Avec les examens de fin de scolarité secondaire achevés, quatre syndicats d’enseignants du secondaire privé et public se sont regroupés en une intersyndicale pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « cafouillage et de zones d’ombre » dans la mise en pratique de la réforme en Grade 7 l’an prochain. Les dirigeants de ce front commun feront état, lors d’une conférence de presse jeudi, des questions qui seraient encore en suspens et sur lesquelles ils voudraient attirer l’attention de la ministre de l’Éducation.
Les syndicats faisant partie de ce front sont l’Union of Private Secondary Education Employees (l’UPSEE), l’Education Officers Union (EOU), la Government Secondary School Teachers Union (GSSTU) et la MGI Employees Union (MGIEU). « Nous reconnaissons que le projet comprend de bonnes choses », disent ces dirigeants syndicaux. Cependant, ces derniers disent aussi constater depuis quelques mois « beaucoup de tâtonnement » du côté du ministère et du MIE sur la manière de concrétiser ce projet de réforme. « Il y a encore beaucoup de points qui ne sont toujours pas finalisés alors que la rentrée 2018 n’est pas loin. Les enseignants qui travailleront en Grade 7 affirment que les “training sessions” organisées par le ministère ne leur ont rien apporté de plus et n’ont pas répondu à leurs attentes. Nous avons alors décidé d’unir nos voix pour mieux nous faire entendre auprès du ministère de l’Éducation »,   expliquent ces responsables syndicaux au sujet de la création de ce front commun.
Une des principales « inquiétudes » du front concerne l’introduction de l’Extended Stream en Form I (classe destinée à partir de 2018 aux “low-achievers” en remplacement de la filière Prevocational Education). Soulignons que tous les collèges d’État (hormis les académies) et privés “grand-aided” seront obligés d’avoir une “Extended Stream” avec pas plus de 20 élèves. « Nous sommes toujours dans le flou malgré les “briefing sessions” organisées par le ministère », disent-ils.
Par ailleurs, cet “Extended Stream” fait à nouveau polémique en cette fin d’année dans certains milieux du secondaire privé en raison du caractère « obligatoire » de la mesure. Selon nos informations, des collèges qui n’offraient pas de filière prévocationnelle jusqu’à cette année auraient souhaité rester en dehors de l’Extended Stream car n’ayant pas, disent leurs responsables, les ressources humaines nécessaires et formées ainsi que les infrastructures appropriées pour offrir de telles classes. Certains collèges auraient informé la Private Secondary Education Authority de leur choix mais cet organisme, déplorent-ils, a rejeté leur requête en leur faisant comprendre qu’il s’agit d’une “policy decision”. « Tout le monde devrait se conformer à cette mesure », dit un officier de cet organisme.
Mais tous ne sont pas du même avis. « La principale définition et mission d’un collège, tel que décrit dans l’Education Act, est d’offrir des classes de Form I à VI. On peut encourager les écoles privées à offrir une “Extended Stream” mais on ne peut pas imposer cette mesure sur elles, sauf s’il y a un accord signé entre les parties concernées. La création des académies fait aussi partie des “policy decisions” pour la réforme et, pourtant, aucun collège privé n’entrera dans ce nouveau système », dit pour sa part un professionnel du secondaire.