MUVMAN LIBERATER — CONGRÈS ANNIVERSAIRE AU PLAZA HIER : Collendavelloo s’attaque aux dirigeants de l’opposition

Il souhaite que le passage des best losers de la majorité à l’opposition soit porté devant la Cour suprême

Le leader du Muvman Liberater a tiré l’artillerie lourde hier contre tous les dirigeants des partis de l’opposition lors du congrès organisé à la salle des fêtes du Plaza pour marquer le troisième anniversaire de son parti. Tout en renouvelant la fidélité du ML à son partenaire de l’Alliance gouvernementale, le MSM, il a dénoncé Paul Bérenger pour son « inactivité » au Parlement et a traité Xavier-Luc Duval de « piètre leader de l’opposition ». Alan Ganoo a été traité de caméléon politique pour avoir affiché publiquement son soutien à Arvin Boolell du PTr alors que Roshi Bhadain a été invité à « resserrer les boulons dans sa tête » pour avoir cru qu’il pouvait se représenter tout seul à Quatre-Bornes après sa démission du Parlement.
Le congrès d’hier, devant une salle comble chauffée à bloc par les tambours, jal et jolok, a été marqué par la présence surprise de Nando Bodha, venu passer un message au sujet de la présentation du Metro Express avant de repartir. Le MSM était représenté par Fazila Daureeawoo. Deux dirigeants du ML, Sangeet Fowdar et Anwar Husnoo, n’étaient pas présents au congrès.
Ivan Collendavelloo a d’entrée rappelé les circonstances de la création de son parti en 2014. « Nou finn pran nesans parski lopozision ek gouvernman ti pe mars ansam ». Alan Ganoo, dit-il, « a agi comme un comploteur, au mépris de son parti ». Il a dénoncé « l’alliance 50-50 » consistant à tout partager sans prendre en considération la classe pauvre. Pour lui, Alan Ganoo « ki ti pe realiz enn rev an 2014 » est devenu après 35 ans un « véritable caméléon politique ». Il a observé que lors de la célébration de son anniversaire politique la semaine dernière, après avoir réclamé un candidat unique pour l’élection partielle, Alan Ganoo est allé « prendre Arvin Boolell dans ses bras », ce qui revient à demander de voter pour son adversaire. Par contre, dit-il, ce qui l’attriste est de voir le MMM aujourd’hui être réduit à six parlementaires seulement, estimant que le MMM est « enn parti ki ti pou gagn eleksion zeneral si li ti al tou sel ». Par ailleurs, il a fait le constat que depuis que Xavier-Luc Duval a assumé les fonctions de leader de l’opposition, Paul Bérenger a abdiqué son rôle comme député, ayant fait jusqu’ici un seul discours parlementaire. « Mo konpran ki li senti li imilie. Bisin ena tristess. Mo sagrin de ce ki finn arive. Dan so limiliasion li ti bizin arett so larogans », a-t-il affirmé, en lui reprochant d’avoir dénigré le ML à sa conférence de presse samedi.
Cette question a été reprise par tous les orateurs dont Anil Gayan, Eddy Boissézon et Ravi Rutnah. Le leader du ML a été particulièrement critique vis-à-vis du leader du PMSD, estimant qu’il est un piètre leader de l’opposition, « enn leader de lopozision karton, le plus mauvais qu’on ait connu depuis Von Mally ». Il a déploré que le leader de l’opposition n’ait pas posé une question ou un PNQ sur la drogue. « Tout le monde dont le gouvernement, les organisations sociales, les forces du pays mène une lutte contre la drogue, sauf le PMSD ». Le leader du ML a salué la Commission d’enquête sur la drogue pour son travail. « Elle appelle les avocats proches du gouvernement et il est bon qu’elle recherche la vérité. Nous connaîtrons ses conclusions au moment de la publication de son rapport. Nous ne sommes pas d’accord avec les journalistes et ceux qui veulent écrire le rapport avant que la Commission ne soumette le sien ». Il a d’autre part fait une forte sortie contre Xavier-Luc Duval pour sa PNQ sur Rodrigues. « Rodrigues fait partie de Maurice mais elle est autonome. C’est son choix. Duval croit que c’est l’époque des années 1980 lorsque les Rodriguais ne savaient ni lire et ni écrire. Maurice et Rodrigues sont sur ce plan à égalité. Nous ne sommes plus à l’époque où on peut traiter les Rodriguais comme l’a fait Duval au parlement ».
Ivan Collendavelloo a réaffirmé sa fidélité à son partenaire du gouvernement. « Nou dan enn lalians nou finn elir pou travay dan gouvernman. Nou pa finn elir pou donn kou de poignar dan ledo », a-t-il dit. Il a rappelé que sept parlementaires sont entrés au Parlement selon le système de best losers qui permet d’avoir un équilibre. Il estime que ceux qui ont été élus sous la bannière d’un parti ne peuvent changer de camp sans affecter la Constitution car ils risquent de créer un déséquilibre au sein du Parlement. C’est pourquoi il a souhaité qu’un citoyen puisse loger une affaire en Cour suprême afin de rétablir la situation.
Ivan Collendavelloo a, par la suite, dressé un bilan positif des activités du ML au gouvernement et dans les municipalités, en particulier à Rose-Hill, « où tous les partis, y compris le PMSD, travaillent pour le bien-être de la ville ». Il a aussi évoqué les projets lancés par le gouvernement notamment dans le domaine de l’eau, estimant que 50 000 maisons bénéficient d’un service 24 heures sur 24. Il a aussi accueilli favorablement l’arrivée du Metro Express. Concernant les Chagos, il a rendu hommage à SAJ pour le travail ininterrompu abattu depuis 1982. Il a salué, dans ce contexte, le soutien de l’opposition, qui a permis à Maurice de présenter ce dossier sur une base nationale avec pour résultat que la résolution mauricienne a obtenu une majorité de 94 contre 15 au détriment des États-Unis et de la Grande Bretagne.
Au chapitre de l’élection partielle, aucune précision n’a été donnée concernant une éventuelle participation du ML à cette élection. Ivan Collendavelloo a  critiqué Roshi Bhadain, affirmant qu’il avait été élu pour travailler dans le gouvernement et aurait dû poursuivre son travail au lieu de démissionner parce qu’il n’a pas obtenu le portefeuille du ministère des Finances. « Maintenant qu’il a démissionné il veut se représenter seul comme candidat dans la circonscription N° 18. Il doit resserrer les boulons dans sa tête ». Il estime que Nita Juddoo, la candidate du MMM, a pris une voie sans issue et a été envoyée à l’abattoir par son leader. Il a finalement conclu que pendant les 35 ans qu’il a passés en politique, il n’a jamais pris une décision dans son intérêt personnel.
Parmi les autres orateurs figuraient Ken Fong, le maire de Beau-Bassin/Rose-Hill, Fazila Daureeawoo et le PPS Toolsyraj Benydin.