PETIT-RAFFRAY : Le chômage inquiète les conseillers du village

Les conseillers de Petit-Raffray posant fièrement devant le siège flambant neuf du Conseil du village

Les dirigeants du conseil de village de Petit-Raffray, Goorooduth Chuckun, Dipchand Mutty, Rani Dookarun, Manoj Beeharry et Deepak Gobind, sont inquiets de l’ampleur que prend le chômage dans leur localité qui compte environ 20 000 habitants. « Nous avons un grand nombre de chercheurs d’emploi. Le gouvernement devrait s’attaquer à ce problème », déclare Goorooduth Chuckun, District Councillor. 
Selon Goorooduth Chuckun, les entreprises de textile qui opéraient à Goodlands auparavant donnaient du travail à beaucoup d’habitant du village. Elles ont, depuis, fermé leurs portes. Le chômage, dit-il, touche également plusieurs jeunes qui ont fait des études en médecine. Une quarantaine d’autres étudient la médecine actuellement à l’étranger. « Où trouveront-ils de l’emploi à leur retour ? Ils seront un fardeau pour leurs parents », observe-t-il, avant d’estimer que le gouvernement doit informer les jeunes et leurs parents au sujet des secteurs où ils trouveraient facilement des emplois « et non pas les laisser entreprendre des études dans des domaines déjà saturés ».
Notre interlocuteur pense qu’il faut encourager les jeunes à entreprendre des études en économie océanique. « Il faut les canaliser vers les nouvelles technologies pour qu’ils puissent avoir un emploi car nous sommes inquiets du taux de chômage, qui est très élevé dans notre village », souligne-t-il.
Le District Councillor déclare aussi que si le gouvernement pouvait recruter des jeunes dans tous les secteurs économiques, on aurait pu diminuer le taux de chômage. Il pense au secteur de l’eau, de l’électricité, de la santé et de l’éducation. « Komye zour bann zenn pou fer manev mason ? Pou bat bate ? Bizin kre travay pou ti dimounn », soutient-il.
À ce sujet, Manoj Beeharry, le président du village, estime que le gouvernement n’aurait pas dû étendre l’âge de la retraite à 65 ans. « À 60 ans, vous avez la pension de vieillesse, puis vous continuez à travailler pendant cinq ans encore et vous avez votre salaire. On est en train de bar plas bann zeness. Beaucoup de jeunes auraient pu trouver un emploi si les anciens se retiraient à 60 ans », dit-il.
S’agissant de l’environnement, Goorooduth Chuckun indique qu’il y a beaucoup de terrains abandonnés à Petit-Raffray. « Il est vraiment dommage qu’il n’y ait pas de cadastre. S’il y en avait, nous aurions pu retracer facilement les propriétaires de ces terrains. Tous ces problèmes de terrains abandonnés auraient ainsi été résolus », fait-il remarquer. Il se dit satisfait du service de voirie offert par le Conseil de district, ajoutant cependant que « nous n’avons pas assez de poubelles ». La dernière fois qu’on a distribué des poubelles dans cette localité date de 2006. Pour lui, le gouvernement devrait en distribuer au moins tous les deux ans dans tous les villages. « Le Conseil de district de Rivière-du-Rempart ne peut les offrir car ça lui coûterait Rs 12 M pour les 19 villages qui tombe sous sa juridiction », ajoute-t-il.
Au conseiller Dipchand Mutty de parler du problème de la drogue synthétique, qui a pris de l’ampleur dans ce village. « Beaucoup de jeunes en sont affectés, et nous essayons de les attirer vers le sport mais nous n’avons pas suffisamment d’infrastructures sportives. Certaines datent de 25 ans. J’ai fait une requête pour une piscine dans la localité mais on attend toujours. Nous avons de bons nageurs qui doivent se rendre à Calebasses ou à Rivière-du-Rempart pour s’entraîner. Ça pose un gros problème à leurs parents. Pourtant nous avons un terrain ici », fait-il ressortir. Manoj Beeharry compte faire venir des profs de l’Institut Mahatma Gandhi pour offrir des cours de musique et de danse aux habitants.
Au chapitre du patrimoine, Dipchand Mutty rappelle que « notre vieux moulin à vent est classé depuis longtemps comme un héritage national mais on attend sa restauration depuis des années, ainsi que l’aménagement d’un espace vert en cet endroit ». Il déplore aussi qu’on ne fasse rien au sujet de deux caves naturelles de Petit-Raffray et qui demandent à être restaurées.