Les 12 Somaliens acquittés le 6 novembre 2014 en Cour intermédiaire sous une charge d’acte de piraterie en haute mer seront confrontés à la justice mauricienne une nouvelle fois. Ils feront face à un nouveau procès, ce après la décision des juges Ah Foon Chui Yew Cheong et Ashraf Caunhye en appel qui ont infirmé le jugement de la Cour intermédiaire. L’affaire sera appelée pro-forma le 20 janvier 2016 afin qu’une date soit fixée pour la tenue du nouveau procès.
Environ trois ans après leur arrestation, et après leur acquittement en novembre 2014, les douze présumés pirates somaliens, âgés de 20 à 45 ans, feront encore parler d’eux l’année prochaine. Dans un jugement en appel rendu le 18 décembre dernier, les juges Ah Foon Chui Yew Cheong et Ashraf Caunhye ont ordonné à ce qu’un nouveau procès soit institué. Les juges avaient statué que les magistrats de la Cour intermédiaire ont failli à apprécier les preuves présentées par la poursuite lors du procès. Dans son appel, le DPP avait avancé 18 raisons contre le verdict d’acquittement des douze Somaliens.
Pour rappel, les présumés pirates somaliens ont débarqué à l’aéroport de plaisance le 25 janvier 2013, à bord d’un appareil militaire 5Y-BRX. Après avoir été informés de l’accusation portée contre eux, ils avaient été placés au centre de détention d’Alcatraz avant d’être transférés dans une section spécifique de la prison centrale de Beau-Bassin pour le reste de leur séjour forcé à Maurice.
Le procès intenté par le ministère public aux douze ressortissants somaliens pour acte de piraterie en haute mer avait débuté en Cour intermédiaire en octobre 2013. Les dépositions des accusés avaient été lues par l’interprète Said Sheik Abdirahman, posté aux Seychelles comme interprète pour la Counter Piracy Team. Les accusés ont nié être des pirates, déclarant n’être que de simples pêcheurs. Dans une déposition, l’accusé Shafi Mohamed Osman avait déclaré qu’il travaillait comme pêcheur et qu’il devait se rendre en mer le jour des faits allégués, avec plusieurs autres pêcheurs pour retrouver un bateau qui avait disparu au large. L’accusé avait déclaré qu’il n’y avait pas d’armes offensives sur le bateau, uniquement de la nourriture, de l’eau, de l’essence, du charbon et des équipements de cuisine.
Les présumés pirates sont accusés d’avoir attaqué, à coups de feu, le 5 janvier 2013, le bateau MSC Jasmine, battant pavillon de la République française, en haute mer à 240 nautiques des côtes somaliennes. Ils sont Abdoulakader Mohamed Ali, Said Mohamed Hassan, Ahmed Mohamed Ismael, Shafi Mohamed Osman, Hassan Salad Omar, Said Omar Farah, Mohamed Abdilahi Ahmed, Ali Hassan Mohamed, Abdi Mohamed Kidiye, Abdi Ahmed Yussuf, Abdillahi Mohamed Ahmed et Mahad Mohamed Ibrahim.