Elles ont été évacuées d’urgence alors que le cyclone Berguitta menaçait Maurice. Les maisonnettes de trois familles, situées au bord d’une rivière à Tranquebar, avaient été endommagées. Deux mois après, elles attendent toujours d’être relogées et habitent toujours le centre communautaire de Tranquebar, avec tous les inconvénients que cela comporte, à la fois pour elles et pour les habitants de la localité.

Judise Augustin et Stéphanie Perrine ne savent plus à quel saint se vouer. Cela fait deux mois qu’elles habitent le centre de Tranquebar avec leur famille. Personne ne vient leur rendre visite, ni les tenir au courant de l’évolution de leur situation. « Nous sommes dans le flou total. Au départ, nous avions l’aide des autorités et de Caritas pour la nourriture, mais actuellement, nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes. Nous ne savons pas quand nous pourrons quitter le centre. Nos maisons ont été endommagées. »

Alors que Berguitta menaçaient Maurice, une maison de Tranquebar s’est effondrée en raison d’un glissement de terrain, abîmant celle de la famille Perrine. D’autres maisonnettes en tôle, dont celle de Judise Augustin, étaient également menacées. D’où l’intervention du prêtre de la paroisse, avec le concours de la SMF, pour évacuer les familles. « Mais aujourd’hui, nous ne savons plus quoi faire. Personne ne nous dit où il faut aller, si on va nous reloger ou pas. »

Dans le centre, les enfants dorment sur un matelas. Trois familles doivent ainsi cohabiter chaque jour, depuis deux mois. « Nous ne pouvons allumer le feu sur place pour préparer le repas. Nous utilisons un rice cooker pour faire bouillir des nouilles… Pour l’hygiène, c’est tout aussi compliqué. Nous avons peur que nos enfants tombent malades. » Ces réfugiés ont l’impression que « personne ne s’intéresse plus » à leur sort. « Quand on nous a emmenés ici, il y avait ministres et députés. Mais aujourd’hui, nous ne voyons personne. Un député nous a dit l’autre jour : “si monper inn tir zot, li bizin asim so responsabilite. »

Ces familles lancent ainsi un appel aux autorités pour s’occuper de leur cas. « Nous voulons que la sécurité sociale reconnaisse au moins que nous sommes toujours réfugiés ici. Nous voulons aussi savoir ce qu’on va faire de nous. » A noter que parmi les six enfants occupant le centre, on compte un bébé de quatre mois. « Il est arrivé ici alors qu’il avait deux mois. Il est en train de grandir au centre », disent les réfugiées.
Cette situation incommode également les habitants de la localité. Alors qu’ils avaient l’habitude d’utiliser le centre pour des activités diverses, dont certaines liées à la santé, ils se voient désormais contraints d’attendre une décision des autorités pour pouvoir reprendre leurs habitudes.