Plus besoin de quêtes publiques, moins de mois d’attente, meilleur encadrement familial… Les patients inopérables à Maurice n’auront désormais plus à se rendre à l’étranger pour des interventions chirurgicales. C’est ce qu’a indiqué le ministre de la Santé, vendredi, lors d’une conférence de presse à son bureau, indiquant que lors de sa dernière mission en Inde, il avait entamé des négociations pour que des chirurgiens indiens fassent le déplacement à Maurice pour ces opérations difficiles. Une mesure qui prend effet immédiatement pour tout patient qui en fera une demande auprès du ministère. Les demandes pour ces opérations difficiles seront traitées par le management du ministère. Il faudra, cependant, attendre que nos hôpitaux soient correctement aménagés avec toutes les facilités nécessaires à ces médecins pour que ce soit une réalité.
La décision de faire venir les chirurgiens étrangers à Maurice a pour but de rendre le système de Santé plus équitable. « Avant, avec l’aide de l’État, c’était une poignée de personnes qui pouvaient se rendre à l’étranger pour se faire soigner. Il y a énormément de tracasseries. Outre la barrière de la langue, les quêtes publiques souvent dans des conditions difficiles, les demandes renouvelées pour une 2e ou 3e opération, le manque de moyens financiers, la solitude des patients et de leur accompagnateur en Inde, cette aide n’était pas accessible à tous les Mauriciens, car il faut faire un choix de cas les plus urgents. Nous voulons rendre ce service accessible à tous et donner le même traitement à tous », explique le ministre Anil Gayan. C’est dans cette optique que les médecins indiens, dans un premier temps, feront le déplacement.
Ceux actuellement sur la liste d’attente et dont les cas nécessitent un déplacement à l’étranger y seront envoyés, le temps pour le ministère de la Santé d’équiper nos hôpitaux pour que les médecins étrangers puissent opérer dans les meilleures conditions. Ainsi, à partir de maintenant, les demandes pour les opérations dont les médecins mauriciens ne disposent pas encore de compétences seront traitées par le management du ministère de la Santé, et les opérations et traitements se feront à Maurice. Les patients seront regroupés selon les maladies et les médecins étrangers procéderont chaque semaine à des opérations. Selon Anil Gayan, outre les négociations avec l’Inde, Maurice devrait également avoir recours aux services de médecins opérant à La Réunion, en Suisse, au Pakistan et en Angleterre. Toutefois, dans les cas urgents et exceptionnels, les patients seront envoyés à l’étranger, en Inde ou à La Réunion, a précisé Anil Gayan.
Le ministre de la Santé révèle, par ailleurs, qu’au cours de sa mission en Inde, il a également rencontré son homologue, M. Naga, et le ministre de la médecine traditionnelle et ayurvédique, M. Naek. Parmi les sujets évoqués avec M. Naga : la possibilité que Maurice puisse acheter des équipements groupés avec l’Inde afin de les payer moins cher. « On essaie de voir si lorsque l’Inde passe ses commandes qui sont similaires aux besoins de Maurice, nous pouvons faire un group procurement, car lorsqu’un petit pays comme Maurice achète des équipements par exemple, cela lui revient à beaucoup plus cher car les grands pays achètent en gros », dit Anil Gayan. Il indique par ailleurs qu’un architecte spécialisé viendra prochainement de l’Inde pour la construction du « bunker » qui abritera les équipements radioactifs pour le centre de cancérologie à Medpoint. La mission du ministre de la Santé en Inde a débouché également sur l’aide de la Grande Péninsule pour « upgrade » l’hôpital Nehru destiné à devenir un hôpital universitaire. Dans la même ligne de développement, l’hôpital Jeetoo abritera prochainement une unité de neurologie.