Après deux semaines de stress, surprises et vidéo, le Mondial-2018 passe aux choses sérieuses samedi avec les huitièmes France-Argentine, opposant Antoine Griezmann à Lionel Messi, puis Uruguay-Portugal entre Cristiano Ronaldo et Luis Suarez. Le vif du sujet, façon mort subite!

Si la phase de poules a offert du spectacle (2,54 buts/match), une pluie de penalties (24) et l’élimination des champions du monde allemands, on peut s’attendre à encore mieux dans ce second tour, avec le piment de l’élimination directe.

« Un autre Mondial commence », a prévenu vendredi dans un entretien avec l’AFP le défenseur espagnol César Azpilicueta. « Il ne reste que 16 équipes et, à chaque match, l’une d’entre elles se qualifie et l’autre s’en va. Il faut donner le maximum et trouver des manières de se qualifier », souligne le latéral de la Roja, opposée dimanche à la Russie, pays-hôte.

En attendant, trois anciens champions du monde (Argentine, France, Uruguay) et le champion d’Europe en titre (Portugal) s’affrontent samedi pour une place en quarts et il y aura forcément du beau monde sur le carreau.

Pour débuter, l’ennui affronte la survie: la France, sortie de son groupe sans trembler mais sans emballer personne, voit l’exigence s’élever drastiquement face à l’Argentine, donnée pour morte mais qualifiée in extremis.

Griezmann pour manger Messi

« Le Mondial commence maintenant, on ne peut plus spéculer. Je mets une pièce sur l’Argentine mais je respecte beaucoup la France. C’est l’un des candidats au titre », a prudemment avancé Diego Maradona dans un entretien réalisé jeudi et publié samedi dans le journal sportif espagnol Marca.

« La France a une très bonne équipe, ils ont des bons défenseurs, de bons milieux et de bons attaquants. Ce sera difficile », a observé Messi, auteur d’un but d’anthologie pour qualifier son équipe contre le Nigeria (2-1).

Début juin, le petit Argentin avait été élogieux à l’égard de Griezmann (« c’est un super joueur ») quand ce dernier laissait encore planer le doute sur un possible transfert au Barça.

Mais « Grizi » a finalement choisi de rester à l’Atlético pour ne pas évoluer dans l’ombre du « Roi Leo » à Barcelone. Et s’il veut « manger à la table » de Messi et Ronaldo, comme il l’a souvent répété, cela passe par un match de mort de faim samedi après-midi à Kazan.

« J’espère hausser encore mon niveau en huitièmes », a promis le feu-follet français, qui n’a pour le moment marqué qu’un seul but, sur penalty.

Samedi soir, place au Portugal et à l’Uruguay dans la touffeur de Sotchi, sur les rives de la mer Noire, pour un choc entre deux des blocs défensifs les plus solides du tournoi.

Ronaldo attendu en match couperet

La « Celeste » a impressionné avec un premier tour parfait (3 victoire) et la meilleure arrière-garde jusqu’à présent: aucun but encaissé. Et son duo offensif Suarez-Cavani est capable de percer la plupart des défenses malgré un jeu limité et souvent résumable à la fameuse « garra » uruguayenne, cette hargne communicative.

« Nous nous battons pour ce maillot uruguayen », a résumé Suarez vendredi. « C’est notre priorité, à +Edi+ (Cavani) et à moi, nous essayons de nous aider l’un l’autre du mieux possible pour faire avancer l’équipe, sans objectif personnel. »

La « Selecçao » portugaise, elle, reste ce bloc solide qui avait déjoué les pronostics jusqu’au titre européen il y a deux ans et qui dispose avec Ronaldo d’un finisseur d’exception, auteur de déjà 4 buts en Russie. Dont un triplé dans ce même stade olympique de Sotchi lors de Portugal-Espagne (3-3).

« CR7 » n’a néanmoins jamais marqué en match éliminatoire de Coupe du monde et à 33 ans, c’est une anomalie à réparer pour la star du Real Madrid, qui vivra un duel à distance aux airs de Clasico face au Barcelonais Luis Suarez.

« J’espère que mon équipe sera à la hauteur de l’équipe uruguayenne et dans ce cas, Cristiano fera la différence », a dit le sélectionneur portugais Fernando Santos, mesurant l’enjeu: « Soit on gagne, soit on repart à la maison. Et le Portugal veut gagner. »