Au sein de la communauté de météorologues et d’amateurs, c’est l’incompréhension totale au sujet du manque de prévoyance de la station météorologique de Vacoas face aux événements tragiques de samedi dernier qui ont coûté la vie à onze personnes. L’absence d’avis formel, indiquant la dangerosité et l’ampleur du phénomène est fustigée, de même que les lacunes du système de prévention et de communication.
Si la météo ne peut empêcher des catastrophes naturelles, elle aurait dû aviser au préalable de la dégradation du temps. C’est l’avis exprimé par plus d’un dont d’anciens cadres de la station de Vacoas et passionnés en la matière. Deux systèmes provenant de deux directions opposées — l’un à l’est et l’autre à l’ouest — ont fusionné pour créer, une fois sur terre, une sorte de tunnel qui s’étend de la surface de la terre jusqu’à 40 000 pieds de hauteur et provoquer ces précipitations et les flash floods que nous avons connues samedi dernier. Ce genre de phénomène peut être comparé à ce qui se passe lorsque l’oeil d’un cyclone, touche la terre, mais sans les vents qui y sont associés.
Alors que le directeur de la météo, Balraj Dumputh, évoque l’impossibilité de prévoir des pluies d’une intensité aussi virulente et soudaine en un si court laps de temps, au sein de la communauté de météorologues, d’anciens directeurs et de passionnés, l’on est d’un avis contraire en affirmant que ce genre de phénomène peut être observé suffisamment de temps pour permettre à la météo de prendre les décisions nécessaires. Avec les données d’un radar, explique un ancien haut cadre de la météo, on peut prévoir la manifestation de ce type de phénomène, laissant au moins cinq bonnes heures au préalable avant que le pays ne soit touché. Des interrogations au sujet du fait pourquoi la météo n’a pas émis de bulletin d’alerte fusent, alors que sur des sites d’amateurs de météorologie, l’on avait signalé depuis la semaine dernière qu’un important épisode de pluies allait probablement affecter Maurice.
Le radar de Trou-aux-Cerfs, nous le savons déjà, ne fonctionne plus. Celui-ci montrait des signes d’épuisement depuis 2004 et a été finalement mis hors circuit alors que M. Sok Appadoo était encore directeur de la station de Vacoas. Depuis plusieurs années, Maurice opère sans radar et compte sur la collaboration de pays étrangers tels que La Réunion. La météo ne disposant pas des fonds nécessaires pour l’achat d’un nouveau radar, la question se pose autour du fait pourquoi les demandes d’aides auprès des bailleurs de fonds ont pris autant de temps pour l’acquisition d’un nouveau radar alors que cette question avait été soulevée lors du Fact Finding Commitee institué suite aux inondations meurtrières de mars 2008, associées à ex-Lola. Ce n’est qu’en 2015 que la météo aura son nouveau radar…
Une fois de plus, la question de système d’alerte pour des pluies torrentielles revient sur le tapis, prenant exemple sur La Réunion, tout comme Maurice dispose d’un système d’alerte bien rodé en temps de cyclone. En cas de risque de fortes pluies, d’orages, de vents forts ou de fortes houles à l’île soeur, Météo-France diffuse des bulletins de vigilance. Des bulletins de vigilance et la carte de vigilance permettent de savoir si, dans les prochaines heures, un phénomène météorologique dangereux est susceptible de concerner un secteur (La Réunion a été divisée en 5 secteurs et 7 zones côtières ont été définies). À partir de là, les Réunionnais se doivent de se tenir bien informés de l’évolution des choses.
L’objectif de tels bulletins est d’aider à prendre les bonnes décisions au bon moment. Des mesures simples et concrètes visant à protéger la vie et aussi limiter les dégâts matériels.