. Les deux protagonistes nous ont adressé leur missive en fin de semaine, ce qui fait que nous ne pourrons dans cette édition les publier dans leur intégralité comme ils le souhaitent. Ce sera chose faite dans une prochaine édition. Georges Ah Yan et Yan Hookoomsingh, à qui Week-End a largement ouvert ses colonnes dans le cadre de la polémique entourant le projet d’hôtel à La-Cambuse ou d’autres combats environnementaux et politiques, ne nous tiendront pas rigueur de ce délai. Cependant, afin de respecter leur droit de réponse, Week-End fait un résumé des principaux arguments des deux groupements.
 
Georges Ah Yan du FCL
Georges Ah Yan rappelle que le FCL est une ONG qui date de 1999 dans le but de préserver l’environnement et cite quelques victoires, dont la Vallée de Ferney, l’îlot Gabriel, et le jardin de Pamplemousses notamment.
Il souligne que le FCL ne sera jamais contre un projet qui profitera au développement du Sud à condition que cela ne soit pas contre la nature. Il estime que grâce à son procès au tribunal de l’environnement 1,5 arpent de plage a été restitué au GM par les promoteurs de l’hôtel de La-Cambuse.
Georges Ah Yan en profite pour s’interroger sur les vraies motivations derrière la construction de la nouvelle route conduisant à la plage publique, sur l’impact de ses développements sur le parc marin, le site archéologique des ossements du dodo et des dunes historiques.
Ce sont, selon lui, les raisons pour lesquelles son mouvement a fait appel du jugement du Tribunal de l’environnement en faveur du groupe Currimjee.
Il conclut en soulignant que la force et la motivation de son groupe se trouvent uniquement dans la préservation de l’environnement et le bien-être de la population.
 
AKNL
L’AKNL répond à l’interview d’Anil Currimjee sur les points précis avancés par le promoteur. Il définit dans ce contexte trois thèmes majeurs :
1. Le combat juridique. AKNL affirme n’avoir par poursuivi le groupe Currimjee, mais le Conseil de district devant le tribunal de l’Environnement. Il se dit étonné que la partie adverse puisse crier victoire, du fait qu’aucun verdict n’a été à ce jour rendu dans cette affaire et se demande s’il n’y a pas matière à outrage à la cour. AKNL récuse tout abus du système judiciaire et précise que ce sont les lois qui permettent d’en avoir recours.
2. La-Cambuse. La partie de la plage sur laquelle devait être déplacée la National Coast Guard a été reproclamée grâce à l’AKNL qui affirme que le site de l’hôtel est en dehors des zones de développement touristique. Par ailleurs, AKNL rappelle au promoteur, entre autres, le combat mené à l’encontre du groupe Naïade ayant projeté, dans les années 2000, de faire bâtir un hôtel sur l’île des Deux Cocos, à proximité du parc marin et les demandes de revues judiciaires concernant Blue Bay et Pomponette. AKNL affirme que le parc marin est maintenant listé comme un site Ramsar à risques et que l’hôtel sera bel et bien construit sur une partie des dunes existantes. Enfin, AKNL affirme que le groupe Currimjee n’a pas convaincu grand monde sur son projet.
3. Propos diffamatoires. AKNL affirme que son combat est sincère et sa démarche vise à un développement durable du pays, respectueux des droits des Mauriciens. Il récuse toute mauvaise foi, mais rappelle son indépendance de tout soutien politique comme cela semble être le cas pour le groupe Currimjee. Toute accusation malveillante à son égard est jugée diffamatoire. AKNL dit s’appuyer sur des bénévoles pour accomplir sa mission et fait appel aux Mauriciens pour grossir leur troupe dans la ligne de son combat.