À la fin de la journée d’hier, les chances d’un retour de l’ancien ministre des Finances, Vishnu Lutchmeenaraidoo, au sein de l’hémicyle pour la reprise des travaux parlementaires de mardi prochain sont quasi nulles. Les indications sont que son état de santé ne s’est nullement amélioré depuis sa « troisième rechute » le week-end dernier. En parallèle, l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) maintient la pression avec l’opération Goldfinger, l’enquête sur les dessous de l’Euro-Loan Saga de 1,1 million d’euros de la State Bank of Mauritius à l’ex-Grand Argentier.  La fin de la semaine a été déterminante dans cette enquête avec au moins trois « whistleblowers » ayant fait le déplacement au QG de l’ICAC pour élucider les Missing Links dans cette affaire, qui défraie la chronique depuis bientôt un mois.
Des renseignements glanés des sources de l’entourage de Vishnu Lutchmeenaraidoo avancent qu’au vu de la situation, il y a très peu de chances que le médecin traitant à la clinique puisse décider de lui donner sa décharge en vue de reprendre ses activités politiques dans les jours à venir. Depuis son dernier Posting sur sa Page Facebook à 17 heures 36 dimanche dernier faisant état d’une rechute et d’une nouvelle admission en clinique, le chef de la diplomatie ne s’est pas manifesté publiquement même si dans le week-end, l’on devrait s’attendre à une nouvelle annonce, confirmant la prolongation probable de son congé de maladie.
Après sa nouvelle absence aux délibérations du conseil des ministres d’hier et à la réunion du bureau politique du MSM d’hier, Vishnu Lutchmeenaraidoo devrait briller par son absence à l’Assemblée nationale, mardi, pour l’élection du nouveau vice-président de la République, Barlen Vyapoory.  C’est une quasi-certitude dans la conjoncture politique.
Sur le front de l’enquête quant au prêt de 1,1 million d’euros, Rs 45 millions, dont a bénéficié l’ancien ministre des Finances de la State Bank of Mauritius le 11 septembre de l’année dernière, des développements conséquents sont intervenus en fin de semaine. Des sources dignes de foi avancent que trois « Whistleblowers » se sont présentés au QG de l’ICAC en vue de collaborer à l’enquête en apportant des informations de nature cruciale. Mais très peu d’indications ont filtré quant à l’identité de ces témoins ou encore quant à la teneur des informations communiquées aux limiers de l’ICAC.
La principale difficulté rencontrée par les enquêteurs de l’ICAC jusqu’ici est que le dossier de demande d’emprunt de Vishnu Lutchmeenaraidoo contient très peu de documents, dans la mesure où à part l’Application Letter soumise à la State Bank of Mauritius pour cet emprunt de 1,1 million d’euros de juillet de l’année dernière, toutes les instructions pour faire avancer ce dossier jusqu’au virement du montant sur le compte du ministre en date du 11 septembre 2015 ont été communiquées à la banque par téléphone uniquement.
En effet, alors que la demande initiale pour l’emprunt de 1,1 million d’euros était destinée au compte opéré au nom de VSL Trust, des changements devaient intervenir, soit sur le compte conjoint entre le ministre et ses fils avant que les instructions finales à l’effet que « this must be done immediately » ne soient communiquées dans la matinée du 11 septembre 2015 et le montant crédité en fin de journée.
Pour faire avancer l’enquête, l’ICAC a besoin de « First Hand Information » sur le Modus Operandi entre la State Bank of Mauritius et ce client particulier; et les informations obtenues sont considérées comme étant Ground Breaking pour la suite de l’opération Goldfinger car le ministre Lutchmeenaraidoo a lui-même avoué avoir contracté cet emprunt pour s’engager dans l’achat de l’or sur le marché mondial…