Pendant une heure de pointe, hier après-midi, et assurant le monopole de toutes les options audiovisuelles à Maurice, car son entretien retransmis en direct à la télévision nationale était diffusé sur les chaînes radio du service public de même que les trois stations de radio privée, soit Radio One, Top FM et Radio-Plus, le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, a complété son exercice de com pour marquer le premier anniversaire du gouvernement de L’Alliance Lepep. Sur les deux principaux dossiers, qui ont occupé la Une de l’actualité au cours de cette première année, soit les déboires politiques et personnels de son prédécesseur au Treasury Building, Navin Ramgoolam, et le BAI Ponzi Scheme de Rs 25 milliards avec le démantèlement de l’empire Rawat, il a été catégorique et n’entretient aucun regret sur les décisions prises. Tout en écartant d’un revers de la main toute rumeur de remaniement ministériel après cette première année au pouvoir, le chef du gouvernement a réitéré ses commentaires au sujet du rejet du choix de Menon Murday à la vice-présidence de la République. Il a fait part de sa confiance dans le projet de création d’emplois et de réalisation du deuxième miracle économique.
Les services de communication du Prime Minister’s Office ont porté leur choix sur Finlay Salesse de Radio-One, Nawaz Noorbux de Radio-Plus et Jimmy Jean-Louis de Top-FM, avec Ashok Beeharry en tant que modérateur, pour cette heure d’entretien se déroulant dans les locaux du Prime Minister’s Office. Ci-dessous l’essentiel des commentaires du Premier ministre sur la politique, l’économie et le social :
Affaire Ramgoolam : la plage d’entretien où sir Anerood Jugnauth aura été plus à l’aise. Interrogé au sujet de la controverse au sujet de la paternité de la benjamine de Nandanee Soornack, âgée de six ans, et se trouvant en compagnie de cette dernière à Parme en Italie, il ne s’est pas fait prier pour répondre : « Mme Soornack so piti, ki senn-la pa kone li zanfan Ramgoolam. Nous le savons depuis longtemps et il n’y a rien de nouveau. Zordi Navin Ramgoolam li enn bon zanfan ».
Toutefois, dans le cadre des enquêtes criminelles diligentées contre Navin Ramgoolam, le Premier ministre s’est permis d’ajouter sans ambages : « Si Soornack retourne, si li vinn temoin la Poursuit, ena dife lor Ramgoolam » avant de souligner que « li (Nandanee) Soornack vinn temoin la Poursuit. »
Scandale financier de la BAI : (avec un trou de Rs 25 milliards dans les comptes de la compagnie d’assurances) : Le Premier ministre a repris à rebrousse-poil le journaliste avec une question d’un Overtone de reproches par rapport au traitement infligé au Chairman Emeritus de BAI, Dawood Rawat. « La ou pe pran enn sime de non-retour la. Le FMI nous a félicités pour les mesures que nous avons prises. Sinon ou trouve ki ti pou arive avek BAI so Ponzi Scheme. Voyez ce qui s’est passé à Trinidad et Tobago. Jusqu’à aujourd’hui, ce pays n’a pu se relever des séquelles d’un tel Ponzi Scheme. Mo pran tou responsabilite. Mo inn dir azir. Pena pli bon kamwad avek Dawood Rawat ki mwa. Mwa mo pa get kamwad. Mo get pei avan. Mo pa finn per pou pran aksyon », a-t-il déclaré en substance.
Sir Anerood concédera qu’il y a encore des problèmes à résoudre avec le dossier de l’écroulement de l’empire BAI même si à 80% les problèmes ont été résolus. Quand au coût de cette opération, il dira « pli divan ena larzan pou rantre. Ou pou gete ».
Vice-présidence de la République : Le Premier ministre n’a pas changé d’un iota sa position au sujet des explications sur le rejet du choix de Menon Murday. Il confirmera que l’élection à la vice-présidence de la République n’interviendra qu’à la rentrée parlementaire du 29 mars avec Monique Ohsan-Bellepeau maintenue à ses fonctions.
« Mo pa per pou dir la verite lor ranseignma ki mo gayne lor dimounn. Nous savons pertinemment bien qu’il fallait un tamoul pour la vice-présidence de la République. Au moment du choix, on m’a communiqué le nom de Murday. Je ne lui ai jamais parlé. J’ai cherché des renseignements à son sujet. Zotte ine dir moi ki li enn Attendant. On m’a dit qu’il avait été le président de la Fédération des Temples Tamouls. Si pa ki gabezi li inn fer ek finn enan mosyon blam. Ek li ena enn zafer lakour intermedier ki pa ankor fini. Ou kwar mo kapav nomm li vis-prezidan ? Dimounn ti pou rie mwa », dit-il en repoussant toute idée de désaccord avec Pravind Jugnauth que ce soit à ce sujet ou sur le retour de Danielle Selvon au sein du MSM.
