À UN JOUR DE LA SORTIE DE SON 18E ROMAN - MARC LEVY : “Chacun de nous porte en lui une bibliothèque”

De New York, l’écrivain Marc Levy parle à Scope de son dernier livre, La Dernière des Stanfield. Le dix-huitième roman du célèbre auteur de Et si c’était vrai sortira le jeudi 20 avril. L’auteur français de best-sellers (plus de 30 millions de livres vendus dans le monde) nous parle de sa nouvelle création, de son parcours et du processus d’écriture.

Qu’avez-vous voulu faire comprendre à vos lecteurs à travers ce dernier roman qui parle principalement d’un secret caché ?
J’ai voulu écrire une saga qui se déroule sur plusieurs générations, en plusieurs lieux et dont les vies des personnages sont reliées et dépendantes quelque part d’un secret de famille. Je crois que cela arrive dans beaucoup de familles.

Y aura-t-il autant de mystère comme dans vos romans tels que L’horizon à l’envers (2016) ou Toutes ces choses qu’on ne s’est pas dites (2008) ?
Je crois même qu’il y en a beaucoup plus dans La Dernière des Stanfield. Les mystères sont au cœur de l’histoire et celle-ci en compte de nombreux à résoudre. Pour n’en citer que quelques-uns : quel crime Sally-Anne et May ont-elles commis ? Que révèle la photo que découvrent Eleanor Rigby et Georges Harrison ? Quel lien les unit ? Qui est le corbeau ? Quelles sont ses intentions ? Et bien d’autres mystères encore…

Puisque ce roman parle d’un secret caché, pourquoi mettre la photo d’une moto et la jambe d’une femme en couverture ?
D’abord, parce que j’admire le travail de Lorenzo, l’artiste qui a créé cette couverture. Et puis, je la trouve elle aussi mystérieuse et sensuelle et pleine de promesses.

Avant même la sortie de La Dernière des Stanfield, on peut constater l’engouement de vos lecteurs sur les réseaux sociaux et sur internet. Pensez-vous qu’après l’avoir lu, les lecteurs auront la même réaction ?
Je l’espère de tout cœur. J’ai même sérieusement le trac en attendant leurs réactions. Je dois le bonheur que je vis dans mon métier à la confiance que m’accordent mes lecteurs depuis dix-huit ans, et je travaille énormément pour ne pas les décevoir. C’est par respect de mes lecteurs que j’ai si souvent pris le risque de changer de genre, de thème et de ne pas céder à la facilité. Bref, rien ne me rend plus heureux dans mon métier d’écrivain que d’entraîner le lecteur pendant de longues heures dans une histoire qui l’emmènera vers un ailleurs, où il côtoiera des personnages auquel il s’attachera autant que je me suis attaché à eux et qui deviendront pendant quelques jours de vrais compagnons de vie.

N’avez-vous pas peur que votre livre soit plébiscité juste par votre nom et non par le contenu ?
Croire cela serait faire insulte à l’intelligence du lecteur. La diversité des livres offre aux lecteurs – dont je fais partie d’ailleurs – la liberté de choisir un roman pour l’histoire qu’il raconte, l’envie qu’il suscite.

Une question toute simple : qui êtes-vous loin de ce qu’on peut imaginer et loin de tous les clichés ?
J’ai 55 ans et je suis papa de trois enfants. Je ne vis pas avec l’image d’un écrivain. Ma famille compte plus que tout au monde pour moi. Ce qui compte le plus, c’est qu’on dise de moi que j’ai été un bon père de famille, un bon mari, pas un célèbre écrivain. De plus, j’ai eu la chance de beaucoup voyager et j’aime être à l’écoute des autres. Mon père m’a donné le goût de l’humanité.

Dix-sept ans après la publication de votre premier roman, Et si c’était vrai, d’où vous vient l’inspiration ?
L’inspiration me vient toujours des choses de la vie. La vie est pleine d’idées, riche de récits. Chacun de nous porte en lui une bibliothèque. Écrire, c’est avant tout écouter, observer. Comme tout auteur, j’écris en fonction de mes goûts, de mes aspirations, de mes envies de partage, des choses qui me touchent, et mes livres se peuplent des moments que la vie m’offre.

Pour écrire, avez-vous besoin d’une certaine ambiance, de conditions de travail particulières ?
L’écriture est une sorte de plongée en apnée, un peu comme dans le grand bleu. Il faut pouvoir se couper du monde réel pour ouvrir les yeux sur un autre monde où votre imagination se promène. Mais étrangement, j’ai toujours pu travailler dans le brouhaha de la maison : que mes enfants entrent et sortent de mon bureau, parfois même viennent y jouer, ne m’a jamais dérangé. Au contraire, car l’écriture impose de longues heures de solitude et les bruits de la vie sont un remède à cette solitude qui peut devenir écrasante. En revanche, je ne pourrais pas écrire à la terrasse d’un café, je suis trop pudique pour cela. Et puis les hommes ne savent pas bien faire deux choses à la fois : quand je suis installé à la terrasse d’un café, je ne peux m’empêcher d’épier tout ce qui se passe autour de moi.

Quelle est la phase la plus difficile dans l’écriture d’un roman ?
Elles le sont toutes. Écrire, c’est aussi beaucoup réécrire. Mais je dirais la première et la dernière. Et toutes celles qui finissent par dévoiler une part de vous.

Depuis quand écrivez-vous ?
Il y a très longtemps de cela. J’ai écrit mon premier manuscrit à 18 ans. Je l’ai jeté car c’était mauvais.

Vous vous inspirez beaucoup des paysages new-yorkais dans vos romans. Pourquoi justement ce lieu ?
Pas toujours, pas si souvent d’ailleurs, mais c’est essentiellement parce que c’est là que je vis depuis dix ans.

Que diriez-vous à vos fans mauriciens pour les inciter à lire La Dernière des Stanfield ?
C’est une question assez difficile pour un auteur. Il faut laisser aux lecteurs faire ses propres choix. Je vous dirais que j’ai mis tout mon cœur à l’écrire. J’ai eu la chance de me rendre deux fois à l’île Maurice, et j’en garde des souvenirs émerveillés. Et pas seulement pour les plages mais pour la beauté de l’île, la gentillesse des Mauriciens, la beauté d’un marché aux épices où je suis allé me promener. D’ailleurs, je suis venu chez vous pour écrire les cinquante premières pages de Vous revoir, en 2004. J’en garde un très bon souvenir.

Reviendrez-vous chez nous pour une séance de dédicaces, par exemple ?
J’en rêve, mais de New York, c’est vraiment très loin. Je vais tout de même en parler à mon éditeur…
 


La Dernière des Stanfield à Maurice
Le livre sera disponible dès le mois prochain dans les librairies à Maurice et sur le net dès aujourd’hui.


Portrait
Marc Levy, écrivain français rendu célèbre dès la parution de son premier roman, Et si c’était vrai, collabore depuis 18 ans avec la maison de publication Robert Laffont. À 55 ans, il collectionne les romans, dont certains ont été adaptés au cinéma, comme Et si c’était vrai (réalisé par Mark Waters), Où es-tu ? (réalisé par Miguel Courtois) et Mes amis, mes amours (réalisé par sa sœur, Lorraine Levy). Marc Levy a également écrit des chansons pour Jenifer, Johnny Hallyday et Grégory Lemarchal. Affectionnant l’écriture dès son plus jeune âge, Marc Levy démissionne de son poste d’architecte à 38 ans pour donner libre cours à son imagination et à son talent d’écrivain.