Au tour des Health Care Assistants (HCA) d’exprimer leurs « frustrations », après la publication du rapport du PRB. Pour la Ministry of Health Employees Union (MOHEU), « avec ce rapport, la qualité du service hospitalier sera affectée ». Formation laissant à désirer, manque de personnel, manque de motivation sont entre autres les problèmes qui n’ont su trouver de solutions avec le rapport PRB 2016. « Nous ne sommes pas satisfaits du rapport car les recommandations ne cadrent pas avec les nouveaux défis qui nous guettent au niveau de la santé ni avec la vision du PM de redynamiser le secteur public », fait ressortir le président de la MOHEU, Amaljeet Seetohul.
« Le PRB était pour nous l’occasion d’apporter des changements au niveau de la santé. Or, le rapport laisse à désirer, notamment en termes de formation des HCA, laquelle aurait pu booster la capacité de ces derniers à effectuer certaines tâches des infirmiers et donc de pallier le manque de personnel », explique Amaljeet Seetohul.
Pour la MOHEU, les changements apportés par le PRB auraient dû cadrer avec la vision du Premier ministre « qui est de redynamiser le secteur public et apporter un nouveau visage ». Or, c’est le contraire que les membres disent constater. Pourtant, selon eux, les Health Care Assistants (HCA) ont un rôle déterminant à jouer dans la santé. « Après les médecins, il y a les infirmiers, et ensuite, il y a les HCA. Ces derniers pourvoient les premiers soins aux patients. Nous avions proposé de rehausser la formation des HCA avec une Licence Practice Nurse qui aiderait à renforcer leurs compétences et donc à pallier le problème de manque de personnel. C’est du reste le problème majeur que nous rencontrons dans les hôpitaux. Actuellement, nous avons 1 035 HCA. Avec cette licence, la capacité du personnel aurait pu tripler. Les HCA auraient pu effectuer nombre de tâches que font les infirmiers. Le Canada, les États-Unis proposent cette formation de Licence Practice Nurse. Ils ont vu que c’est un moyen de pallier le manque d’effectifs. Malheureusement, alors que le ministère de la Fonction publique parle de formation, le PRB n’a retenu aucune de nos propositions en ce sens ».
Alors que la formation des infirmiers a été revue, avec désormais un diplôme et non un simple certificat qui sanctionne leur cours, Amaljeet Seetohul plaide pour que la formation pour les autres catégories d’employés soit revue aussi. « S’il est vrai que la formation pour les HCA est passée de six mois à un an, cela ne répond pas aux nombreux défis qui nous guettent ».
Autre demande que la MOHEU avait faite en amont de la publication du rapport : qu’il y ait une structure séparée pour les HCA. « Actuellement, les HCA se retrouvent sous le même organigramme que les infirmiers. Or, les HCA ne sont pas reconnus sous l’appellation “Nursing”. Il y a le risque qu’en temps de manque d’effectif, les HCA soient appelés à effectuer les tâches des infirmiers sans que le salaire suive. Nous ne sommes pas contre d’effectuer certaines tâches des infirmiers mais pourvu que notre salaire reflète le volume du travail abattu ».
Actuellement, fait voir le président de la MOHEU, « les HCA sont sous la supervision du département Nursing. Or, si un HCA rencontre un problème avec un infirmier, qui est son supérieur, il le rapportera à l’administration. Mais, l’administration est représentée par un infirmier… »
D’autre part, pour la MOHEU, le Performance Management System (PMS), « qui est censé se baser sur la performance de l’employé, ne tient pas la route car pour avoir de la performance, il faut de la motivation. Or, pour les HCA, il n’existe aucune perspective de carrière. Le HCA est la catégorie d’employé qui est restée le plus sur la touche. Nous avions demandé au PRB de permettre aux HCA d’être promus à une position plus élevée, en vain. Cette absence de prise en considération va à l’encontre de l’intérêt du PMS. On a mis en place ce système mais on n’apporte pas de motivation… »
La MOHEU qualifie d’« aberrante » l’augmentation de Rs 15 pour chaque quatre heures de Bank nurse effectuées. « Il y a toute une révision à faire. Nous préparerons définitivement notre rapport pour les Errors and Omissions and anomalies ».
Le salaire des HCA est un autre sujet de « frustration » au niveau de la MOHEU. « On revendique aujourd’hui un minimum salarial de Rs 15 000 pour un employé afin qu’il puisse faire face aux réalités de la vie. Mais, le salaire de base d’un HCA tourne autour de Rs 14 000 alors que ce sont des personnes qualifiées ». Pour Amaljeet Seetohul, « à la Santé, ce n’est pas seulement le médecin qui est important. Il faut donner leur dû à toutes les catégories d’employés qui sont autant de maillons qui font fonctionner le système. Toutes les revendications que nous avons faites sont des demandes raisonnables. Si ces changements sont apportés, il y aura beaucoup de progrès ».
La MOHEU dit être en consultation avec d’autres syndicats de la santé pour décider de l’action syndicale à prendre en temps et lieu.