Économie et création d’emplois : Le Premier ministre revient avec son appel à la population pour faire preuve de patience dans la conjoncture. « Fode pa ki popilasyon expect nou pou rezoud tou ti problem dan enn an, de zan ou trwa zan. Li pran letan », dit-il en faisant état de la vision à long terme définie dans l’Economic Mission Statement. La préoccupation à court terme est la lutte pour l’élimination de la pauvreté extrême. À cet effet,  il fera état des mesures prises, dont des revenus additionnels de Rs 11,6 milliards mis à la disposition des ménages de même que les quelque Rs 300 millions pour le paiement des frais d’examens de SC et de HSC. Il ajoutera que 14 000 emplois ont été créés par le secteur privé sans compter les recrutements dans le secteur public, soit 3 000 cette année et 7 000 pour l’année prochaine.
« Mo konsyan ki nou atenn sa lobzektif-la. En 2016, la population verra la différence  Si zot oule al pli vit, beh sanz gouvernma-la, amenn Ramgoolam, si zot pena pasyans. Zot ki deside », lâchera-t-il tout en faisant état de l’étroite collaboration entre le gouvernement et le secteur privé en matière de création d’emplois. Il s’est déclaré en faveur d’une nouvelle planification du système de bus gratuit en raison du gaspillage, tout en évitant de se prononcer de manière définitive sur le ciblage pour l’accès aux programmes sociaux.
Sir Anerood se lancera dans une virulente attaque contre des employés dans le secteur public, qui ne sont pas productifs ou « ki met baton dan larou ». « Bann Asize Bez Kas (ABC), nou pa pou tolere », dit-il avant d’approuver les commentaires de Pravind Jugnauth au sujet de ceux faisant partie de la mafia qui tentent de bloquer le travail du gouvernement de L’Alliance Lepep.
Enquêtes policières en cours : « Enn de pli gran viktim se mo garson (Pravind Jugnauth). Tout cela doit changer mais on ne peut le faire du jour au lendemain », déclare-t-il avant de lancer des commentaires de nature sibylline, « ena mem si ena case, li dir pena case. Li ena so raison » sans ajouter d’autres détails au chapitre des institutions.
Affaire Shakeel Mohamed : Sir Anerood nie toute ingérence dans la réouverture de l’enquête du triple meurtre de la rue Gorah Issac du 26 octobre 1996. « Lord sorti lao li enn betiz sa. La polis li fer so travay. Lalwa li aplik pou tou dimounn. Mo pran cas Shakeel Mohamed… Mo pa ti okouran. Finn enan temwin ki inn vinn kouma Madam Joomun. Mo inn dir komiser de polis fer atansyon. Get bien ek fode pas gagn gros tet apre », dit-il en révélant qu’il ne partage pas le point de vue que des charges provisoires soient logées pour un rien du tout. Il a annoncé de nouveaux recrutements au sein de la force policière et un nouveau programme de formation pour les recrues. Il se félicite des progrès au niveau de la prison tout en confirmant le départ du commissaire des Prisons, Jean Bruneau.
MBC : Sir Anerood a été lapidaire: “Bizin purge li (MBC)!” Il rappellera que ce dossier n’est pas sous son contrôle mais que la MBC relève de la responsabilité des leaders politiques. Il a nié avoir proposé le poste de directeur général de la MBC à Jean-Claude de l’Estrac même s’il s’est entretenu avec celui-ci.
Réforme électorale : la commission ministérielle se penchera sur toute une série de questions allant de la réforme du système électoral au financement des partis politiques en passant par des pouvoirs accrus à la Commission électorale que même que la formule d’élections régionales à Rodrigues : « J’ai dit à la Commission électorale que la formule de proportionnelle ne doit pas renverser en aucune manière le verdict de l’électorat », s’est-il appesanti en faisant état de son différend avec le leader de l’opposition, Paul Bérenger, à ce sujet.
Recrutements de proches de ministres : « Bann fami bann minis-la pa gagn drwa viv? Pa drwa gayn enn pos dan gouvernman? » déclare le Premier ministre, qui ajoutera subséquemment que « ena sertin pos Political Appointees. Dan tou gouvernma parey sa ».
Sir Anerood a également commenté le problème des marchands ambulants. Il s’attend également à prendre des mesures à la lumière des recommandations de la Commission d’enquête sur la drogue. Il reconnaît qu’il y a un problème de prix avec les médicaments. Il confiera avoir conseillé à son fils, Pravind Jugnauth, de ne pas s’engager dans la politique car « dimounn pa ena rekonesans ».