Le chercheur-enseignant Markus Arnold a publié cette année chez Lit Verlag, un condensé de la thèse de doctorat qu’il a consacrée à la littérature mauricienne contemporaine des années 1990 à 2010. L’ouvrage résume en fait en plus de 560 pages, le fruit d’une recherche étalée sur cinq ans qui dépassait les mille pages. L’auteur avait présenté en 2012 ce doctorat bi-national réalisé en co-tutelle franco-allemande sous la direction du Pr Carpanin Marimoutou, de l’Université de la Réunion et du Pr Jochen Mecke de l’Université de Regensburg, en Allemagne. L’auteur poursuit ses recherches et enseigne à l’École Supérieure d’Art de La Réunion (ESAR), où il coordonne aussi la recherche au sein du laboratoire « Arts — Paysages — Insularités « .
Markus Arnold considère la littérature contemporaine mauricienne, d’expression française et anglaise, comme « un espace de création postcolonial entre revendications
identitaires et ouvertures interculturelles ». Véritable somme, ce livre propose une vision panoramique des titres et des thèmes qui traversent l’ensemble de cette littérature, sachant comme nous l’a confié l’auteur « qu’on ne pourra jamais saisir l’intégralité et la complexité de la chose ». Sa démarche ambitionne de saisir les principaux aspects de cette production romanesque là où d’autres recherches se focalisent ou extrapolent sur un thème. Markus Arnold propose « une lecture critique, systémique, « dialectique » dans le sens où je regarde quels aspects (politiques, ethniques, historiques, mémorielles, genrés…) informent le texte de façon complexe : regarder les questions identitaires de façon transitoire, voir déjà dans le colonial, la transgression du colonial (donc le postcolonial), et dans le postcolonial, toujours des effets et certaines continuités du colonial… Cette vue d’ensemble thématique, formelle et esthétique donne lieu, en conclusion finale, à un essai de conceptualisation autour de la notion complexe et protéiforme du postcolonial. »