Yvan François Joffre Agathina, coiffeur réunionnais de 26 ans, a été fixé sur son sort hier. La juge Gaytree Jugessur-Manna lui a infligé une peine de prison de huit ans et une amende de Rs 50 000. Le jeune homme, intercepté avec 655 tablettes de Subutex le 6 novembre 2014 dans les toilettes de la plage publique de Pereybère, dit avoir accepté de se rendre à Maurice pour de l’argent car il avait des difficultés financières.
Le coiffeur réunionnais avait plaidé coupable en Cour d’assises d’une charge d’importation de 655 tablettes de Subutex. Initialement poursuivi sous une charge de « Drug dealing with aggravating circumstances – importation of dangerous drug (Buprenorphine) with an averment of trafficking », il avait bénéficié d’une réduction de la charge. La poursuite, représentée par Me Vignesh Ellayah, avait accédé à sa demande pour que l’élément de « trafic » soit enlevé. C’est une Mauricienne vivant à La Réunion, une dénommée Charline, qui aurait approché l’accusé pour qu’il fasse le voyage à Maurice. Charline lui avait indiqué qu’elle prendrait en charge les frais du voyage et réserverait une chambre dans un hôtel du Nord. La seule tâche du Réunionnais était de transporter avec lui des chaussettes remises par Charline. C’est ainsi qu’Yvan François Joffre Agathina, qui habite le complexe St-Exupéry, à Saint-Denis, est arrivé à Maurice à 13 h 15 sur le vol MK 0219 en provenance de l’île soeur. Il a déjoué les systèmes de contrôle de l’aéroport de Plaisance avec, caché dans ses sous-vêtements, 655 tablettes de Subutex contenus dans des chaussettes. La drogue est estimée à Rs 1,3 M.
Le Réunionnais a déclaré qu’il pensait que c’était du cannabis, précisant que Charline n’avait pipé mot sur le contenu des chaussettes. « J’ai fait cela pour de l’argent car j’avais des dettes. Elle m’avait assuré que je serai payé pour cela », a-t-il soutenu dans ses dépositions à la police. Il a ajouté avoir pris connaissance de ce qu’il transportait quand il était à l’hôtel Casa Florida, dans le Nord, alors qu’il attendait des instructions de Charline. « J’étais surpris et j’ai commencé à paniquer. Je ne pouvais plus raisonner », avait soutenu le Réunionnais, qui avait accepté de se rendre aux toilettes publiques de Pereybère pour aller à la rencontre du commanditaire de la drogue. L’accusé dit avoir tenté de détruire la drogue car « ne voulant plus se faire manipuler par Charline ». Toutefois, il se fera interpeller par deux officiers de l’ADSU, qui ont fouillé ses affaires pour trouver la drogue. François Agathina a fait ses excuses en cour. « J’ai fait une erreur qui aurait pu porter atteinte à la vie d’autres personnes. Je voudrais tourner la page et rattraper mon erreur. J’implore la clémence de la cour et je demande pardon à la société mauricienne ». Il dit avoir traversé une période difficile, avec le décès de sa mère suivi par la maladie de son père, et qu’il a accepté aveuglément les instructions de la Mauricienne sans réaliser ce qu’il faisait.
Dans son jugement, la juge Gaytree Jugessur-Manna devait statuer que malgré la charge réduite, c’est d’un délit grave dont il est accusé. François agathina était défendu par Me Burty François.