Trois jeunes de Riambel, Hansley Sarah, Jean-Luc Jordan Louise et Jean-Jacques Carly, poursuivis devant les Assises pour le meurtre d’Armon Moothien, commis à son domicile à Surinam en 2013, ont été fixés sur leur sort hier. Hansley Sarah et Jean-Luc Jordan Louise écopent de 11 ans de prison alors que Jean-Jacques Carly, ayant déjà un lourd casier judiciaire, a été condamné à 13 ans de prison. Tous trois avaient plaidé coupables sous une charge réduite de « wounds and blows without intention to kill ».
En prononçant le jugement, la juge Gaitree Jugessur-Manna est revenue sur les circonstances entourant ce crime, soutenant que bien que les trois accusés aient exprimé des remords après les faits et avaient confessé leur acte, une personne a quand même perdu la vie dans des circonstances dramatiques. « However, this court has time and again highlighted that taking the life of a person is a serious matter that needs to be dealt with enough severity so as to send a proper signal to potential offenders along the same line. This stance assumes all its importance in the particular circumstances of the present case where the accused parties entered the house of the deceased only with the intention to steal but their conducts have gone to such an extent of taking away the life of another person, albeit not wilfully which nevertheless is a matter that cannot be taken lightly, being given that there is an increase in similar offences committed in similar circumstances these days. »
Cette affaire remonte au 11 avril 2013. Ce jour-là, Hansley Sarah, Jean-Luc Jordan Louise et Jean-Jacques Carly, alors respectivement âgés de 22, 19 et 35 ans, étaient sortis pour une partie de chasse aux tangues. En route, ils ont aperçu la maison de la victime, un Mauricien établi en Angleterre qui revient souvent en vacances. Les accusés ont alors fait irruption dans sa maison, surprenant le sexagénaire en train de regarder la télévision dans son salon. À l’aide d’un drap et de fils électriques, ils l’ont alors ligoté et bâillonné, avant que ce dernier ne perde connaissance. Une fois Armon Moothien maîtrisé, les malfrats ont cambriolé son domicile, faisant main basse sur un téléviseur à écran plat, des ustensiles de cuisine et des ordinateurs portables, butin qu’ils ont ensuite embarqué dans le véhicule tout-terrain de la victime.
Entre-temps, Armon Moothien avait du mal à respirer. Les voleurs ont ensuite réalisé qu’il ne respirait plus du tout. C’est alors qu’ils ont décidé de se débarrasser de leur victime dans un ravin à Bassin-Blanc. Après s’être débarrassés du cadavre, ils ont ensuite conduit le véhicule dans un sous-bois de Pointe-aux-Roches, non loin d’un hôtel, avant de mettre le feu au 4×4 et de prendre la fuite.
C’est la soeur de la victime qui avait signalé sa disparition. En allant rendre visite à son frère le lendemain du drame, elle avait alors constaté que la maison était sens dessus dessous, se doutant que des cambrioleurs étaient passés. Le Dr Sudesh Kumar Gungadin, qui avait pratiqué l’autopsie, avait attribué le décès à une « asphyxia due to smothering ».