Le leader du Reform Party, Roshi Bhadain, a réclamé ce matin le limogeage du ministre des Services Financiers, Sudhir Sesungkur, estimant que celui-ci a « mal géré toute l’affaire » entourant le rapport d’évaluation de l’Eastern and Southern Africa Anti Money Laundering Group (ESAAMLG), où le système de lutte anti-blanchiment de Maurice a été sévèrement mis à mal.

Rencontrant la presse au Palms Hotel, Quatre-Bornes, Roshi Bhadain s’est dit d’avis que, sur la base de sa « mauvaise gestion du dossier » de l’affaire ESAAMLG, le ministre des Services financiers « doit être démis de ses fonctions », invitant dès lors le Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth, « à prendre personnellement le portefeuille des Services financiers » et « à démarrer une intense campagne de “lobbying” » pour que le rapport d’évaluation de l’ESSAMLG ne soit pas adopté dans sa forme actuelle lors de la prochaine réunion du conseil des ministres de cette instance régionale, prévue pour septembre aux Seychelles.

Roshi Bhadain s’est montré très critique à l’égard du ministre des Services financiers qui, « de par ses actions, a mis en péril tout un secteur », dont le poids dans l’économie mauricienne représente aujourd’hui 12,2%. « Tout le bon travail effectué dans le passé dans ce secteur est aujourd’hui mis à risque », a déclaré le leader du Reform Party.

Ce dernier a également évoqué la récente décision de plusieurs banques dépositaires de renom opérant en Inde et qui ont placé Maurice dans la liste des « high risk jurisdictions », à travers lesquelles des transferts de fonds ou des transactions financières sont effectués en direction de la Grande Péninsule. Cette liste a été soumise au Stock Exchange Board of India (SEBI), qui décidera s’il maintiendra ou non les noms des pays mentionnés dans sa liste finale.

Ces pays feront alors l’objet d’une surveillance accrue. Tout comme pour l’affaire ESAAMLG, Roshi Bhadain a exhorté les autorités mauriciennes à « entreprendre un “lobbying” soutenu » auprès du SEBI et d’autres parties concernées afin que notre pays « ne soit pas considéré comme une “high risk jurisdiction” ».