JEAN-JACQUES FABIEN : Un écrivain de lumière

Ce Mauricien a décroché le Golden Award du Best Wedding Photographer for Mauritius, aux côtés de deux autres professionnels, parmi 340 finalistes internationaux. Entre autres distinctions, le Best Wedding Photography Wedisson Award. Un répertoire de photographes de mariage les plus talentueux.
Jean-Jacques Fabien compte parmi les meilleurs mondiaux. Un écrivain de lumière, sensible aux émotions instantanées.
Instants pris à la grande horloge du temps. Un “oui” pour la vie sous le crépitement des flashs. Moment d’éternité gravé par Jean-Jacques Fabien, lorsque l’alliance coulisse l’annulaire. Il pérennise le scintillement des yeux émus, le flamboiement de ceux qui s’épousent sous le ciel embrasé. Ce peintre de lumière a dans les yeux un certain regard. Une lueur qui dialogue avec l’inconscient. Une seule larme qui perle suffit à ce créateur d’émotions.
Jean-Jacques Fabien a fermé le cahier des comptes sur une quinzaine d’années. Dans une vie antérieure, il a été comptable. L’artiste a osé vivre sa passion d’esthète. Ses photos ont une âme qui s’imprime fortement à l’esprit. Elles soulignent le dialogue des yeux, racontent une histoire. Images prises sur le vif ou éclairées selon les besoins d’une scénographie. L’œil aguerri jauge la scène au premier regard.

Lumière déterminante.
La photographie vient à Jean-Jacques Fabien bien avant l’avènement du numérique, en 2001. Une autre ère commençait. Des levers à trois heures du matin pour saisir des clichés inédits d’endroits méconnus : Nouvelle Découverte, Piton du Milieu. Et cette butte Chaumont (La Vigie), qui surplombe les reliefs du littoral est et sud. Mirador idéal pour témoigner de la confusion du ciel et de l’océan. “On peut y observer aussi bien le lever de lune que celui du soleil.”
Un autre jour sur la beauté, une autre émotion dans le viseur. “Une photo n’est pas la représentation de ce que vous avez vu.” Le numérique comme l’argentique nécessitent une édition, en termes de lumière et de rendu. Ceci dans un souci d’approcher une perception du réel. “C’est la lumière qui suscite l’émotion”, confie le professionnel avisé, dont l’art réside dans l’éclairage du sujet. Un visage, un paysage, une scène… La lumière à six heures ou à midi ou seize heures n’est pas invariable mais sera déterminante. “Ce n’est pas du tout le même ressenti.”
L’homme rivé au viseur est soutenu par son épouse; sa coéquipière pour saisir ces instants fugaces où l’émotion est au zénith. Seul l’œil exercé saura déceler la petite larme qui perle au passage de l’anneau…
Jean-Jacques Fabien est membre de plusieurs associations internationales de photographes de mariages (MyWed, Fearless, One Eyeland). Ses références ? Karl Taylor, parmi d’autres. “J’ai beaucoup appris en termes de technicité et de maîtrise de lumière grâce à lui”, reconnaît le quarantenaire affable.

Technique et émotion.
Jean-Jacques Fabien nous fixe droit dans les yeux et nous parle du fond du cœur. Il exerce ce métier comme un sacerdoce dans les églises; en toute poésie dans le crépuscule d’un soir. La douceur des ondes révélera une essence. Celle de ceux qui se sont reconnus. Parmi ses autres références, il cite Lanny Mann, photographe de mariage prisé aux États-Unis.
Pourquoi se spécialiser dans la photo de mariage et non pas celles de mode ou de lifestyle dans les hôtels, les images corporate et le food photograph, la photographie de sport ? Ces domaines ne lui laissaient pas beaucoup de portes ouvertes à ses débuts. Chaque professionnel excelle dans un champ défini selon ses affinités, lance notre interlocuteur sur le ton de la confidence. Idem pour la photographie de mariage. Les requêtes pleuvent et l’artiste est surbooké. “L’île Maurice est une destination de mariage” pour qui rêve d’exotisme et d’idylle bucolique.
Le numérique force la créativité. “Les gens veulent des photos qui sortent de l’ordinaire.”  D’autres se tiennent à des photos plus traditionnelles. Au-delà de l’esthétisme s’ajoute une volonté de conjuguer technique, lumière et émotion. Jean-Jacques Fabien jongle avec un brin de psychologie pour dérider les mariés timides, intimidés par l’objectif. “Faire un p’tit joke et causer un peu” deviennent par moments essentiels.
Les nouveaux mariés vivent parfois ensemble depuis des années. La primeur d’une histoire naissante n’est pas au rendez-vous, ni la fougue des premiers temps. Au photographe de faire montre de tact. Cela requiert un savoir-faire acquis au gré des rencontres. Des instants rendus magiques en images…

Golden light et blue hour.
Un soleil couchant dans les nuages confère une teinture chaude aux corps et au décor. Les photographes connaissent la lumière crépusculaire et celle de l’aube, cette golden light qui réchauffe la couleur. Et le blue hour d’après le coucher, jusqu’à la tombée dans le bleuté nocturne. Deux moments où la rasante lumière latérale “flatte la peau et met en évidence les ombres et les reliefs”. Maîtriser la technique est essentiel pour créer l’image qui suscitera l’émotion.
C’est à travers des jumelles d’un père turfiste, qu’enfant, Jean-Jacques éprouve les premières émotions optiques. La première impulsion. Le déclic viendra à point nommé. “Lorsque j’étais jeune, il m’arrivait de m’allonger sur le toit de la maison pour contempler les étoiles.” Comme celles qui aujourd’hui brillent dans les yeux des couples qui se disent “oui”.
Des histoires imagées, où toutes les interprétations sont permises. Celle du couple guilleret gambadant dans le contre-jour, main dans la main vers un commun lendemain; celle d’une femme d’âge mûr qui dresse un bilan dans le miroir et s’apprête à une nouvelle vie. Des émotions captées sur l’instant.
Photographier, c’est écrire avec la lumière. Le langage de la photo n’est pas compris de tous. À chacun de voir la vie à sa façon et les images selon son âme et conscience. Jean-Jacques Fabien ne le sait que trop bien…